Des clubs de discussion pour échanger


Édition du 06 Décembre 2014

Des clubs de discussion pour échanger


Édition du 06 Décembre 2014

Les chefs d’entreprises ont tendance à identifier de plus en plus tôt leur relève. Ils peuvent ainsi amenés à changer de rôle de manière plus précoce afin d’accompagner la transition, et à passer du poste de président à celui de directeur général, ce qui entraîne plusieurs défis.


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Un de ces défis est la nécessité de bien clarifier ses échéances, car trop souvent, le dirigeant n’a pas forcément de plan précis en tête pour sa succession, indique Michel Bundock, directeur général du Groupement des chefs d’entreprise.


« L’idée est de pouvoir se donner par exemple un an pour s’associer, puis un an pour gérer un projet ou développer un réseau avant de lâcher progressivement la barre », cite le d.g., qui rappelle l’importance de savoir partir au moment convenu. « Si le président annonce qu’il partira dans 2 ans et qu’il est encore là 5 ans plus tard, la relève risque d’avoir quitté… »


Bien clarifier les rôles


Les rôles de chacun devront être également bien clarifiés. Il faut déterminer quelles fonctions vont être assumées par qui. Si la relève veut jouer un rôle stratégique et que le patron ne le souhaite pas, ou à l’inverse, que le chef agit beaucoup au niveau opérationnel en marchant sur les platebandes de la relève, cela risque de générer des incompréhensions et des conflits.


Enfin, les processus et façons de faire devront aussi être scrutées à la loupe afin de se doter d’outils pour réussir le transfert. « Le chef et sa relève devront pouvoir se donner un ordre du jour réguliers, prendre des conseils à l’externe et éventuellement bâtir un conseil de famille pour se donner les moyens d’avancer », résume Michel Bundock.


Du benchmarking pour se comparer


Les clubs de discussions, tels que ceux organisés par le Groupement des chefs d’entreprise du Québec, permettent justement d’adresser ces trois réalités, « en regardant comment les autres qui font face aux mêmes défis font et quels moyens ils se donnent. Cela revient à faire du benchmarking !


Créé il y a 40 ans, le groupement rassemble 1500 propriétaires d’entreprises et près de 300 successeurs potentiels. Il organise une vingtaine d’années des clubs de discussions réunissant de 8 à 10 chefs d’entreprises faisant face aux mêmes enjeux, parmi lesquels le transfert d’entreprise.


« Ces communautés de pratiques constituent un parcours permettant de suivre toute la vie de l’entrepreneur, à travers les différentes étapes telles que son arrivée en tant que relève jusqu’au transfert de son entreprise », explique Michel Bundock,.


En se réunissant environ 7 fois par année, ces chefs d’entreprises se retrouvent entre pairs pour développer leurs habilités à être directeurs généraux, puis présidents et cédants…


Les réunions durent généralement une demi journée, entre midi et 17h, et sont encadrées par un animateur qui joue le rôle de facilitateur. En début d’année, chaque groupe est invité à identifier quels sont ses enjeux stratégiques. A partir de cette trame, on définit un parcours pour l’année qui suit pour chaque groupe, en adressant une thématique à chaque rencontre. Chaque groupe étant bâti selon la fonction et le défi identifié par ses membres, on en compte aujourd’hui une trentaine à l’échelle de la province.


Une université pratique


Pré-requis pour entrer dans ces clubs : être un successeur potentiel (et non un cadre) et avoir été accepté via un processus de cooptation au sein d’un groupe existant. Avant d’être intégré, le futur membre rencontre généralement le président du club et participe à une entrevue en vue d’être admis au sein du groupe qui lui correspond le mieux.


« Comme le transfert d’une entreprise dure en moyenne de 5 à 10 ans, il n’est pas rare que nous accompagnions les cédants dans toute cette période, à travers les clubs qui évoluent au fil du temps avec eux », résume Michel Bundock.


L’entrepreneur peut ainsi démarrer dans un groupe de successeurs potentiels et en changer au fur et à mesure que ses fonctions évoluent. Une fois son processus de transfert terminé, le cédant peut s’en aller ou rejoindre un groupe de présidents de conseil ou de gestion du temps.


« Le club est comme une université pratique, où les entrepreneurs peuvent adresser à peu près tous les problèmes qu’ils rencontrent. C’est un outil de formation très concret et personnalisé», estime Michel Bundock.


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