Tel père, telle fille en entrepreneuriat... quand tout va bien


Édition du 07 Avril 2018

Tel père, telle fille en entrepreneuriat... quand tout va bien


Édition du 07 Avril 2018

Par René Vézina

Mylène Chaumont, présidente de Sentinelle Santé [Photo: Linkedin]

Gatineau — Mylène Chaumont est tombée dedans quand elle était petite, ou enfin adolescente.

C’est son père, Marcelin Chaumont, qui a fondé à Gatineau la clinique médicale Sentinelle Santé en 1996. Lui qui arrivait de l’Abitibi, et qui faisait auparavant partie de l’effectif gouvernemental en santé, avait déjà compris que le système avait besoin de renfort.

Sa fille avait alors 19 ans. Elle était vivement intéressée à assister son père dans l’entreprise. Mais à ses yeux à lui, il ne fallait pas aller trop vite. Il croyait qu’elle ferait mieux de se faire les dents à l’extérieur pour accumuler plus d’expérience.

C’est ce qu’elle a fait avant de devenir à son tour, plusieurs années plus tard, présidente de Sentinelle Santé.

« Je suis allée décrocher une maîtrise en gestion de projets, dit-elle, j’ai travaillé aux ventes à la Cité collégiale (à Gatineau), je me suis impliquée dans la Chambre de commerce, dans la Caisse populaire, dans un CPE, j’ai bâti mes réseaux… j’ai vraiment fait mes classes. »


Succession planifiée


Elle y tenait et son père l’a réalisé. Elle a finalement joint l’entreprise familiale en 2006, d’abord avec la mission de consolider son marché. Mais le transfert de propriété était aussi dans les cartons et il s’est concrétisé en 2010. Comme on le souhaiterait ailleurs au Québec, cette succession a été bien planifiée et s’est déroulée de façon ordonnée.

« Mon père Marcelin avait à peine 60 ans, dit-elle, il ne s’est pas retiré pour autant, il a créé deux résidences pour personnes âgées, et il est demeuré mon conseiller. » Et elle précise qu’elle a bel et bien payé avec son argent pour acquérir Sentinelle Santé en précisant : « Je ne voulais pas qu’on pense qu’il me l’avait donné ! »

Elle s’est aussi entendue avec ses deux sœurs, dans une famille qu’elle décrit comme « tricotée serré », une qui demeure engagée dans l’entreprise. Ici, pas de conflit familial qui faut malheureusement trop souvent dérailler le transfert des entreprises. « Se préparer et s’en parler, c’est l’essentiel », dit-elle.


Voir plus loin


Elle a depuis abordé d’autres marchés, se lançant entre autres dans cette avenue prometteuse que sont les tests d’ADN, avec tests de paternité tout en inaugurant avec des associés une autre résidence pour personnes âgées.

Entrepreneure dans l’âme, disions-nous ? Mais avec ses convictions.

« Trop souvent, dit-elle, quand on reprend une entreprise, on ne fait que marcher sur les traces sans se poser des questions. Mais dans les faits, c’est comme un redémarrage et il faut y injecter sa propre personnalité. Comme si on l’avait créée ! »

Elle a à peine 40 ans, plein d’idées, deux enfants, elle est bien selle, mais elle se rappelle qu’elle s’est longtemps sentie comme une relève, surtout qu’elle se faisait parler de l’ancien patron, son père… « Un jour, dit-elle, s’il m’arrive d’avoir une relève à moi, je ferai attention à cette notion de contrôle ». Mais elle ajoute, étant passée par là, « Si on veut l’entreprise, il faudra me faire la preuve qu’on est capable de la diriger ! »


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