Une transformation n'est pas une gestion de crise, prévient Louis Vachon

Publié le 04/06/2018 à 18:31

Une transformation n'est pas une gestion de crise, prévient Louis Vachon

Publié le 04/06/2018 à 18:31

Par Martin Jolicoeur

«Si vous gérez votre transformation comme une crise, prévient Louis Vachon, vous allez brûler vos employés.» [Photo: Romeo Mocafico]

Avis aux patrons d’entreprise de secteurs en mutation. L’un des principaux dangers de toute transformation est de la gérer comme s’il s’agissait d’une crise.


Voilà l’une des observations que Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale, a partagée lundi avec les membres du Cercle canadien de Montréal pour faire face aux défis importants que posent simultanément aujourd’hui les révolutions technologiques, démographiques et climatiques.


Les changements provoqués par ces «révolutions» sont tels, selon lui, que la quasi-totalité des organisations du pays traversent actuellement une période de transformation. «Si vous ne l’êtes pas encore (en transformation), a-t-il lancé, posez-vous des questions.»


Pour Louis Vachon, à la tête de la Banque Nationale depuis maintenant onze ans, le contexte actuel pousse les organisations dans état de transformation permanente, à mille lieues du statu quo. Un état au sein duquel, précise-t-il, la communication et l’écoute des employés occupent un rôle primordial.


«Rappelez-vous, une transformation n’est pas une gestion de crise.  Si vous gérez votre transformation comme s’il s’agissait d’une crise, a-t-il prévenu, vous allez brûler vos employés.» 


C’est pour cette raison, a-t-il poursuivi, que la Banque Nationale accorde une importance si grande à la communication. Au-delà de la nécessaire formation des employés, Louis Vachon cite en outre l’organisation de téléconférences, par laquelle plusieurs centaines de travailleurs peuvent être informés au même moment, et l’utilisation d’outils comme Officevibe, lui permettant de sonder jusqu’à 8 000 de ses employés sur une base hebdomadaire.


Ces coups de sonde permettent aux organisations de trouver la bonne cadence et d’apporter des ajustements au fur et à mesure que des problèmes se posent. «Il fut un temps où nous contentions de sondages annuels. Ce serait impensable aujourd’hui (…) Parfois on peut aller trop vite. Parfois, pas assez vite. Ce qui importe surtout est d’éviter l’essoufflement.»


Le président de la Banque Nationale, Louis Vachon, était l'invité du Cercle canadien de Montréal lundi. [Photo: Romeo Mocafico]


L’essoufflement des troupes est sans doute le plus grand risque d’une transformation présentée (par la direction), ou perçue (par les employés), comme une crise. Car s'il est vrai, admet-il, qu’une crise peut servir de formidable moteur à l’implantation de changements, elle ne saurait produire le même effet sur une longue période.


La Banque Nationale, dit-il, est en mode transformation depuis l’automne 2008. «C'était au pire de la Crise financière de l'époque», se souvient le président. Or si seul le spectre d’une nouvelle crise avait poussé les quelque 20 000 employés de l’organisation à s’engager dans sa nécessaire transformation, l’entreprise n’en serait sans doute pas où elle est aujourd’hui.


La sixième banque canadienne en importance au pays est la seule à avoir son vrai siège social à Montréal, soutient-il. Un peu plus de la moitié de ses activités et les deux tiers de son personnel sont concentrés au Québec. 


Et à ceux qui prétendraient parvenir à orchestrer une transformation organisationnelle sans avoir rencontré de problèmes au passage, le banquier a ce message : toute transformation comporte son lot de problèmes. Ce serait là, une réalité presque incontournable. «Bravo à ceux qui prétendent malgré tout y être parvenus, a-t-il lancé à la blague. Mais à ceux-là, je dirais qu'en plus d'avoir gagné votre ciel, vous n’êtes sans doute déjà plus sur Terre!»


Au deuxième trimestre, terminé le 30 avril, la Banque Nationale a réalisé des profits nets de 547M$, ou 1,44 $ par action, comparativement à 484M$, ou 1,28 $ par action, à pareille date un an plus tôt.


En un an, son chiffre d'affaires total a progressé de 10 %, pour s’établir à 1,81 G$. À la Bourse de Toronto, ce lundi, l’action de la Banque Nationale a clôturé à 61,73$, en hausse de 0,28$ ou de 0,46% depuis son cours de fermeture de vendredi dernier.


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