" Pensons globalement, agissons localement et maintenant "

Publié le 07/01/2010 à 15:18

" Pensons globalement, agissons localement et maintenant "

Publié le 07/01/2010 à 15:18

Par lesaffaires.com

François-Philippe Champagne, un leader pragmatique et rassembleur


M. Champagne vient d'être choisi, parmi des milliers de candidats, pour faire partie du club très sélect des Young Global Leaders du Forum économique mondial, ce qui lui donne accès à de prestigieux séminaires partout dans le monde, où il rencontre d'autres jeunes leaders hyperactifs qui veulent changer le monde.

Cet avocat de formation a passé la majorité des 20 dernières années à l'étranger, aux États-Unis, en Italie, en Suisse. Depuis 2008, il est directeur du développement stratégique de la firme de génie-conseil AMEC à Londres. Ce géant emploie 23 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d'affaires annuel de près de 5 milliards de dollars.

C'est lors d'une visite chez François-Philippe Champagne, qui venait de s'installer à Gênes, en Italie, qu'Éric Bédard a constaté à quel point la carrière météorique de son ami ne relevait pas du hasard. Attablé avec une douzaine d'amis, tous italiens, le jeune Québécois prenait non seulement part à la conversation, mais il était, comme au Québec, le centre de l'attention, l'aimant vers lequel tous convergeaient. " Il blaguait même en italien et tout le monde riait... Ça m'a vraiment impressionné ", dit le professeur d'histoire de l'Université du Québec à Montréal, qui a connu M.Champagne dans les années 1980 au Parlement Jeunesse de l'Assemblée nationale, où il siégeait pour le Parti québécois, et où son ami représentait les libéraux.

À l'école des géants

" Rien ne me prédisposait à cette carrière en accéléré, dit l'homme de 39 ans, rencontré lors de son plus récent passage au Québec. Je suis né à Grand-Mère, où mon père dirige une PME. Je viens d'un milieu ordinaire. "

Il a pris de bonnes décisions, dont celle d'aller étudier à Cleveland, alors qu'il ne se passait rien au Québec, il a beaucoup travaillé (mais jamais les week-ends), et, dit-il, il a eu énormément de chance.

Au début de la vingtaine, il participait déjà à des négociations avec des géants de la trempe de Daimler-Chrysler. Pour la société suisse ABB, il a fait partie de ceux qui ont négocié pour régler un problème de contamination à l'amiante : trois ans de négociations, 170 000 causes, un compte en fidéicommis de 1,8 milliard de dollars... Des chiffres qui donnent le vertige, chez un si jeune homme.

" Mon passage chez ABB, alors en pleine transformation, a été très formateur. ABB compte 200 000 employés, c'est une société globale, ce qui m'a permis d'accomplir des choses extraordinaires et de comprendre comment se prennent les grandes décisions. "

M. Champagne ne fait plus partie des équipes juridiques aux tables de négociation, il est au coeur des décisions et siège au comité de direction du géant AMEC. L'avocat en était rendu là dans sa carrière. Cependant, ce qu'il retient de ces firmes géantes autour desquelles il gravite, en apparence inhumaines, c'est qu'ultimement, ce n'est pas avec elles qu'on fait affaire, mais avec des gens. " Ils doivent être au centre de notre oeuvre, de nos décisions. "

Agir maintenant

Loin d'être blasé, M.Champagne croit que chacun peut, à son niveau, changer les choses. En Jordanie, au printemps, il visite une école d'un camp de réfugiés. De retour à son hôtel, il décide d'envoyer à l'établissement 1 000 $ par an, pendant trois ans, doublant ainsi son maigre budget de fonctionnement.

" Je ne suis pas Bill Gates. Je l'ai fait à un degré qui m'est accessible. Cela a été comme un déclic. Il faut penser globalement, agir localement, et surtout agir maintenant. "

Il oeuvre avec des clients du secteur du pétrole (dont les sables bitumineux), des mines, du gaz, du nucléaire... Mais il croit que la solution aux problèmes environnementaux passera justement par ces grandes sociétés, par leurs efforts pour assainir leurs pratiques, et par le développement d'énergies vertes, renouvelables. " La solution viendra de la société civile, des entreprises. "

Il croit que le Canada, grâce à ses richesses naturelles, peut faire plus et amorcer le virage des technologies vertes, et devenir un leader. " C'est l'économie de demain. "

À voyager comme il le fait, il a pu constater la croissance étonnante de certains pays, notamment la Chine. Cela l'inquiète pour le Canada. " Si nous voulons conserver notre niveau de vie, nous devons créer de la richesse, et pour cela, nous devons innover. Ma génération a un rôle à jouer. "

M. Champagne a l'intention de revenir au Canada. " Plus on passe de temps à l'étranger, plus on sait d'où on vient. Cela nous ramène vers nos racines, et donne envie de mettre notre vécu et nos acquis au service de notre collectivité. " Mais ce ne sera pas tout de suite. Il a encore beaucoup à accomplir chez AMEC, ajoute-t-il.

Un leader pragmatique et rassembleur

François-Philippe Champagne croit que le fait d'avoir vécu si longtemps à l'étranger et d'avoir beaucoup voyagé lui ont permis de développer son pragmatisme, son sens du compromis et, surtout, son réalisme, des qualités qu'il met en pratique dans sa règle du 80-20.

Cette règle, c'est son moteur, celle qu'il applique dans toutes ses négociations : " Si une solution convient à 80 % des parties prenantes, que ce soit des entreprises ou des pays, elle me satisfait. " Utiliser 80 % d'énergie pour régler 20 % des problèmes constitue une perte de temps. " C'est une règle qui m'a bien servi. Quand on mène des négociations à l'international, on s'aperçoit qu'on ne peut pas tout régler. "

Ce pragmatisme est une des plus importantes qualités de M. Champagne dit son ami, l'historien Éric Bédard. " C'est une personne qui ne cherche pas à créer des antagonismes. Au contraire, c'est un rassembleur qui fait le pont entre les gens. "

Ce pragmatisme, il l'applique d'ailleurs en politique. Libéral corps et âme, certes, mais sans dogmatisme, dit Éric Bédard. " Il est davantage un Mulroney qu'un Trudeau. "

La comparaison n'est pas fortuite. François-Philippe Champagne ne s'en cache pas : il souhaite se lancer en politique lorsqu'il reviendra au pays, chez les libéraux fédéraux. Il a gardé ses contacts, ses amis, auxquels il est très fidèle, et il est membre du conseil d'administration de Bionest, la PME dirigée par son père, où il a travaillé lorsqu'il vivait à Shawinigan.

" Il a cette idée qu'on peut changer les choses, les petites comme les grandes, dit Steven Hogue. Il a de l'ambition pour le Québec et pour le Canada. Une ambition saine. " " La politique, c'est une façon de redonner à la société, dit François-Philippe Champagne. C'est mettre ses expériences professionnelles et personnelles au service du domaine public. Après une carrière dans le privé, cette perspective me paraît très honorable. "

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