«Si la peur du risque m'arrêtait, je m'éteindrais comme entrepreneure» - Danièle Henkel, présidente des Entreprises Danièle Henkel

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Novembre 2015

«Si la peur du risque m'arrêtait, je m'éteindrais comme entrepreneure» - Danièle Henkel, présidente des Entreprises Danièle Henkel

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Novembre 2015

Danièle Henkel, présidente des Entreprises Danièle Henkel. [Photo : Michel Cloutier]

Pionnière des soins de santé non chirurgicaux et personnalité médiatique grâce à sa participation à l'émission Dans l'oeil du dragon, Danièle Henkel est lauréate du prix Réalisations 2015 du Réseau des Femmes d'affaires du Québec. Elle fait le point sur son parcours en entrevue.


Cliquez ici pour consulter le dossier Femmes d'affaires : défi croissance


Les Affaires - Quel est le plus grand risque que vous ayez jamais pris en affaires ?


Danièle Henkel - En 2008, en pleine crise économique, j'ai décidé de construire un siège social, alors que mes conseillers financiers et des spécialistes de l'immobilier me recommandaient d'attendre. Ça aurait été plus sage, je le reconnais, de demeurer en location. Mais je n'ai jamais été confortable dans le confort. Je stagnais et j'avais besoin d'agrandir ainsi que de recevoir mes clients dans un cadre plus inspirant. J'ai pris le risque d'aller de l'avant. Et cela a fonctionné. Je pense aujourd'hui à déménager de nouveau et, encore une fois, on me le déconseille...


L.A. - Comment avez-vous relevé le défi ?


D.H. - Il faut écouter, être prudent et prioriser ses besoins. Si j'ai besoin de poser tel geste pour grandir ou innover, je dois le faire ! C'est d'ailleurs ainsi que je détermine si je prends un risque ou non. Un autre exemple a été ma décision d'investir du temps et de l'argent dans des équipements médicaux que personne ne connaissait. Alors que je vendais le gant Renaissance et des produits cosmétiques, je me suis mise à vendre des appareils à 55 000 $ ! C'était risqué, mais quel bond de géant pour ma mission d'entreprise qui consiste à offrir des moyens sans douleur complémentaires à la médecine curative. Bien sûr que la roue a été difficile à huiler. Mais après un an, il y a 80 franchises. Si la peur du risque m'arrêtait, je m'éteindrais comme entrepreneure !


L.A. - Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière ?


D.H. - Ma nomination en tant que présidente du conseil d'administration du parc Jean-Drapeau. Ça montre que le monde politique et celui des affaires jugent que j'ai les capacités nécessaires pour accomplir cet important mandat. C'est un beau défi de redonner ses titres de noblesse à ce parc tout en faisant attention aux deniers publics.


L.A. - Vous publierez en novembre votre deuxième livre, Au coeur de mes valeurs. Quelle est votre motivation ?


D.H. - Je reçois beaucoup de courriels et de lettres de gens de tous les âges qui sollicitent des conseils ou mon point de vue sur toutes sortes de sujets. Sur les affaires, bien sûr, mais aussi sur l'éducation, la santé, la place des jeunes, les inégalités, l'argent, l'échec, la loyauté, etc. Je trouve extraordinaire cette connexion avec le public, et j'ai voulu partager ma façon de voir les choses. Mais ça ne veut pas dire qu'il faille penser comme moi. Mon message central, c'est de ne jamais donner à qui que ce soit le pouvoir sur sa vie. Chacun a ses propres réponses.


L.A. - Quels conseils aimeriez-vous donner aux jeunes entrepreneurs ?


D.H. - D'abord, acceptez que vous ne savez pas tout et que vous ne saurez jamais tout. Ensuite, si vous avez la véritable flamme pour partir en affaires, foncez ! Mais attention, ce n'est pas un jeu ni une mode, comme cela semble malheureusement le cas ces temps-ci. On peut tout perdre, même sa famille, lorsqu'on est absent physiquement ou mentalement. Pour éviter cela, il faut communiquer avec son conjoint, ses enfants : «C'est mon rêve, m'accompagnes-tu ? Nous aurons des moments difficiles, est-ce OK pour toi ?».


L.A. - Quels sont vos projets pour votre entreprise ?


D.H. - Le noyau de mes affaires depuis 17 ans, c'est le mieux-être, la prévention et la santé par la beauté. J'offre des solutions non chirurgicales et non invasives. Il y a quelques mois, j'ai lancé le concept de traitements anti-âge «Danièle Henkel à emporter» dans les pharmacies Uniprix. Mon prochain projet, c'est d'ouvrir une clinique privée où les gens auront accès à des spécialistes de la santé pour obtenir des services de prévention ou de suivi après la maladie, deux aspects négligés. Après des traitements, trop de gens sont laissés à eux-mêmes. Avec cette clinique, je souhaite instaurer une collaboration entre les spécialistes et les patients. Le projet est sur les rails, mais il reste à être peaufiné.


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Extrait du discours prononcé par Danièle Henkel au gala Prix Femmes d’affaires du Québec


« Célébrer les “réalisations”, c’est aussi quelque part souligner le succès et la réussite d’une femme d’affaires qui s’est distinguée par ses accomplissements et par son implication dans le développement économique et social de la province.


Pourtant, aujourd’hui, ce n’est pas l’apologie de la réussite que j’ai envie de faire, mais plutôt celle de l’échec, des défis à relever et des obstacles à surmonter. Aucun parcours ne peut être couronnéde succès s’il n’est pas accompagné d’énormément de travail, mais aussi d’essais, d’erreurs, de refus et parfois même de rejets.


Des essais, j’en ai fait beaucoup. J’ai probablement aussi commis certaines erreurs de jugement ou d’appréciation. Comme beaucoup d’entre nous, j’ai aussi connu les échecs et le refus. Combien de fois ne l’ai-je pas entendu ce fameux “non” alors que je n’espérais qu’un petit “oui” salvateur. Ce non, cette simple syllabe qui, comme un véritable couperet,vient dramatiquement mettre fin à nos ambitions les plus légitimes.


J’en ai versé des larmes depuis que je suis en affaires, croyez-moi, et il m’arrive encore d’être confrontée au doute et à l’incertitude. Malgré ce que certains pourraient qualifier de réussite, vous dire que mes nuits sont maintenant exemptes d’insomnies et mes journées de stress, serait pur mensonge.


Chaque jour est un combat… Je le mène la tête haute, car je sais que chaque nouveau défi à relever et que chaque obstacle que je parviendrai à surmonter m’aideront à grandir encore plus. Ils font partie de mon apprentissage… et j’ai encore beaucoup à apprendre.


Le message que je vous livre aujourd’hui n’a rien de pessimiste ou de négatif, bien au contraire ! Je le dédie à toutes ces femmes qui se battent au quotidien pour faire aboutir leurs projets et réaliser leurs rêves, qui se battent ne serait-ce que pour réussir à concilier travail et famille et peut-être même parfois pour simplement garder la tête hors de l’eau. Je sais que, fatiguées et parfois déçues par tant de difficultés, elles pourraient avoir tendance à se décourager et à baisser les bras.


C’est normal, naturel et légitime…


J’aimerais leur dire que seule une grande confiance en soi pourra leur permettre de faire face aux échecs, comme à la réussite d’ailleurs, car, elle aussi, il faut savoir la gérer.


Apprenez à vous connaître et, surtout, apprenez à vous aimer, avec vos défauts et avec vos qualités ! Vous en sortirez grandies et encore plus fortes.


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