Rapport D'Amours sur les retraites: l'obligation d'innover

Publié le 16/04/2013 à 15:57, mis à jour le 17/04/2013 à 12:04

Rapport D'Amours sur les retraites: l'obligation d'innover

Publié le 16/04/2013 à 15:57, mis à jour le 17/04/2013 à 12:04

Par Valérie Lesage

Alban D'Amours [Photo : Gilles Delisle]

Le comité D’Amours sur les régimes de retraite est formel : le système actuel ne peut tenir la route à long terme et, puisque la pensée magique ne règlera rien, il y a l’obligation d’innover pour assurer la sécurité financière des retraités. Alban D’Amours a mis la table ce mardi soir, à la veille du dépôt de son rapport, alors qu’il prononçait une allocution à Montréal pour les dix ans de l’organisme Question Retraite.


Sans dévoiler le secret des recommandations de son comité bénévole et indépendant, (formé des actuaires René Beaudry, Claude Lamoureux et Bernard Morency, ainsi que de l’économiste Maurice Marchon, du fiscaliste Luc Godbout et de l’avocat Martin Rochette), l’ancien président du Mouvement Desjardins a précisé les valeurs et les principes qui ont guidé la réflexion. Aussi peut-on s’attendre à une solution qui changerait en profondeur le système de retraite actuel, car le comité veut assurer un revenu «réaliste, suffisant et pérenne» à ceux qui quittent le marché du travail.


«Ce que nous soumettons mercredi à l’ensemble des Québécois, ce n’est pas un projet de loi. C’est un projet de société. Nous lançons l’invitation à revenir à une véritable culture de la sécurité financière à la retraite», a affirmé M. D’Amours.


Longue vie aux régimes à prestation déterminée


Pour y arriver, les membres du comité d’experts semblent privilégier l’étendue des régimes à prestations déterminées, les seuls à pouvoir gérer le risque de longévité, c’est-à-dire celui auquel fait face une personne qui survivrait à ses épargnes.


«Nous partageons la conviction que plutôt que de disparaître lentement, les régimes à prestations déterminées devraient être offerts au plus grand nombre, si possible. Et c’est possible, pensons-nous!» s’est exclamé Alban D’Amours, précisant par ailleurs que les jeunes refuseraient de payer pour les retraites des plus vieux sans rien obtenir en retour.


Lisez la chronique de François Pouliot: Ça sent l'eau dans le vin


Pour tendre vers l’objectif de la sécurité financière, le comité D’Amours émettra une vingtaine de recommandations qui viseront l’équité intergénérationnelle, une gestion des risques en toute transparence et la responsabilisation de toutes les parties prenantes, soit les gouvernements, les entreprises, les travailleurs et les retraités.


Quatre principes ont guidé les recommandations: plus de flexibilité dans le cadre législatif, la mutualisation des risques, la diversité des sources de revenus à la retraite et le respect de la vérité des coûts. Ce dernier principe suppose un examen de conscience de nature à nourrir des débats corsés, car il faudra corriger des erreurs du passé, ce qui ne se fera pas sans argent.


«Peut-on affirmer que nous avons assumé les vrais coûts de la sécurité financière promise? Les 41 milliards de déficit des régimes sous la surveillance de la Régie des rentes du Québec à la fin de 2012 nous soufflent la réponse à l’oreille: NON», s’est désolé M. D’Amours.


Un débat nécessaire


Sur le même sujet

Retraite: votre santé pourrait rendre vos plans caducs

21/10/2014 | Stéphane Rolland

Votre état de santé pourrait vous forcer à revoir vos plans de retraite.

Retraite: ça commence par l'épargne!

Édition du 18 Octobre 2014 | Stéphane Rolland

Le manque de préparation des ménages québécois pour la retraite, nos experts le constatent tous les jours dans leur ...

Réagissez à cet article
 commentaires

À la une

Bourse: Toronto recule après l'attentat à Ottawa

Mis à jour il y a 13 minutes

Le S&P/TSX cède plus de 100 points pendant que Wall Street s'affiche en modeste hausse.

À surveiller: Yahoo, CN et CP

Que faire avec les titres de Yahoo, du CN et du CP? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de ...

Un trimestre très spécial

BLOGUE. On a rarement vu trois multinationales d’aussi grande envergure publier d'aussi mauvais résultats