Le pourquoi et le comment du rééquilibrage

Publié le 10/08/2017 à 10:00

Le pourquoi et le comment du rééquilibrage

Publié le 10/08/2017 à 10:00

66 % d'actions, 34 % d'obligations. Voilà les affectations actuelles d'un portefeuille qui était constitué à 50 % d'actions et 50 % d'obligations au début du mouvement haussier actuel du marché, qui remonte au 9 mars 2009. Si l'investisseur hypothétique a ajouté à ses placements dans les actions au cours de cette période, comme ont souvent tendance à le faire les investisseurs quand les actions sont en hausse, les sommes affectées aux actions seraient encore plus élevées.


Tout donne à penser que le moment est venu de rééquilibrer : réduire la pondération en actions de votre portefeuille pour essayer de réduire le risque avant que le marché ne le fasse pour vous.


Pourtant, comme de nombreux investisseurs, vous êtes peut-être réticent à rééquilibrer. L'inertie est une force incroyablement puissante, et vendre ce qui marche le mieux dans un portefeuille va à l'encontre des instincts humains. On a envie de laisser courir les titres gagnants de son portefeuille, pas de leur retirer de l'argent.


Et n'oublions pas là où le bât blesse, l'argument selon lequel il n'y a pas d'alternative. Les alternatives aux actions (les obligations et les liquidités) ne sont pas particulièrement convaincantes en ce moment. Les rendements sont maigres et les obligations sont à la limite du risque lié au taux d'intérêt.


Pourtant, rééquilibrer peut produire certains avantages notoires : la réduction du risque, la production de flux de trésorerie et une amélioration possible des rendements, selon le type de rééquilibrage auquel on se livre. Et le rééquilibrage n'a pas non plus à être une affaire compliquée calculée au tableur, surtout si l'on a déjà son portefeuille sauvegardé sur Morningstar.ca. Les étapes suivantes peuvent vous aider à rééquilibrer vite et sans douleur.


Première étape : Déterminez ce que vous voulez accomplir.


La première étape du processus de rééquilibrage est de décider ce que vous voulez accomplir en rééquilibrant. Cela peut ensuite vous aider à identifier le type de rééquilibrage dans lequel vous engager.


Objectif : Réduction de la volatilité et du risque


Recommandation : Rééquilibrage des catégories d'actifs


Si réduire le risque dans votre portefeuille est au premier plan de vos préoccupations, que vous soyez inquiet des évaluations du marché, que les chutes boursières vous rendent nerveux ou que vous vous prépariez à prendre votre retraite, le rééquilibrage traditionnel des catégories d'actifs, par exemple la réduction des actions en faveur des obligations, est la bonne stratégie pour vous. Ce type de rééquilibrage réduit souvent le risque mais n'améliore pas nécessairement le rendement, parce que les périodes auxquelles les actions surclassent les obligations (occasions de réduire le risque) sont plus nombreuses que les périodes où les obligations surclassent les actions (occasions d'améliorer les rendements).


Sachant que la réduction du risque est le principal avantage de ce type de rééquilibrage, les investisseurs très insensibles à la volatilité n'ont pas à en faire tout un plat. Si au cours de la crise financière ou des déficiences passagères du marché vous vous êtes retrouvé à chercher les occasions d'achat plutôt qu'à fuir un marché en baisse, le rééquilibrage n'est pas essentiel.


Mais ici, l'étape à laquelle on se trouve dans sa vie est importante. Même si vous êtes un sexagénaire remarquablement calme et serein qui investit dans les actions, si vous approchez de la retraite, rééquilibrer est probablement une bonne idée. En effet, les nouveaux retraités qui ont des grosses pondérations en actions sont particulièrement vulnérables aux mauvais rendements au tout début de leur retraite : s'ils dépensent activement l'argent de leur portefeuille d'actions et que celui-ci se dégrade, cela a un effet manifestement négatif sur sa durabilité. Utilisez les dépenses prévues provenant de votre portefeuille pour aider à déterminer les affectations qui conviennent entre actions, obligations et liquidités, comme il en est question ici. Si vous n'avez pas assez de placements sûrs, élaguer les actions et transférer l'argent dans les obligations et les liquidités est une stratégie intelligente.


Objectif : Amélioration des rendements


Recommandation : Rééquilibrage au sein de chaque catégorie d'actifs


Si un objectif essentiel est d'améliorer les rendements plutôt que de réduire le risque, le rééquilibrage au sein de chaque catégorie d'actifs peut être une stratégie bénéfique. L'idée de base est que les styles de placement peuvent fluctuer rapidement entre les faveurs du public et l'impopularité; diminuer périodiquement la pondération des titres qui se sont bien comportés, comme ce fut le cas cette année pour les actions de croissance à grande capitalisation, pour redistribuer cet argent vers les types d'actifs qui se sont sous-classés, comme les actions de valeur à petite capitalisation, peut apporter à un portefeuille un élément anticonformiste, ce qui peut, sans nécessairement le garantir, améliorer les rendements.


Les investisseurs peuvent aussi songer à procéder à un rééquilibrage entre zones géographiques. Bien que les actions canadiennes surclassent souvent les marchés des autres pays, comme elles l'ont fait en 2016, à certaines périodes elles se sont fait étriller par les noms étrangers. Cette performance irrégulière peut procurer des occasions de rééquilibrage intelligent. Les investisseurs peuvent affiner encore davantage leurs efforts de rééquilibrage par une nouvelle répartition des actions des marchés développés et en développement.


Objectif : Production de flux de trésorerie


Recommandation : Rééquilibrage entre catégories d'actifs et au sein de chacune d'entre elles


Le rééquilibrage peut jouer un autre rôle précieux pour les retraités : il peut les aider à trouver de l'argent liquide pour faire face à leurs frais de subsistance. Avec des rendements encore faibles dans toutes les catégories d'actifs, de nombreux retraités se sont débattus dans les stratégies traditionnelles axées sur le revenu. Mon conseil, comme le précise cet article sur la nécessité de maintenir une approche segmentée aux portefeuilles de retraite, est de ne pas se concentrer de façon disproportionnée sur la production de revenu en construisant le portefeuille que vous utiliserez pendant votre retraite. Contentez-vous plutôt du rendement organique de 2 % ou 3 % d'un portefeuille traditionnel qui n'est pas axé sur le revenu, puis rééquilibrez périodiquement le tout pour récolter l'agent nécessaire à votre subsistance. De nos jours, les retraités en quête de revenu peuvent trouver de l'argent bien en vue sous forme d'actions qui se sont appréciées. Ils peuvent se procurer leurs flux de trésorerie ou remplir les conditions des distributions minimales en se concentrant sur leurs actions qui se sont le plus appréciées, probablement celles qui se trouvent dans la case de croissance à grande capitalisation de la Matrice de style.


Deuxième étape : Trouvez votre répartition d'actifs actuelle et vos participations aux sous-catégories d'actifs


Une fois que vous aurez déterminé votre objectif de rééquilibrage et le type de rééquilibrage où vous voulez vous engager, jetez un coup d'œil aux allocations actuelles de votre portefeuille. L'outil Anatomie du portefeuille de Morningstar vous aide à évaluer les participations réelles de votre portefeuille sur la base des avoirs qu'il contient. L'outil Anatomie du portefeuille ne fait pas que prendre un fonds de valeur à grande capitalisation et le caser dans la section correspondante de la Matrice de style, mais examine la composition réelle de chaque portefeuille et le place dans le diagramme des catégories d'actifs et la Matrice de style de placement qui conviennent. Dans le cas d'un investisseur qui possède le Fonds d'actions canadiennes Beutel Goodman, par exemple, l'outil place environ le tiers du portefeuille à la fois dans les cases de valeur à grande capitalisation et mixte à grande capitalisation de la Matrice de style, et impute environ 15 % aux actions de croissance à grande capitalisation.


Troisième étape : Comparez vos affectations avec vos indices


Armé des véritables participations de votre portefeuille, vous pouvez ensuite les comparer à vos cibles. Tous les investisseurs devraient répartir leurs participations aux diverses catégories d'actifs selon un modèle. Un conseiller financier peut vous aider à personnaliser votre combinaison d'actifs selon la situation qui vous est propre, ou vous pouvez vous en remettre aux lignes directrices que fournissent les fonds à échéancier correspondant à votre âge.


Si vous gérez vous-même les participations géographiques de votre portefeuille, les États-Unis constituent actuellement à peu près 53 % de la valeur totale des marchés mondiaux, alors qu'environ 9 % de la capitalisation boursière de la planète est attribuée aux marchés émergents et le reste aux pays développés, dont environ 3,5 % au Canada.


Quatrième étape : Concentrez-vous sur les comptes à l'abri de l'impôt


Vendre des titres qui se sont appréciés peut avoir des conséquences fiscales si vous le faites dans le cadre d'un compte imposable (c'est-à-dire non enregistré). Voilà pourquoi il est judicieux de concentrer ses efforts de rééquilibrage au sein de ses comptes à l'abri de l'impôt, où l'on n'a pas à faire face aux conséquences fiscales des changements d'un compte à l'autre.


Si votre compte imposable a l'air particulièrement problématique (disons par exemple qu'il comporte beaucoup trop de risque lié aux actions et que vous souhaitez prendre votre retraite sous peu), souciez-vous des coûts fiscaux avant de réduire des positions qui se sont considérablement appréciées. Au lieu de déclencher une facture d'impôt pour les gains en capital, voyez donc si vous ne pouvez pas régler votre problème de répartition d'actifs en dirigeant vos cotisations futures vers les parties sous-pondérées de votre compte imposable. 


Cinquième étape : Identifiez les candidats possibles de vos réductions et ajouts


Enfin, identifiez spécifiquement les avoirs qui méritent d'être élagués ou étoffés. Même si votre objectif principal de rééquilibrage est de réduire le risque en sacrifiant un peu de votre participation aux actions, vous pouvez aussi être astucieux dans votre gestion des actions que vous voulez réduire et de celles que vous voulez enrichir. Les fonds d'actions asiatiques et européennes ont connu jusqu'ici en 2017 une série de hausses robustes, et il se peut donc qu'elles soient particulièrement prêtes à un élagage. En revanche, les obligations les plus anodines (à court terme et de qualité élevée) ont rapporté presque rien.


Vous pouvez aussi utiliser le rééquilibrage pour pallier les insuffisances de votre portefeuille, par exemple en réduisant la pondération de l'action qui représente une position trop concentrée, ou en vendant le fonds d'actions qui a vu se succéder ces dernières années une ribambelle de gestionnaires de portefeuille. Ce faisant, vous pourrez en même temps réduire le risque et améliorer les données fondamentales de votre portefeuille.


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