Après les fleurs, le pot...

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Octobre 2017

Après les fleurs, le pot...

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Édition du 07 Octobre 2017

Par Claudine Hébert

[Photo : 123rf.com]

DOSSIER PME - Prétendre que toutes les entreprises sélectionnées par les initiatives d'accélération nagent dans le bonheur serait mentir. Deux entreprises ont refusé de nous accorder une entrevue et deux autres ont accepté de partager leur déception.


Au sein du club des entreprises désillusionnées, on compte STAS, à Saguenay, un fabricant d'équipements de haute technologie pour l'industrie de l'aluminium. STAS, qui exporte déjà plus de 90 % de sa production ailleurs qu'en Amérique du Nord (Russie et Moyen-Orient), avait de grandes attentes vis-à-vis de PerforME. «Le premier ministre Philippe Couillard était même venu m'annoncer en personne ma sélection lors de son passage dans la région», raconte Louis Bouchard, président de STAS, membre de la première cuvée de PerforME.


Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Louis Bouchard était de ces entrepreneurs qui avaient d'abord été attirés par le programme Gazelle du gouvernement de Pauline Marois. Un programme d'accélération qui devait être assorti d'une aide financière brute pour la réalisation de projets. Ce dont ne disposait pas PerforME.


Pierre Hébert, directeur du développement des entreprises au MESI, reconnaît qu'un certain nombre d'entreprises ayant été sélectionnées lors de la première cohorte de PerforME provenaient de dossiers de candidature présentés au programme Gazelle. Ce qui a entraîné quelques malentendus.


En quoi consistait le dossier de STAS ? «Je faisais état du déplacement du marché actuel de l'aluminium vers la Chine. Ce pays représente 50 % de la production d'aluminium. Mon projet consistait à demander de l'aide pour embaucher un représentant commercial afin de vendre nos équipements en Chine. Selon nos estimations, en pénétrant ce marché, STAS pouvait doubler ses revenus annuels, qui oscillent actuellement entre 30 millions de dollars [M$] et 40 M$ selon la conjoncture économique», explique M. Bouchard. Cette percée en Chine aurait propulsé STAS au sommet des 10 meilleurs équipementiers du globe, dit M. Bouchard.Son projet a été retenu. Cependant, personne, dit-il, n'a pu lui apporter l'aide qu'il escomptait. «Je n'ai pas pu participer à des missions commerciales parce que l'entreprise en avait déjà fait. STAS n'a pas pu non plus bénéficier de crédits d'impôt présentés aux entreprises. Nous en avions déjà eu. En fait, l'aide que l'on m'a proposée s'est résumée à une téléconférence avec la délégation du Québec à Beijing et à une liste de cabinets d'avocats spécialisés en exportation.»


Mécanicad espérait un dragon


Sélectionnée au sein de la première cohorte d'Adrenalys, l'entreprise Mécanicad, à Rouyn-Noranda, fait elle aussi partie de celles qui s'attendaient à un coup de main financier. «Je l'avoue, je cherchais ultimement un dragon. Je n'ai pas frappé à la bonne porte», indique Stéphane Larouche, PDG du fabricant de conduits de ventilation et d'aspiration en plastique pour de grands projets hydroélectriques et miniers.


Mécanicad, qui vend plus de 80 % de sa production au pays, souhaitait recevoir un investissement d'Adrenalys pour rendre l'entreprise encore plus profitable et pour développer d'autres marchés. L'objectif était de doubler les revenus.


Mais voilà, entre l'annonce de la sélection de Mécanicad et l'année 2017, le contexte économique a beaucoup changé. En 2015, les ventes de l'entreprise ont chuté de façon radicale. Mécanicad s'est retrouvée en plein coeur d'une restructuration d'entreprise.


«Au cours de l'année 2016, j'ai dû racheter mes actionnaires. Du coup, ma tête et mon énergie étaient ailleurs. Je n'étais plus dans un état idéal pour quitter l'usine afin de participer aux activités d'Adrenalys», raconte l'entrepreneur.


«Malheureusement, tient à préciser Dominic Deneault, gestionnaire du programme Adrenalys, notre mission n'est pas de redresser une entreprise en difficulté. Le programme a été mis sur pied pour propulser des entreprises à fort potentiel de croissance. Ce que le dossier de Mécanicad reflétait initialement lors de sa sélection.»


Remarquez, M. Larouche dit avoir tiré des éléments positifs des rencontres Adrenalys auxquelles il a participé. «J'ai reçu plusieurs bons conseils en matière de gestion et d'évaluation de compétences.


10 M$


C'est le chiffre d'affaires minimum que doit faire une entreprise pour être admissible au programme Adrénalys.


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