Harsco valorise les minerais délaissés

Publié le 27/10/2012 à 00:00, mis à jour le 25/10/2012 à 15:32

Harsco valorise les minerais délaissés

Publié le 27/10/2012 à 00:00, mis à jour le 25/10/2012 à 15:32

Les Minéraux Harsco mettaient déjà en pratique les principes de l'écologie industrielle dans les années 1970, alors que le concept émergeait à peine. Chaque année, trois aciéries - Rio Tinto, Fer et Titane, ArcelorMittal et Sorel Forge - lui fournissent un million de tonnes de coproduits.


Il s'agit de stériles miniers, des matières pas assez riches en minerai pour être utilisées par les aciéries, mais qui comportent certains éléments valorisables. L'entreprise, qui compte deux sites au Québec, à Contrecoeur et Sorel-Tracy, et 95 employés, réussit à transformer 95 % de ces résidus pour la commercialisation.


«On pourrait en valoriser davantage, mais plusieurs produits, comme certaines boues, ont une valeur commerciale égale à zéro», explique Marcel Allard, directeur de Minéraux Harsco, devenue une multinationale depuis le rachat de Matériaux Excell par l'américaine Harsco en 2007.


Les 5 % de matières résiduelles restantes sont utilisés pour aménager des sablières achetées par l'entreprise qui, par la suite, les végétalise dans le but, à moyen ou à long terme, de revendre ces terrains.


Les déchets miniers sont d'abord triés pour en extraire ce qu'il reste de métaux. Purifiés, ceux-ci sont revendus aux aciéries. Le reste des matériaux sont valorisés dans des domaines très variés pour fabriquer par exemple des produits de filtration de piscine, de nettoyage au jet de sable, d'agrégats de route ou encore de chaux agricole. L'entreprise commercialise ainsi plus de 200 produits principaux (800 codes de produits au total).


Pour trouver tous ces débouchés, le travail de R-D est important. Pour ce faire, Harsco s'associe notamment avec les universités Laval, McGill et de Sherbrooke. «On a déjà atteint un haut niveau de valorisation pour plusieurs produits, comme les revêtements pour pistes d'atterrissage», estime Marcel Allard.


À l'origine, l'entreprise, installée à proximité de ses fournisseurs, n'a eu aucun mal à convaincre ses clients de lui fournir ses matières non utilisées. «C'est une aubaine pour eux, car on leur propose de devenir propriétaires de leurs coproduits et de prendre la responsabilité environnementale liée à ces déchets, souligne le directeur. Eux, ce ne sont pas des spécialistes de l'environnement, et ils ont beaucoup de rejets. Au final, on se rend service mutuellement.» A.G.

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