Savaria de père en fils

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Octobre 2017

Savaria de père en fils

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Octobre 2017

Par Denis Lalonde

Marcel Bourrassa, PDG de Savaria et son fils Sébastien Bourrassa, président de la division chinoise, et vice- président, exploitation, de l’entreprise.

DOSSIER LES 300 PME - À 65 ans, le président et chef de la direction de Savaria, Marcel Bourassa, n'est pas encore prêt pour la retraite, mais lorsque le moment sera venu, il sait qu'il pourra compter sur son fils pour prendre la relève. «Ce ne fut pas un long processus. Le choix s'est imposé par lui-même. Sébastien possède une bonne expérience internationale et connaît tous les rouages de l'entreprise. C'est le candidat naturel pour prendre la relève», dit celui qui est à la tête de l'entreprise depuis qu'il l'a rachetée à Pierre Savaria en 1989.


Sébastien Bourassa, 38 ans, a commencé à travailler chez Savaria en 2002 comme assembleur, à la suite de l'obtention d'un baccalauréat en gestion des opérations aux HEC. Après avoir gravi les échelons dans l'entreprise, il choisit de partir en Chine, de 2009 à 2015, pour fonder une usine à Huizhou, à huit heures de route de Hong Kong. Cette dernière fournit maintenant 58 % des pièces qui entrent dans la fabrication des ascenseurs de Savaria.


Sébastien a profité de son séjour pour terminer un EMBA (maîtrise en administration des affaires pour cadres) à Hong Kong. Son expérience chinoise lui a entre autres permis de travailler en usine, de superviser les ventes et les achats et de participer à la mise en place des installations.


À son retour, il a conservé le titre de président de la division chinoise, tout en ajoutant celui de vice-président, exploitation, de Savaria. Son père, lui, gère davantage la stratégie de croissance par acquisition de l'entreprise. «Ce que Sébastien a fait en Chine lui a donné beaucoup de crédibilité», affirme-t-il.


Marcel Bourassa ajoute que le conseil d'administration, les actionnaires et les analystes qui suivent la société appuient le plan de succession. «Sébastien siège au conseil d'administration depuis juillet et les analystes demandent à lui parler. Depuis quelque temps, on me demandait ce qui arriverait si je n'étais plus là demain matin. Maintenant, ils savent que c'est le gars de 38 ans, qui est mieux équipé que moi, qui prendra la relève, explique-t-il. Il a vécu des expériences différentes des miennes, il est plein de potentiel et il travaille fort.»


«Mon père ne m'a jamais vraiment dit quoi faire. Bien sûr, je le consulte quand j'ai des défis à relever, soutient, de son côté, Sébastien Bourassa, mais j'ai aussi appris avec le temps, en faisant des erreurs.» Le fils aîné peut également compter sur l'aide de sa soeur, Marie-Pierre, 36 ans, directrice des activités de conversion de véhicules, et celle de son frère Alexandre, 33 ans, directeur des ventes pour la Division des ascenseurs. «Comme nous avons chacun notre secteur d'activité, nous ne nous marchons pas sur les pieds», assure-t-il.


«Je me trouve très chanceux. Mes trois enfants sont heureux dans l'entreprise familiale. Sans oublier que j'ai aussi un fils de 10 ans qui pourrait se joindre éventuellement à Savaria dans quelques années, ajoute Marcel Bourassa. Sébastien a un garçon et Marie-Pierre a deux filles... La relève est là.»


Chose certaine, l'actuel PDG a placé la barre haut pour Savaria. En début d'année, il annonçait un plan pour faire doubler les revenus de la société à 500 millions de dollars d'ici 2022. «Pour y parvenir, Savaria devra aller chercher une portion de 100 M $ de revenus supplémentaires en réalisant des acquisitions, et avoir un rythme de croissance organique de 10 % à 12 % par année», a écrit l'analyste Leon Aghazarian, de la Banque Nationale, dans une note récente.


Des objectifs ambitieux que la relève compte bien atteindre. «Si j'abaissais les attentes fixées par mon père, il reviendrait vite !», dit en riant Sébastien Bourassa, en ajoutant que cette croissance ne dépendra pas que de lui. «Savaria compte 800 employés en Chine, au Canada et aux États-Unis, ainsi que de bons gestionnaires dans toutes ses divisions. Toute l'équipe est motivée à atteindre cet objectif.»


L'entreprise offre divers produits pour accroître le confort et la liberté des personnes à mobilité réduite. Elle conçoit notamment des sièges pour escaliers droits et courbes, des plateformes élévatrices verticales et inclinées, ainsi que des ascenseurs résidentiels et commerciaux. La société fait aussi la conversion et l'adaptation de véhicules afin de les rendre accessibles en fauteuil roulant.


En juin, Savaria a acquis l'entreprise américaine Span-America Medical Systems, gagnant ainsi un accès au marché des produits de gestion de la pression et à celui des lits pour les marchés médical et de soins de longue durée.

À suivre dans cette section


image

Usine 4.0

Mercredi 14 mars


image

Objectif Nord

Mardi 24 avril


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 16 mai

Sur le même sujet

Viridis: des résidus qui valent de l'or

16:02 | Fanny Bourel

PME DE LA SEMAINE. Viridis Environnement poursuit sa mission de transformer des matières résiduelles en fertilisants.

Plus optimistes que jamais, les PME québécoises embauchent

Non seulement les chefs d'entreprises sont plus optimistes qu'ailleurs au pays, mais ils le sont plus que jamais.

À la une

Stornoway réglera ses problèmes de bris de diamants en 2018

«C’est notre tâche de l’amener à un niveau acceptable, et c’est l’année pour le faire», dit Matt Manson.

Gildan rationalise pour financer son virage en ligne

Frappé par la crise des détaillants, le roi des t-shirts regroupe deux divisions pour fouetter sa performance.

Classement minier: le Québec remonte au deuxième rang canadien

Le Québec reprend ainsi la place que lui avait ravie l’année précédente le Manitoba.