Charest: le Plan Nord aidera à revendiquer le passage du Nord-Ouest

Publié le 28/11/2011 à 15:43, mis à jour le 16/03/2012 à 16:13

Charest: le Plan Nord aidera à revendiquer le passage du Nord-Ouest

Publié le 28/11/2011 à 15:43, mis à jour le 16/03/2012 à 16:13

Par La Presse Canadienne

Le Plan Nord pourrait aider le Canada à revendiquer son autorité sur le futur passage du Nord-Ouest, estime le premier ministre Jean Charest.


En vertu du droit international, le fait d'occuper le territoire nordique, qui est à proximité du futur passage du Nord-Ouest revendiqué par plusieurs pays, pourrait jouer en faveur du Québec et du Canada, a fait valoir le premier ministre du Québec, qui s'est adressé lundi à 1100 convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


"Au nord du Québec, ici, s'ouvrira une nouvelle voie maritime, le passage du Nord-Ouest d'ici 2020, 2030. C'est une nouvelle route maritime et de commerce qui va bouleverser les routes de commerce que nous connaissons actuellement. Ni les États-Unis ni l'Europe reconnaissent le passage du Nord-Ouest comme étant en territoire canadien. Dans un cas comme dans l'autre, ils prétendent que c'est une route internationale. Les ressources qui se trouvent dans ce coin-là de la planète sont d'une valeur inestimable. Or, si nous en sommes propriétaires et si c'est notre territoire à nous, les avocats le savent bien: l'occupation, c'est une bonne façon d'affirmer sa propriété. À défaut d'occuper son territoire, vous risquez de le mettre en péril", a affirmé le premier ministre.


M. Charest a fait valoir cet argument supplémentaire en faveur de son projet minier, forestier, hydroélectrique et de développement touristique sur 1 200 000 kilomètres carrés.


"Il vaut mieux s'en occuper tout de suite et le savoir, en être conscient, l'occuper ce territoire et de la bonne façon", a-t-il lancé aux gens d'affaires.


Une foire aura d'ailleurs lieu à Montréal, les 20 et 21 avril, pour informer les entreprises du "Sud" des possibilités de développement dans le Plan Nord, de même que pour renseigner les travailleurs tentés d'y postuler un emploi.


Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, s'est réjoui de ce qu'il a entendu. "C'est une démonstration éloquente de la valeur pour le Québec, pour les Québécois, du développement du Nord. C'est un engagement ferme pour créer des retombées dans le Sud également. Nous, on voulait que les entreprises de la région métropolitaine et de tout le sud du Québec puissent avoir accès à tous ces contrats qui vont se donner, à tout ce qui va se développer dans le Plan Nord", a-t-il dit.


Demande de la Chine


Par ailleurs, le premier ministre ne s'inquiète nullement du récent ralentissement de la croissance de l'économie chinoise. Il ne croit pas que cela puisse diminuer la demande pour les minerais exploités dans le territoire nordique québécois et destinés à la Chine et à l'Inde, puisque le Plan Nord vise un horizon de 25 ans.


"Ça pourrait fléchir de deux pour cent et il y aurait encore beaucoup de croissance. C'est pour ça qu'on a une vision sur une période de 25 ans. Et la demande de la Chine est très forte. En 2014, la Chine va devenir le premier pays importateur au monde. Il y aura des cycles économiques. On sait que dans le domaine des ressources naturelles, il y a de la volatilité, mais quand on prend la peine de regarder 25 ans en avant, il y aura une croissance assez soutenue", a-t-il opiné.


M. Charest a par ailleurs tenu à rassurer ceux qui craignent qu'Hydro-Québec vende son électricité sous le prix coûtant aux entreprises du Plan Nord. "On va vendre l'énergie à un bon prix et pour faire un profit. Il n'est pas question de subventionner; il n'a jamais été question de subventionner, jamais, jamais. On prévoit une formule qui fait en sorte que le gouvernement va développer des projets qui peuvent être en lien avec des minières, ils peuvent l'être et, dans ce cas-là, il faudra payer le prix que ça coûte, plus une marge, plus un profit", a-t-il assuré.

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