Slow Cow veut devenir le Red Bull des boissons calmantes

Publié le 15/04/2010 à 10:00

Slow Cow veut devenir le Red Bull des boissons calmantes

Publié le 15/04/2010 à 10:00

Par Dominique Froment

Un jour, alors qu'il conduisait son auto en buvant une canette de Red Bull, Lino Fleury s'est demandé ce qui poussait des fabricants de boissons énergisantes à vendre des produits qui stressent les gens.


" Pourquoi ne produit-on pas plutôt des boissons pour les aider à relaxer ? ", s'est dit cet hyperactif de 37 ans. M. Fleury a donc eu l'idée de produire lui-même une boisson aux propriétés apaisantes. Il a fait part de sa réflexion à Francis Drolet, son associé dans une autre entreprise. Celui-ci s'est lancé dans l'aventure sans hésiter.


Démarrer des entreprises, c'est presque un tic nerveux pour Lino Fleury, qui a été entrepreneur dans le domaine du Web, de l'affichage, du déménagement, etc.Il est encore propriétaire du site de réseautage utilitaire www.clickcontact.com, et peu après notre entrevue, il était sur le point de lancer une autre société dans le secteur de la publicité Web.


Un créneau inexploité. Lino Fleury et son associé ont fondé Boisson Slow Cow en 2008. L'entreprise de Québec cible le créneau de marché relativement inexploité des boissons apaisantes.


Un marché qui se situe aux antipodes de celui des boissons énergisantes comme Red Bull, qui font un malheur auprès des jeunes. Slow Cow est un anti-energy drink, comme disent les Américains.


La boisson qui, comme on peut le lire sur la canette, " aide à apaiser l'esprit et le corps ", contient du tilleul, de la passiflore, de la valériane, de la camomille et, croyez-le ou non, de l'inflorescence femelle de houblon (disposition des fleurs sur la tige). Pour le moment, la boisson n'est offerte qu'en une seule saveur. " Nous voulons établir la marque avant d'en créer d'autres ", explique M. Fleury, qui suit des cours de pilote de brousse. La canette de 250 ml de Slow Cow se détaille 2,99 $.


Un succès instantané. M. Fleury et son associé des premiers jours ont trouvé le nom Slow Cow et développé l'image, la philosophie et la stratégie de commercialisation de la nouvelle boisson.


Ils ont ensuite retenu les services de Michael Deslandes, d'AromAtik, à Varennes, pour créer la recette de la boisson. AromAtik a par la suite acheté l'équipement nécessaire pour mettre en cannette la boisson apaisante.


Convaincre les grandes chaînes d'alimentation de présenter un produit nouveau sur leurs tablettes relève du parcours du combattant pour un petit producteur. Les frais encourus pour faire entrer un nouveau produit sont souvent élevés.


Toutefois, Slow Cow a séduit les détaillants assez facilement. " Je suis allé au siège social d'Alimentation Couche-Tard : ils ont trouvé l'idée géniale et à notre deuxième rencontre, nous avons signé une entente ", dit M. Fleury. Les premières canettes se sont retrouvées sur les tablettes des dépanneurs de la chaîne en décembre 2008. Slow Cow a également eu une réception chaleureuse chez IGA, Metro, le Tigre Géant, Costco et 7-Eleven aux États-Unis.


Percée internationale. Depuis sa création en 2008, Slow Cow a vendu 3,3 millions de canettes. La PME prévoit en produire 20 millions au cours de son prochain exercice qui débute en avril.


Près de 90 % des revenus de Slow Cow viennent maintenant de l'extérieur du Québec. Ce pourcentage augmentera d'ici l'automne, puisque Slow Cow, qui emploie neuf personnes, vient de signer des ententes de distribution en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud, au Chili et au Brésil. La chaîne d'épiceries française Auchan serait elle aussi sur le point de succomber.


" Si j'étais arrivé avec une autre boisson énergisante, j'aurais mis plusieurs mois à convaincre les distributeurs et cela m'aurait coûté des milliers de dollars, dit M. Fleury. Mais si vous arrivez avec un produit qui n'existe pas encore, tout le monde le veut. "


La PME a aussi séduit de nouveaux investisseurs : elle compte dorénavant huit actionnaires. Cela lui a permis de mettre en place le plan de communication qui fera connaître son produit. Des huit actionnaires, deux travaillent dans l'entreprise, soit M. Fleury et Éric Marcoux.


Dans cinq ans. M. Fleury souhaite exporter Slow Cow en Asie, en Europe et dans les Amériques d'ici cinq ans. " Nous ferons produire dans ces régions, car le produit est lourd et les coûts de transport sont élevés. "


Le jeune homme aura peut-être réalisé son rêve de faire de Slow Cow la référence mondiale dans le domaine des boissons apaisantes.


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