«Je veux ramener l'idée de progrès social» - Paul St-Pierre Plamondon, président fondateur de Génération d'idées

 

Paul St-Pierre Plamondon, président fondateur de Génération d'idées [Photo : Gilles Delisle]

Dominique Froment

Paul St-Pierre Plamondon, président fondateur de Génération d'idées [Photo : Gilles Delisle]

«Comment les étudiants, avec une bonne cause comme les droits de scolarité, ont-ils pu se mettre à dos la population», demande Paul St-Pierre Plamondon, président fondateur de Génération d'idées, un groupe de réflexion pour les jeunes.


«Je me réjouis que les jeunes se soient engagés politiquement à l'égard de l'éducation. Mais il y a de la place pour la liberté d'expression dans notre démocratie, beaucoup de place pour convaincre tout en respectant les règles, poursuit l'avocat de 35 ans. Malheureusement, les étudiants ont choisi d'utiliser un rapport de force, et cette stratégie a joué contre eux.»


L'an prochain, M. St-Pierre Plamondon publiera un livre qui portera sur la renonciation généralisée à faire progresser la société. Dette publique, croissance anémique, détérioration de l'environnement, etc. «Ma génération ou la suivante sera la première dans l'histoire moderne occidentale à subir une baisse de la qualité de vie. Je veux essayer de ramener l'idée de progrès social comme objectif commun.»


La Bolivie et Oxford


Après son Barreau, en 2005, Paul St-Pierre Plamondon part quatre mois en Bolivie à titre de procureur bénévole dans l'affaire d'anciens dirigeants accusés de fraude et de génocide. «J'ai vu tout le tort que peut faire la corruption, dit-il. Tous les dés sont pipés, tu ne peux rien entreprendre, c'est très frustrant.»


Après la Bolivie, le jeune homme part faire son MBA à Oxford, en Grande-Bretagne, pendant un an. Son mémoire de maîtrise porte sur la perte de compétitivité des cabinets d'avocats, dont la rigidité éloigne les avocates. Il y découvre aussi l'entrepreneuriat social.


De retour à Montréal, en 2007, il entre chez Stikeman Elliott. Sa vision du monde a changé : «J'avais un problème face au désengagement des jeunes, explique-t-il. Je me suis dit que, si on ne s'occupe pas de nos affaires, le Québec deviendra comme la Bolivie.»


De cette réflexion naît Génération d'idées, qu'il fonde en 2008 avec Stéphanie Raymond-Bougie et Mélanie Joly, deux avocates.


En 2009, il quitte Stikeman et fait la rencontre de Pascale Pageau, «l'incarnation de ce que j'avais écrit». Mme Pageau avait aussi quitté un grand cabinet d'avocats pour fonder le sien, Delegatus, qui lui permettait de concilier plus facilement vie personnelle et vie professionnelle. Delegatus cadre exactement avec les valeurs de M. St-Pierre Plamondon qui, en janvier 2010, en devient actionnaire à hauteur de 40 %.


«Quand je suis arrivé, Delegatus comptait sept avocats, par rapport à 23 maintenant. Et depuis trois ans, Delegatus connaît une croissance annuelle de 30 %», dit fièrement M. St-Pierre Plamondon, vice-président du cabinet.


Trouver des réponses


Quand il quitte Stikeman, M. St-Pierre Plamondon se lance dans l'écriture de son premier livre, Des jeunes et l'avenir du Québec.


«Génération d'idées ne répondait pas à mes questions», dit-il. Pour trouver des réponses, il fait la tournée de 19 villes du Québec pendant deux mois, ce qui lui permet de rencontrer 500 jeunes qui lui fournissent la matière de son livre. Conclusion : les jeunes se tiennent loin de la politique, parce qu'ils jugent son environnement malsain.


En 2010, il devient chroniqueur à l'émission Bazzo.tv (il l'est toujours). En octobre 2011, Génération d'idées organise l'Opération balai en plantant 260 balais devant le parlement à Québec pour réclamer une enquête publique sur la construction.


«Trois jours plus tard, le gouvernement lançait la première mouture "molle" de la commission Charbonneau», rappelle M. St-Pierre Plamondon. Pour rassembler les Y (20-35 ans), le groupe de réflexion organise deux sommets, en 2010 et en 2011.


«Après trois ans de consultations, il est temps que Génération d'idées passe à l'activisme», affirme-t-il. Ce pas en avant se manifestera en 2013 par la publication d'une dizaine de lettres d'opinion, dans les journaux, et de son deuxième livre, déjà mentionné. «Ensuite, je vais quitter la présidence de Génération d'idées», annonce M. St-Pierre Plamondon, qui dit ne pas savoir où son engagement le mènera.


Une erreur


«Sacrifier sa vie personnelle pour ses idées.»


Le défi


«La patience et la persévérance. Ça prend du temps pour que les choses arrivent.»

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