Un Plan Nord bioalimentaire

Publié le 10/09/2011 à 00:00, mis à jour le 08/09/2011 à 16:35

Un Plan Nord bioalimentaire

Publié le 10/09/2011 à 00:00, mis à jour le 08/09/2011 à 16:35

Par Alain Duhamel

"Nous sommes jeunes en bioalimentaire, mais notre nordicité est notre atout", dit Denis Picard, producteur et transformateur de bleuets à Sept-Îles. Une particularité que les producteurs locaux entendent utiliser pour prendre leur place dans les marchés avec des produits que les autres régions n'ont pas.


Le Québec nordique alimentaire, réputé dans le monde pour ses produits marins comme le crabe des neiges, la crevette nordique, le pétoncle ou la mactre de Stimpson (un mollusque de la famille des palourdes), a aussi une réserve de sols arables de l'ordre de 1,5 million d'hectares. Il possède également des sous-bois riches en produits non ligneux, comme les épices boréales, et une abondance de petits fruits à l'état sauvage, uniques à la région, telle la chicoutai.


Le Plan Nord du gouvernement québécois comporte un volet bioalimentaire dont le plan d'action devrait être déterminé cet automne. Et les projets ne manquent pas. Le groupe de travail du Plan Nord en bioalimentaire en a déjà recensé 180 : plus de 80 se rapportent à la mise en valeur des petits fruits et 21, à la pêche commerciale.


"On assiste à l'émergence d'une nouvelle industrie. Nous avons un potentiel et, de plus en plus, les gens du Nord y croient", souligne M. Picard, qui préside aussi la table bioalimentaire de la Côte-Nord. Ce lieu de concertation favorise des alliances stratégiques entre les industries de la terre et de la mer, sur le plan logistique et commercial (partage de main-d'oeuvre ou encore de locaux d'entreposage frigorifiés).


Du bateau au chantier


La pêche, qui demeure une activité importante sur la Côte-Nord avec 320 entreprises de pêche et une trentaine d'usines de transformation, reste vulnérable à la concurrence des grands chantiers comme celui du complexe hydroélectrique de la Romaine qui draine vers lui une partie de la main-d'oeuvre.


"Havre-Saint-Pierre en prend un coup", constate Tony Wright, consultant en gestion des ressources maritimes à Sept-Îles. "Les patrons de pêche ont de la difficulté à recruter des hommes de pont, et il y a beaucoup plus de bateaux à vendre."

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