Faire la lumière sur une période sombre

Publié le 06/10/2012 à 00:00, mis à jour le 04/10/2012 à 11:04

Faire la lumière sur une période sombre

Publié le 06/10/2012 à 00:00, mis à jour le 04/10/2012 à 11:04

Par Pierre Théroux

La commission Charbonneau a repris ses audiences. Son andat : enquêter sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Soulagement ou crainte dans l'industrie du génie, secteur névralgique qui emploie 23000 personnes ?


« S'il y a des pratiques douteuses, nous serons les premiers à collaborer et à trouver des solutions aux problèmes », commente Johanne Desrochers.


La pdg de l'Association des ingénieursconseils du Québec ne s'était prononcée ni pour ni contre la tenue d'une commission d'enquête publique sur la construction. « Ce n'était pas à notre association d'en décider. La responsabilité incombait au gouvernement. »


Restaurer le prestige de la profession


Selon plusieurs dirigeants de firmes d'ingénierie, la commission sera l'occasion de faire la lumière sur une période sombre dans l'histoire de cette industrie.


« S'il y a eu dans le passé des pratiques qui ne sont pas acceptables, s'il y a des pommes pourries, dénonçons-les », clame Kazimir Olechnowicz, pdg de la firme CIMA+. Il précise que le travail de la commission mettra un terme aux accusations généralisées qui ont miné l'industrie.


« La commission Charbonneau aura été bénéfique si, au bout du compte, elle permet de mettre fin au climat actuel de suspicion et de restaurer le lustre d'antan du métier d'ingénieur », affirme Pierre Shoiry, président et chef de la direction de Genivar.


Steeve Fiset, président et chef de la direction de BBA, abonde dans ce sens. « Les allégations sont regrettables, mais, s'il y a des problèmes et des correctifs à apporter, l'industrie en sortira grandie. »


Faire connaître le travail des firmes


Le président et chef de la direction de Dessau, Jean-Pierre Sauriol, souligne que la commission aura une valeur éducative. « Il y a une méconnaissance de notre travail. La population va mieux comprendre le fonctionnement des firmes d'ingénierie et le système d'attribution des contrats. La formation d'un consortium n'est pas synonyme de conflit d'intérêts », précise-t-il.


Tous rappellent qu'il ne faut pas tout confondre et mettre au ban la profession d'ingénieur. « L'industrie emploie des milliers d'ingénieurs qui oeuvrent de façon éthique et en respectant le code de déontologie », dit Steeve Fiset.


D'ailleurs, les dirigeants interrogés disent ne pas avoir subi de contrecoups financiers. « Il n'y a pas eu d'impact, la preuve que le génie québécois a une excellente réputation », dit M. Olechnowicz.


« Notre industrie est tributaire, pour une grande partie, de ses relations avec ses clients et de sa réputation. Or, nous n'avons pas observé d'impact direct sur nos résultats financiers », constate aussi Pierre Shoiry.

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