Comment la fermeture d'une usine profite à Sept-Îles

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Comment la fermeture d'une usine profite à Sept-Îles

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Novembre 2017

Par Claudine Hébert

[Crédit photo : 123RF]

Est-ce possible de miser sur la fermeture d'une entreprise de plus de 400 employés pour en faire un levier économique majeur pour sa région? C'est le défi titanesque que compte relever l'équipe de Développement économique Sept-Îles.


Cette dernière souhaite profiter de la fermeture de l'usine de bouletage Cliffs Natural Ressources, qui a cessé ses activités en décembre 2014, pour redynamiser l'immense secteur industriel Pointe-Noire de 34,2 km2, soit le deuxième plus grand territoire industriel contigu de la province.


«La fermeture de l'usine Cliffs, qui occupait à elle seule 12 km2, permet désormais de rendre plus accessibles les voies ferrées qui traversent cette zone industrielle jusqu'au port. En fait, cette fermeture ouvre les portes au développement économique de ce vaste territoire industriel qui était jusqu'ici inexploité», explique Sylvain Larivière, directeur général et commissaire industriel de Développement économique Sept-Îles. Actuellement, à peine 10 % de l'ensemble du secteur Pointe-Noire est développé. L'aluminerie Alouette et le port en constituent les principaux occupants.


Comment s'organise le développement ? Trois principaux propriétaires se partagent le territoire à développer : le port (8 km2), la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (12 km2), qui a racheté les actifs de Cliffs, et le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles, qui détient plus de 14 km2.


Les principaux paramètres de développement devraient être mis en place d'ici un an. En attendant, l'organisation de M. Larivière a déjà commencé à cibler des entreprises de l'industrie lourde, des transformateurs de minerai de fer et des entreposeurs de marchandises en vrac.


«On entre carrément dans une ère nouvelle», soutient, enthousiasmé, Pierre Gagnon, PDG du Port de Sept-Îles. «Ce redéveloppement arrive juste à point avec notre nouveau quai multiusager qui sera inauguré au printemps 2018. Aménagé au coût de 220 M$, en partenariat avec cinq entreprises minières (Alderon, Labrador Iron Mine, New Millenuium Corporation, Tata et Champion), ce quai de classe mondiale, ouvert à l'année, peut nous permettre de devenir un des plus importants ports de vrac au monde, particulièrement grâce au développement minier de la fosse du Labrador. On pourrait même, d'ici dix ans, devancer Vancouver, qui occupe actuellement le premier rang des ports en importance au pays avec plus de 130 millions de tonnes par année.»


Enfin, l'absence de réseau de gaz naturel pourrait toutefois ralentir le développement du secteur. Un élément, concède Sylvain Larivière, qu'il faudra corriger au cours des prochaines années. On estime que la croissance industrielle du parc devrait s'échelonner sur les 20, voire les 30 prochaines années.


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