Petite enfance : donner des chances égales à tous

Publié le 09/07/2018 à 00:01

Le dernier rapport de l’Observatoire des tout-petits, Petite enfance : la qualité des services éducatifs au Québec, le démontre clairement : le Québec doit améliorer la qualité de ses services éducatifs aux tout-petits. Selon Ben Marc Diendéré, vice-président principal — Communications, affaires publiques et image de marque à La Coop fédérée, les dirigeants d’entreprise et les instances gouvernementales doivent trouver des solutions. Entrevue avec un leader engagé.

Le rapport de l’Observatoire des tout-petits met en lumière des lacunes dans la qualité des services éducatifs à la petite enfance au Québec. Qu’en pensez-vous ?
L’environnement dans lequel les tout-petits évoluent aura un impact sur leur parcours de vie et, malheureusement, tous les services de garde ne répondent pas à leurs besoins. L’un des constats les plus importants de ce rapport, selon moi, c’est que tous les enfants québécois n’ont pas accès à des services éducatifs de qualité égale. Je suis allé à l’école au Burkina Faso, dans un pays pauvre. Pourtant, je n’avais pas l’impression que quelqu’un allait me dépasser parce qu’il avait mangé du pain. L’école donnait la même chance à tous.

Croyez-vous que les chefs d’entreprise doivent jouer un rôle dans l’avancement de ce dossier ?
Oui, ils ne peuvent pas rester indifférents. Ça concerne leur monde : leurs employés, et aussi les gens qui prendront en charge leur compagnie demain. Nous devons convaincre les dirigeants politiques que les enfants sont la matière première de toute société, et que leur éducation est cruciale. Au cœur de la vie économique, il y a les gens, et le Québec est devenu ce qu’il est aujourd’hui grâce à des gens éduqués. Alors, réfléchissons à l’avenir !

Outre l’influence que les chefs d’entreprise peuvent exercer sur le plan politique, comment peuvent-ils concrètement améliorer la situation ?
Ils peuvent simplement penser à la qualité de vie des travailleurs et de leurs familles. Le modèle actuel est une grande source de stress pour des milliers de personnes : elles doivent laisser leur enfant au service de garde avant le boulot, puis s’y précipiter de nouveau à la fin de l’après-midi. Créer des garderies en milieu de travail, chez les employeurs, est une bonne solution pour faciliter la vie des parents. En aménageant des espaces éducatifs à même les entreprises, les employés peuvent voir leurs tout-petits à l’heure du midi. Et s’il y a un problème durant la journée, ils n’ont pas besoin de conduire des kilomètres à la hâte pour le retrouver.

La recherche a démontré que les principales façons d’offrir aux enfants d’âge préscolaire des services éducatifs de meilleure qualité sont la formation du personnel, les conditions de travail du personnel éducatif, le ratio adultes-enfants, le matériel et l’implication des parents dans le fonctionnement du service éducatif. Laquelle de celles-ci vous paraît prioritaire au Québec ?
Il faut absolument voir aux conditions de travail du personnel éducatif, notamment en lui offrant un meilleur salaire. Prendre soin des enfants des autres est un acte généreux. Ces gens s’occupent de nos enfants, nous devons nous en occuper à notre tour et écouter leurs revendications.

Pourquoi la qualité des services qu’on offre à nos tout-petits est-elle un enjeu important pour vous, personnellement ?
À mon école primaire, au Burkina Faso, il n’y avait même pas d’eau courante. Toutefois, j’ai eu accès à un système éducatif qui m’a donné tout le potentiel que j’ai développé aujourd’hui. Ici, au Québec, on ne manque de rien. Je crois donc que nous devons faire mieux pour les tout-petits, peu importe les moyens de leurs parents. Je pense particulièrement aux familles issues de la diversité, où l’on observe beaucoup de désengagement scolaire. Je voudrais que ces enfants soient stimulés. Je voudrais qu’ils apprennent dès leur plus jeune âge qu’ils ont la chance de grandir dans un monde d’opportunités, qu’ils soient nés à Westmount ou à Montréal-Nord.

Comment souhaitez-vous agir sur la question ?
Je suis engagé pour cette cause à titre personnel, et j’aimerais aussi engager La Coop fédérée. Je crois que l’on doit tenir une conversation avec les gouvernements sur l’importance de l’éducation des tout-petits au Québec et au Canada. Les enfants sont les citoyens de demain. Le Québec a toujours été un incubateur de bonnes idées. Nous pouvons prendre l’initiative et avoir une influence sur le reste du pays, et même ailleurs dans le monde. Outre l’éducation à la petite enfance, à La Coop fédérée, l’insécurité alimentaire nous préoccupe aussi beaucoup. Nous sommes le groupe agroalimentaire le plus important au Québec, et le fait que des gens n’arrivent pas à manger nous obsède.

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