Pourquoi nous devons tous devenir lean

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Août 2015

Pourquoi nous devons tous devenir lean

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Édition du 06 Août 2015

Par François Normand

Analyse – L’inflation est galopante dans les dépotoirs. D’ici 2100, l’humanité ne produira chaque jour rien de moins que 11 millions de tonnes (Mt) de déchets, soit le triple de la production de 3,5 Mt mesurée en 2010, d’après une analyse publiée en 2013 dans la revue Nature. L’étude était intitulée « Environment : Waste production must peak this century ». Autrement dit, il faudra que ça baisse. La réduction du gaspillage et la gestion durable de nos ressources sont devenues le nerf de la guerre pour assurer à long terme la prospérité de nos sociétés et de nos entreprises.


À lui seul, le gaspillage de nourriture donne le vertige, en plus de constituer une aberration alors que 795 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde, selon le Programme alimentaire mondial. Chaque année, 1,3 milliard de tonnes d’aliments sont perdus ou gaspillés, ce qui représente le tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine, selon l’agence onusienne FAO.


En cause, une chaîne d’approvisionnement inefficace ; des consommateurs qui planifient mal leurs courses, achètent trop ou sont trop rigides par rapport aux dates de péremption ; et des commerçants qui jettent beaucoup d’aliments comestibles afin de respecter des critères de qualité et d’esthétisme.


Pourquoi, économiquement, réduire le gaspillage est-il si important, tous secteurs confondus ? Parce qu’une entreprise plus efficace réduit ses coûts de production et accroît sa productivité. Bref, c’est rentable, et cela peut même éviter des faillites.


L’industriel japonais Taïchi Ohno (1912-1990), père fondateur du système de production Toyota, doit toutefois se retourner dans sa tombe relativement au gaspillage que l’on retrouve encore dans l’ensemble des économies.


C’est sa philosophie qui a inspiré l’élaboration du lean manufacturing en Occident, qui repose sur l’élimination du gaspillage dans les processus des entreprises (limiter les stocks de produits finis, réduire les déchets de production, etc.). Et certains spécialistes y ajoutent désormais la sous-utilisation des compétences des employés.


À l’échelle mondiale, la réduction du gaspillage est devenue un enjeu important. Car, dans les prochaines décennies, le développement économique des pays émergents – et la poursuite de celui des pays riches – représentera tout un défi pour la gestion des ressources.


Le déclin des ressources, voire leur effondrement, est un risque réel. Même un pays comme le Canada, qui en regorge, n’est pas l’abri. À preuve : la surpêche de la morue dans les eaux canadiennes a entraîné l’effondrement des stocks au début des années 1990, provoquant une crise socioéconomique dans les Maritimes et l’Est-du-Québec.


Une chance d’enrayer l’effondrement


L’Américain Jared Diamond analyse d’ailleurs cet enjeu de la durabilité de nos sociétés dans son livre à succès Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, publié en anglais en 2005 et traduit en 2006.


Le biologiste, physiologiste et géonomiste (qui étudie les rapports entre les sociétés et leur environnement) y pose cette question fondamentale : les sociétés contemporaines pourront-elles survivre, alors que la population mondiale continue de croître et que les besoins économiques, en matière de santé et d’énergie progressent sans cesse ?


Dans une entrevue au quotidien Le Monde en 2012, Jared Diamond expliquait que notre destin n’est pas encore scellé.


« L’humanité est engagée dans une course entre deux attelages. L’attelage de la durabilité et celui de l’autodestruction. Aujourd’hui, les chevaux courent à peu près à la même vitesse, et personne ne sait qui va l’emporter. »


Historiquement, des sociétés se sont effondrées, dont l’empire des Mayas au Guatemala. Ces derniers ont coupé les arbres jusqu’au sommet des collines, ce qui a entraîné une acidification des sols et détruit l’agriculture. Résultat ? La civilisation maya a disparu entre 790 et 910.


D’autres sociétés ont réussi, en revanche, à enrayer leur effondrement. C’est le cas du Japon, qui était menacé par la déforestation pendant l’ère des Tokugawa (1603 à 1867). Le pays connaissait alors un formidable boom démographique. L’urbanisation était galopante. Et comme à l’époque la plupart des bâtiments étaient faits de bois, la ressource a été surexploitée.


S’en est suivi une pénurie de bois qui a privé les Japonais de combustible et a déclenché des conflits entre des villes se disputant la ressource. Ce qui a sauvé le Japon de l’effondrement ? La stabilisation de sa population et la réduction de la consommation de bois à un niveau permettant le renouvellement des stocks. Aujourd’hui, la forêt occupe 66 % de la superficie du Japon, selon la Banque mondiale.


On le voit bien, la réduction du gaspillage et l’utilisation optimale des ressources sont une question de survie pour les entreprises et les sociétés. C’est pourquoi nous avons tous intérêt à devenir « lean ». Mais aurons-nous la sagesse de choisir le bon attelage ?


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Expérience client

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Communication interne

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Gestion de la formation

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Santé psychologique

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Mardi 22 janvier


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Sommet Énergie

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Mardi 29 janvier


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Financement PME

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Science des données

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Mercredi 08 mai

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