Bâtir une culture d'innovation grâce aux hackathons

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Août 2015

Bâtir une culture d'innovation grâce aux hackathons

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Édition du 06 Août 2015

Avez-vous déjà considéré de mettre sur pied un hackathon [marathon de programmation] dans votre organisation ?


Le hackathon a la cote dans la communauté start-up ces temps-ci. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un hackathon soit organisé dans la ville, qu’il soit centré sur les données ouvertes, les applications mobiles ou les vêtements intelligents. Plusieurs organisations comme la Société de transport de Montréal, Expedia et Just For Laughs ont tenu des hackathons récemment en collaboration avec la communauté, ce qui leur permet notamment de repérer et de recruter des talents techniques.


Pourtant, le hackathon est également une formule intéressante à l’interne pour les entreprises. Comme je l’ai découvert au cours de la dernière année, le hackathon peut vraiment contribuer à accélérer l’innovation et à renforcer la culture d’entreprise.


Une tradition chez Busbud


À la fin juillet, notre entreprise, Busbud, tenait son hackathon trimestriel. C’est devenu une tradition chez nous. Au total, notre équipe de 35 employés a travaillé sur environ 10 projets pendant 2 jours et demi. Les résultats de cette édition ont été plus que probants !


Les projets réalisés comprenaient notamment deux applications pour montres intelligentes (Apple Watch et Android Watch), un écran intelligent avec des mappes et statistiques sur les trajets de nos utilisateurs, ainsi qu’un voyage aller-retour à Ottawa en autocar pour faire une étude de marché express. Le projet gagnant a été une amélioration de notre logiciel de collaboration interne permettant d’obtenir réponse rapidement à des questions quotidiennes (par exemple, qui sont les cinq derniers acheteurs ou quelle est la route la plus vendue aujourd’hui).


De la présentation des idées au prototype


Alors, comment ça fonctionne exactement, un hackathon à l’interne ? Chez nous, le hackathon commence le mercredi midi par la présentation des idées (pitch fire). À ce moment, chaque membre de l’équipe peut présenter une idée au reste du groupe pendant environ une minute.


À la suite des présentations, tous les membres de l’équipe utilisent des autocollants Post-it pour indiquer leurs deux projets préférés. On écarte ensuite les projets qui récoltent trop peu de votes, en réallouant les votes au besoin. La plupart des membres de l’équipe travailleront sur leur choix numéro un, mais il arrive que l’on rééquilibre les équipes afin de nous assurer que la composition de chacune soit viable pour le projet à réaliser. Dans certains cas, un petit budget (typiquement jusqu’à 250 $) peut être autorisé pour acheter certaines fournitures, comme un mini-ordinateur Raspberry Pi ou des fils électriques.


En ce qui a trait au contenu, tous les projets portent sur un défi relié assez directement à Busbud, mais qui ne fait souvent pas partie du travail quotidien ou de notre planification à court terme. Dans les dernières éditions, certains projets proposés ont cherché à améliorer notre espace de travail, nos outils internes ou même nos pratiques RH, par exemple.


Nous avons aussi essayé d’organiser des hackathons avec une formule plus ouverte (thématique libre) afin de permettre un maximum de créativité. Cela dit, nous avons trouvé avec le temps que de rattacher les projets à l’entreprise donnait un vecteur de focalisation qui génère plus de projets utiles et intéressants.


Les équipes travailleront ensuite d’arrache-pied pendant 48 heures sur leur projet jusqu’au vendredi midi, et feront alors la démonstration des prototypes. Lors de l’évaluation finale des projets, chaque participant vote pour son projet préféré et les gagnants sont proclamés. Cette année, nos critères étaient les trois suivants : 1) originalité/créativité ; 2) utilité/impact ; 3) travail d’équipe et valeur de la présentation. En résumé, le hackathon a été extrêmement apprécié par tous les membres de l’équipe.


Repousser les limites


Le hackathon aide aussi à développer des compétences extrêmement pertinentes pour des start-ups ou des entreprises visant l’agilité. Le hackathon prône les valeurs suivantes : ouverture, méritocratie, expérimentation et vitesse. De plus, je pense que les hackathons favorisent aussi la débrouillardise, la multidisciplinarité et le développement de produit de façon agile.


Plus que tout, je pense que les hackathons bâtissent la culture d’entreprise en permettant aux employés de repousser les limites de ce qu’ils pensent possible. En voyant que, contre toute attente, on peut bâtir une nouvelle fonctionnalité ou application en deux jours en travaillant ensemble, on y prend goût. C’est ainsi que l’équipe développe et exerce son muscle de l’innovation.


Retour sur notre expérience « 20 % »


Il y a deux ans, je donnais une conférence à l’événement TEDx sur la valeur des projets personnels pour stimuler la créativité et l’innovation. J’étais très inspiré à l’époque par la formule « 20 % » de Google, qui permet à ses employés de travailler sur un projet personnel pendant 20 % de leur temps (soit environ un jour par semaine). À la fin de ma présentation, j’ai mentionné que notre entreprise Busbud tenterait l’expérience pendant un été.


Toutefois, après l’essai, nous avons rapidement découvert que ce n’était pas une formule parfaitement adaptée à notre réalité de start-up. Premièrement, le modèle 20 % en individuel ne favorise pas le travail d’équipe. Deuxièmement, 20 % du temps d’un employé représente un grand sacrifice dans une start-up dans laquelle tout est à bâtir côté produit. Troisièmement, il y a des défis d’implémentation pratiques du programme 20 %, dont fournir le suivi et l’encadrement nécessaire à la réalisation de ces projets. Bref, la formule 20 % me semble mieux adaptée à une grande entreprise comme Google. Le hackathon, quant à lui, continue de produire des résultats dans notre contexte.


Quoi qu’il en soit, qu’elles utilisent le modèle 20 % ou les hackathons, les organisations peuvent grandement bénéficier du fait de donner quelques degrés de liberté aux membres de l’équipe pour sortir des sentiers battus de temps en temps. La culture d’entreprise s’en trouvera plus forte. C’est souvent aussi comme ça que l’on tombe sur la grande idée !


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Pénurie de talents

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Contrats publics

Lundi 10 juin

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