Le marché du carbone favorise les entreprises québécoises

Publié le 18/01/2018 à 17:18

Le marché du carbone favorise les entreprises québécoises

Publié le 18/01/2018 à 17:18

Par François Normand

Les entreprises québécoises deviendront plus efficaces et moins énergivores que le reste des entreprises canadiennes en raison de la présence d’un marché du carbone avec des plafonds d’émission décroissants dans le temps.


«À terme, le marché du carbone rendra les entreprises du Québec plus compétitives», affirme Pierre-Olivier Pineau, spécialiste en énergie à HEC Montréal, en marge d’une étude comparative qu’il a dévoilée ce jeudi entre le marché du carbone québécois et celui qu’Ottawa veut créer.


Cette étude s’intitule Équivalence du système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de GES au Québec (SPEDE) avec les exigences du fédéral en termes de clarification du carbone.


Pierre-Olivier Pineau l'a publiée au CIRANO avec la collaboration de Simon Langlois-Bertrand, de l’Université Carlton.


En 2013, le Québec a été la première province canadienne à mettre en œuvre, de concert avec la Californie, un marché du carbone avec des plafonds d’émission décroissants dans le temps, le système SPEDE. L’Ontario joindra ce système au courant de 2018.


L’Alberta a aussi un marché du carbone. Par contre, le système albertain a des cibles de réduction de gaz à effet de serre par intensité et non pas absolues.


La nuance est importante.


Cibles par intensité vs cibles absolues


Des réductions absolues représentent de vraies réductions de GES en termes de quantité. Bref, il s'agit d'un gain réel pour l'environnement.


En revanche, des réductions d'intensité sont des réductions de GES, mais par unité de production. Par conséquent, une entreprise peut fort bien diminuer ses rejets, tout en continuant d'augmenter ses émissions totales en raison de la hausse de sa production.


Or, c’est également un système de réduction d’émissions par intensité que le gouvernement canadien souhaite mettre en place. Ottawa pourrait l’implanter en 2018, mais rien n’est moins certain, selon Pierre-Olivier Pineau.


En principe, le système fédéral deviendra le système des provinces qui n’ont pas encore de marché du carbone ou encore qui ont un marché du carbone ayant des exigences environnementales insuffisantes.


Dans ce contexte, le Québec pourra garder son propre marché du carbone, car les cibles de réduction absolues sont beaucoup plus exigeantes que des cibles par intensité.


Les entreprises québécoises devront donc faire plus d’efforts que les entreprises du reste du Canada (à l’exception des sociétés de l’Ontario, car la province joint le système SPEDE cette année) pour réduire leurs émissions de GES.


Par contre, la réglementation québécoise les forcera à devenir plus efficaces et moins énergivores, et ce, dans un contexte où les grandes économies de la planète ont commencé à mettre en place des marchés du carbone avec des cibles de réduction absolue.


C’est notamment le cas de la Chine, où des villes ont commencé à implanter ce type de système. L’Europe a aussi un marché du carbone avec des cibles absolues, tout comme certains États américains comme l’État de New York, le Vermont ou le New Hampshire, qui font partie du Regional Greenhouse Gas Iniatiative (RGGI).


Toutefois, ce marché ne vise que les producteurs d’électricité.


 

À suivre dans cette section


image

Usine 4.0

Mercredi 14 mars


image

Objectif Nord

Mardi 24 avril


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 16 mai

Sur le même sujet

L'ère de la fin du pétrole a débuté

16/12/2017 | François Normand

Les réserves de pétrole risquent de devenir des «actifs bloqués», selon le gouverneur de la Banque d'Angleterre.

Hydro-Québec: à deux pieds dans le futur, les yeux rivés sur le passé

29/11/2017

BLOGUE. Parlez d'innovation avec la société d'État et elle raconte l'histoire d'une ligne à haute tension de 1965.

À la une

L’onde de choc de Walmart atteint le Canada

Il y a 29 minutes | Dominique Beauchamp

Des résultats pas tout à fait à la hauteur des attentes ont provoqué des prises de profits après un bond de 50%.

Hausse des accidents d'avion, le gouvernement Trudeau épinglé

Il y a 20 minutes | AFP

Après cinq années de baisse, le nombre d'accidents a augmenté en 2017. Les réductions budgétaires pointées du doigt.

Les entrepreneurs vont sauver le monde

14:24 | Nicolas Duvernois

BLOGUE INVITÉ. Le futur de l’entrepreneuriat: un modèle d’affaires classique mais pour une cause humaine.