Concrétiser le désir de changement

Publié le 07/06/2012 à 09:06, mis à jour le 26/06/2012 à 09:48

Concrétiser le désir de changement

Publié le 07/06/2012 à 09:06, mis à jour le 26/06/2012 à 09:48

Par Marie-Claude Morin








Une fois arrivée au niveau postdoctoral en médecine comportementale, Mirella De Civita a tout lâché pour la consultation en coaching de cadres. Puis, quand le désir de changement s'est à nouveau fait sentir, elle l'a écouté et a fondé sa propre société dans ce domaine, Papillon MDC.


LES AFFAIRES - Racontez-nous votre premier changement de carrière.


MIRELLA DE CIVITA - Je me destinais à une carrière universitaire. Tout allait super bien, j'avais plusieurs publications de recherche à mon actif. Mais le désir de changement a commencé à se faire sentir, au moment même où mes responsabilités familiales augmentaient - je venais d'avoir ma fille. Au début, je ne comprenais pas. J'avais défini toute ma vie. Être universitaire, c'est ce que je voulais ! Tranquillement, j'ai pris conscience de ce désir et j'ai commencé à m'interroger. Quand j'ai réalisé que la peur de rester était plus forte que la peur de m'en aller, je suis partie. Quelqu'un m'avait parlé de la consultation, je m'étais aperçue que j'avais des compétences à offrir dans ce domaine, mais je ne savais pas exactement où je m'en allais.


L.A. - Ça a dû surprendre...


M.D.C. - Mes collègues étaient horrifiés ! Ils disaient que je laissais tout tomber, alors que j'étais prête à décrocher un poste dans une université. Moi, j'avais énormément confiance en ma vision. Je savais que j'allais vers quelque chose de mieux pour moi, quelles que soient les considérations matérielles.


L.A. - Et la deuxième fois ?


M.D.C. - J'ai travaillé près de quatre ans dans une firme de consultation. Durant tout ce temps, le désir de changement restait présent. Je sentais que j'avais encore une grande étape à franchir. J'ai quitté un emploi qui me nourrissait beaucoup, une équipe que j'adorais. Je suis partie sans plan, puis la vision s'est définie. J'ai fondé mon entreprise un mois plus tard, sans savoir ce que j'en ferais. Je savais que ce serait du coaching de dirigeants d'entreprise. Ma stratégie s'est précisée trois ou quatre mois plus tard.


L.A. - Combien de temps vous a-t-il fallu avant de décider de partir ?


M.D.C. - Ça a pris beaucoup de temps. Probablement deux ans la première fois, mais comme c'était quelque chose de très tranquille, je ne peux pas dire exactement quand j'ai commencé à sentir le désir de changement. La deuxième fois, j'y ai réfléchi durant un an environ. Le fait que je reconnaissais le sentiment et que je savais comment dialoguer avec la peur a fait une grande différence. Par contre, cette fois-là, le changement était plus profond. C'est une chose de partir pour intégrer une entreprise, où tout est stable. Là, je m'en allais vers l'inconnu : je partais à mon compte.


L.A. - Comment, justement, se convaincre de sauter ?


M.D.C. - Il faut dialoguer avec sa peur, au lieu de refuser d'y faire face. On doit comprendre d'où vient le désir de changer, pourquoi il se manifeste, et ce qui arrivera si on le comble. Aller vers l'imagination et la créativité, se projeter dans le futur. Les gens ont très peur d'un futur qu'ils ne peuvent pas imaginer. Ils veulent un plan et cherchent quelqu'un qui le leur dessinera. Pourtant, ça ne peut pas être le plan de quelqu'un d'autre. Ça doit être le nôtre. Tout est question de confiance : savoir qu'on a tout ce qu'il faut pour effectuer le changement et pour réaliser le futur.


L.A. - Est-ce une démarche qu'on vit seul ?


M.D.C. - La reconnaissance du désir de changer, oui. Lorsque ce désir est reconnu, par contre, avoir un coach peut aider à mieux comprendre ce qui se passe. Ça peut faciliter et accélérer la progression vers le changement. Pour ma part, j'ai vécu cette expérience toute seule, mais j'avais déjà une bonne compréhension de la psyché de par ma formation et mon expérience. Malgré cela, on n'est jamais prêt. On peut comprendre la transformation théoriquement, mais c'est complètement autre chose de la vivre.


L.A. - Feriez-vous certaines choses différemment ?


M.D.C. - Je crois que je ne serais pas qui je suis aujourd'hui si j'avais fait les choses autrement. J'ai beaucoup accompli, mais j'ai encore beaucoup à changer. On n'est jamais complètement rendu où on veut être. La vie est une évolution. La chose la plus importante pour moi est que je n'ai pas peur. Si le désir de changement s'installe encore, je le reconnaîtrai et je saurai que c'est pour le mieux. On ne désire jamais changer pour aggraver notre situation.


L.A. - Pourriez-vous encore faire d'aussi gros changements ?


M.D.C. - Pourquoi pas ? Je suis vraiment bien, je ne sens pas du tout le désir de changer, mais j'ai encore plusieurs années devant moi. Je ne sais pas où la vie peut aller.


*Mirella De Civita est l'auteure du livre : The Courage to Fall into Life : The Tao of Purposeful Existence


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