Produire plus que des 2x4

Publié le 21/02/2009 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 22:21

Produire plus que des 2x4

Publié le 21/02/2009 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 22:21

Par Marc Gosselin

Des intervenants, comme le directeur général du Centre d'expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB), Robert Beaulieu, estiment que la reprise passe par la diversification.


"Il faut sortir de la "culture du 2x4". Nous étudions le potentiel de développement de la biomasse et des biocarburants, notamment l'éthanol cellulosique de deuxième génération", dit-il.


Dans les prochains mois, le CEDFOB approndira son expertise sur la biomasse. "Par la suite, nous mènerons des expériences sur des produits comme les granules, très utilisées en Europe, et les biohuiles", explique celui qui est en poste depuis juillet 2008.


Le développement de la biomasse est une voie intéressante pour la Côte-Nord, renchérit Guy Simard, directeur du CLD de Manicouagan.


"Nous n'avons pas accès au gaz naturel. De gros clients industriels sont intéressés à remplacer le mazout par des biocarburants", affirme-t-il.


Les énergies renouvelables sont un des trois créneaux ciblés par le CLD de Manicouagan - avec l'agriculture de petits fruits et le tourisme - pour diversifier l'économie.


Un contrat a été signé en novembre 2007 avec le ministère des Affaires municipales et des Régions ainsi que la MRC. Trois villes mono-industrielles sont ciblées par cette mesure : Baie-Trinité, Pointe-aux-Outardes et Ragueneau.


Un comité de développement local décide des sommes allouées aux projets de diversification. Le financement se chiffre à 1 million de dollars jusqu'en novembre 2010.


Aider les entrepreneurs forestiers


Les entrepreneurs forestiers ne sont pas en reste. L'Université Laval s'est associée à plusieurs partenaires, dont Desjardins, Produits forestiers Malette, le CEDFOB et Arbec, qui possède une scierie à Port-Cartier, pour mettre sur pied le Programme de recherche sur les entrepreneurs forestiers de récolte et de transport (PREFORT).


Ce programme, qui prend fin en décembre 2009, vise à mieux outiller les entrepreneurs forestiers. Il porte, entre autres, sur la pénurie de relève dans ce secteur.


"Ce sont des entreprises comme Arbec qui sont d'abord venues nous voir", dit Luc Lebel, directeur du PREFORT et professeur à l'Université Laval.


Selon des données préliminaires, les entrepreneurs forestiers nord-côtiers sont âgés en moyenne de 49 ans.


Lors d'un sondage mené l'an dernier par les chercheurs, 60 % des répondants ont avoué qu'ils n'encourageaient pas leurs enfants à reprendre l'entreprise qu'ils ont fondée.


Pour susciter une relève, il faut d'abord mieux outiller les entrepreneurs forestiers, soutient le directeur de PREFORT. Par exemple, les chercheurs conçoivent un tableau de bord pour mesurer la performance en plus de bonifier des formations en gestion.


"Les marges bénéficiaires sont tellement minces que si l'entrepreneur ne suit pas sa production, il perd rapidement beaucoup d'argent", dit Luc Lebel.


Financement difficile


Le financement représente un autre obstacle à surmonter. Jusqu'à la fin des années 1970, les ouvriers forestiers étaient salariés des grandes sociétés. Ils sont devenus par la suite entrepreneurs forestiers, avec tous les risques et avantages que cela entraîne.


Rares sont les entrepreneurs qui ont moins de 400 000 $ immobilisés dans de l'équipement (abatteuses, débusqueuses, ateliers mobiles, camionnettes). Dans une industrie qui tourne au ralenti, la pression financière peut devenir insoutenable, reconnaît M. Lebel.


La pérennité des entrepreneurs forestiers passe par la croissance du nombre de cellules de travail, croit Luc Lebel. Dans le jargon forestier, on parle d'équipes par entrepreneur. "Les compagnies forestières ne sont pas encore convaincues de cette approche. Pourtant, un pays comme la Suède compte deux ou trois équipes par entrepreneur. Ce modèle fonctionne", ajoute-t-il. Cette évolution permettrait de faire des économies d'échelle.

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