Guy Saint-Pierre Diriger, c'est rallier ses troupes

Publié le 29/01/2011 à 00:00, mis à jour le 03/05/2011 à 17:07

Guy Saint-Pierre Diriger, c'est rallier ses troupes

Publié le 29/01/2011 à 00:00, mis à jour le 03/05/2011 à 17:07

Par René Vézina

Guy Saint-Pierre est passé avec succès de la politique aux affaires, en jouant un rôle clé dans la création de SNC-Lavalin. Il lui a fallu du doigté et du leadership pour que ces deux sociétés jadis rivales arrivent à former une seule entité et à devenir la plus authentique multinationale québécoise.


R.V. - Vous êtes apparu sur la scène publique en 1970, quand vous avez été élu député libéral de la circonscription de Verchères. Vous étiez alors vice-président chez Acres Québec, une grande firme d'ingénierie. Pourquoi vous êtes-vous lancé en politique ?


G.S.-P. - Parce que je trouvais que, depuis deux ans, au Québec, ça allait mal, et je ne pouvais pas juste prétendre : " C'est l'autre qui va faire ça, moi je ne suis pas prêt à le faire... " Alors je me suis dit : " Bon, je vais essayer ça. " Et je dois dire que les gens d'Acres ont été bien corrects avec moi. Ils m'ont déclaré : " On a besoin d'hommes de valeur en politique. Et si jamais tu te fais battre, on va te reprendre le lendemain matin, parce qu'on apprécie beaucoup ce que tu as accompli pour Acres Québec, avec le bureau de Montréal.





 


R.V. - Et vous n'êtes pas allé en politique pour être député d'arrière-ban. Vous êtes devenu ministre...


G.S.-P. - Celui qui m'a aidé, je suis très franc, c'est Paul Desrochers, le bras droit de Robert Bourassa comme organisateur. Il avait déjà été dans l'armée. Et lorsqu'il a lu dans mon CV que j'avais été 11 ans dans l'armée canadienne, ça le touchait beaucoup. J'avais à peine 34 ans à l'époque, mais j'étais bien formé et prêt à m'engager. Ils ne m'ont pas donné un comté sûr ; j'avais des adversaires, des gens de grande qualité. Mais les électeurs m'ont choisi.


R.V. - Vous venez de parler de l'armée. Vous n'êtes pas le seul au Québec à avoir eu ce parcours, on pense notamment à André Caillé, l'ancien président d'Hydro-Québec. Est-ce que ça a changé quelque chose chez vous ?


G.S.-P. - Oui, et cela pourra surprendre bien des gens. Ce que l'armée m'a appris, c'est la communication. J'étais lieutenant, 69 soldats se rapportaient à moi et il fallait que je communique avec tous ces hommes. À Gagetown, on était quand même 10 000 hommes perdus sur un territoire plus grand que l'ensemble de l'île de Montréal ; il n'y avait aucun village, c'était que la forêt et des routes. Le général faisait son plan à deux heures l'après-midi et, à six heures, on savait exactement ce que l'on attendait de nous : l'artillerie va commencer, l'infanterie va arriver là et nous, les ingénieurs, devons construire un pont [NDLR : les fameux ponts flottants].

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