S'organiser avant de s'expatrier

Offert par Les affaires plus


Édition de Mars 2017

S'organiser avant de s'expatrier

Offert par Les affaires plus


Édition de Mars 2017

Par Didier Bert

Illustration: Dorian Danielsen

Chaque année, des milliers de Québécois partent travailler à l'étranger. Voici ce qu'il faut prévoir au moment d'accepter un contrat d'expatriation ou de partir passer une année de découverte hors des frontières canadiennes...


Quel compte bancaire ?


Que votre projet soit temporaire ou définitif, un compte bancaire est indispensable dans votre pays d'accueil. Pour choisir votre banque à l'étranger, commencez par demander à votre institution financière québécoise avec quelles banques de ce pays elle a un partenariat. Cela pourrait vous faciliter les choses pour transférer de l'argent d'un pays à l'autre, à commencer par avoir des frais moins élevés qu'ailleurs. Il sera toujours temps, une fois que vous connaîtrez bien les banques locales, de magasiner sur place.


Conservez votre compte de banque québécois. Vous aurez probablement des paiements ou des remboursements d'impôt après votre départ...


Transférer son argent


Vous souhaiterez envoyer de l'argent vers votre future banque étrangère afin de préparer votre installation. Et vous voudrez peut-être ramener périodiquement des fonds vers votre compte au Québec... Les frais de transfert peuvent être élevés et s'ajouter à des commis-sions de change coûteuses. Le site TransferWise.com, agréé par l'Autorité des marchés financiers, permet de transférer des fonds d'une devise à l'autre à un tarif défiant toute concurrence : vous paierez moins de 1 % (frais et commission compris) par rapport à 3 à 5 % habituellement, pour transférer un montant de 300 dollars et plus. Comptez de 2 à 4 jours de délai.


Garder ses REER, son CELI ?


Vous pouvez conserver votre REER et votre CELI pendant votre séjour à l'étranger. Mais si vous aviez fait un retrait en vue d'un RAP ou d'un REEP, vous devrez le rembourser en totalité dans les deux mois qui suivent votre départ à l'étranger. Sinon, le montant sera ajouté à vos revenus imposables.


Vos revenus à l'étranger ne vous donneront pas droit à des cotisations REER. Vous pourrez cotiser à votre REER, mais la déduction fiscale ne s'appliquera que si vous continuez de faire une déclaration d'impôts au Canada.


Vous ne devrez pas verser d'argent sur votre CELI durant votre absence du Canada. Sinon, vous serez redevable d'une taxe dissuasive de 1 % pour chaque mois où la cotisation reste dans le compte. Vos droits de cotisation au CELI ne s'accumuleront pas tant que vous serez non-résident.


Prévoir le pire


Un départ à l'étranger est un bon moment pour rédiger un mandat en cas d'inaptitude et un testament. Veillez à ce que ces documents respectent à la fois la règlementation québécoise et les lois locales. Les notaires québécois sont habilités à rédiger ces documents pour qu'ils soient valides aux États-Unis. Toutefois, vous devez veiller à ce qu'ils soient rédigés en anglais ou en toute autre langue locale, en plus du français. Et conservez une copie de ces documents avec vous.


Expédier des biens


Emporterez-vous votre mobilier avec vous ? Si vous n'emportez que quelques bagages, mais que vous dépassez la franchise de la compagnie aérienne, demandez un devis à votre compagnie aérienne, mais aussi à une compagnie spécialisée dans l'envoi par cargo aérien. La différence de tarif pourrait être importante.


Pour les envois plus volumineux, l'envoi par conteneur est moins coûteux, mais le délai sera bien plus long, généralement de plusieurs semaines pour l'expédition par bateau vers un autre continent. Demandez plusieurs devis à des transporteurs qui offrent le service d'envoi par conteneur maritime. Si possible, prenez-vous y à l'avance : les prix varient selon les périodes de l'année.


Illustration: Dorian Danielsen

Penser à sa santé...


Vérifiez que votre pays d'accueil dispose d'une entente de sécurité sociale avec le Québec. Sinon, vous devrez probablement contracter une assurance santé pour la durée de votre émigration. Le régime public d'assurance maladie québécois ne vous assure que si vous êtes présent plus de 183 jours dans la province. Si ce n'est pas le cas, vous devrez vous inscrire auprès du régime d'assurance maladie local, ou souscrire une assurance privée. Sachez que le gou- vernement du Québec a conclu des ententes de réciprocité avec d'autres pays pour faciliter l'inscription à l'assurance maladie des pays suivants : Belgique, Danemark, Finlande, France, Grèce, Luxembourg, Norvège, Portugal, Roumanie et Suède.


... et à sa retraite !


Retraite Québec reconnaîtra-t-elle les années travaillées à l'étranger quand vous souhaiterez prendre votre retraite ?


Vous devez vérifier si votre pays d'accueil est un des 34 pays à avoir signé une entente internationale de sécurité sociale avec le Québec. Si c'est le cas, vos prestations de Retraite Québec pourront tenir compte de cette période d'expatriation. Sinon, vous pourriez percevoir une pension du pays étranger. Pour les travailleurs expatriés temporairement par leur employeur québécois, ce dernier pourrait éviter de verser certaines cotisations exigées à la fois au Québec et dans le pays étranger. Vérifier sur le site de Retraite Québec, à l'onglet «Travail», puis à «Travail à l'étranger».


Loin des yeux, près du fisc


Pour déterminer votre statut de résident ou de non-résident, il vous faut déterminer si vous conservez des liens de résidence avec le Québec. Cela ne se limite pas au fait de travailler ou non à l'étranger... Le fisc examine plusieurs éléments : employeur établi au Canada ou non, lieu de résidence de votre famille, patrimoine immobilier, etc. Le mieux est alors de contacter directement Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada pour vérifier votre statut et la nécessité de déclarer vos revenus à ces deux administrations. Bien entendu, en cas d'oubli de déclaration, des pénalités et des intérêts sont prévus...


Louer sa résidence


Vous êtes propriétaire immobilier au Québec, et vous quittez le pays ? Si vous mettez votre bien en location, ces revenus seront la plupart du temps imposables au Québec. Le gain réalisé sur la maison pendant ce temps ne sera pas exonéré d'impôt au moment de la vente.


6 630: C'est le nombre de Québécois qui ont quitté la province pour s'établir à l'étranger en 2015. Ce chiffre est en hausse de 35% par rapport à l'année 2012.


Source : ISQ, Bilan démographique 2016


 


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

Sur le même sujet

Les mauvaises raisons de souscrire une assurance vie

Il existe autant de mauvaises raisons d'acheter de l'assurance vie que de bonnes. Méfiez-vous ce arguments...

La planification successorale au-delà du testament

21/09/2018 | Carmela Guerriero

BLOGUE INVITÉ. La planification de notre inaptitude, c’est pour nous : nous serons encore là et vulnérable.

À la une

ALÉNA: notre meilleur allié est America inc.

22/09/2018 | François Normand

ANALYSE - Le Canada est aussi un marché stratégique pour les entreprises américaines.

Voir les choses sous un autre angle pour réussir en Bourse

21/09/2018 | Philippe Leblanc

BLOGUE INVITÉ. Cela ne veut pas dire qu’il faut adopter l’opinion contraire à celle du plus grand nombre.

Les taux grimpent, que faire avec les obligations à court terme?

21/09/2018 | Ian Gascon

Les FNB d’obligations ne s’écroulent pas malgré la hausse des taux. Voici pourquoi: