Deux employés ont repris Construction Lavigne Baril

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Octobre 2017

Deux employés ont repris Construction Lavigne Baril

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Édition du 21 Octobre 2017

François St-Pierre, Yvon Lavigne et Pascal Daneault de Construction Lavigne & Baril

DOSSIER LES 300 PME - Plutôt que de vendre à l’externe, Yvon Lavigne a cédé Construction Lavigne & Baril à deux de ses chargés de projet. Cette transition a exigé quelques ajustements de part et d’autre, mais assure désormais la pérennité de l’entreprise.


Fondée en 1989, l’entreprise de Bécancour Construction Lavigne & Baril inc (CLB Construction) compte une quarantaine d’employés. Elle se spécialise dans les travaux de coffrage et de maintenance de chantiers et bâtiments pour des usines en Mauricie et dans le Centre-du-Québec.


Lorsqu’il commence à songer au transfert de son entreprise, il y a un peu moins de quatre ans, Yvon Lavigne n’envisage que deux options : soit il cède à des employés, soit il met la clé sous la porte et vend ses actifs à l’encan. Il opte finalement pour la deuxième solution. «J’aurais peut-être eu plus d’argent en procédant autrement, mais je voulais assurer la pérennité de l’entreprise en la confiant à des gens que je connais bien», explique Yvon Lavigne.


D’employés à actionnaires


Parmi ses trois chargés de projet, deux se montrent fortement intéressés à racheter l’entreprise. Yvon Lavigne propose donc à François St-Pierre et Pascal Daneault d’acquérir progressivement des actions, en commençant par un bloc de 10 % chacun. En même temps, ils prendront de plus en plus de responsabilités dans la gestion et la direction de l’entreprise.


Voir ses employés devenir actionnaires demande une période d’ajustement pour un patron. «Soudainement, la relation de travail change, confie Yvon Lavigne. Je n’étais plus juste le patron et ils n’étaient plus seulement des employés, nous étions des coactionnaires. Et le pourcentage des actions qu’ils détenaient augmentaient avec le temps. Il y a une vraie transition à faire.»


Un calendrier encadre l’augmentation de leurs parts dans CLB Construction. Mais Yvon Lavigne les prévient : dès qu’ils détiendront à eux deux 40 % des actions, ils auront une décision à prendre.


«Rendu là, soit je conservais le reste de mes actions, soit je les cédais toutes au complet», précise Yvon Lavigne. François St-Pierre et Pascal Daneault décideront finalement de plonger pour de bon dans l’aventure. Depuis le mois de mars 2017, soutenus par la Banque de développement du Canada (BDC), ils possèdent la totalité des actions de l’entreprise.


Transition progressive


La transaction prévoit une balance de paiement de 40 % et accorde à M. Lavigne un droit de regard sur les grosses dépenses de l’entreprise. Il ne tente pas pour autant de continuer de diriger l’entreprise par la bande. Il se voit plutôt comme un mentor, capable d’aider les nouveaux dirigeants dans leur apprentissage du métier de chef d’entreprise.


«Nous faisons des rencontres hebdomadaires pour échanger sur toutes sortes de sujets comme les chantiers, la sécurité ou les relations de travail. Je les conseille, mais ce sont eux qui prennent les décisions au final. Bien sûr, j’ai parfois un vieux réflexe de dire ce qu’on devrait faire, mais je me reprends rapidement ! Ça aussi, c’est un ajustement.»


D’autant plus que les deux nouveaux dirigeants ont leur projet bien à eux, notamment l’informatisation de l’entreprise. Cette dernière fonctionnait principalement avec des documents papiers. Dorénavant, les appels d’offre, les soumissions et autres présentations sont tous sur des supports informatiques.


M. Lavigne note aussi que le renouvellement générationnel ne concerne pas que son entreprise. Plusieurs de ses contacts de longue date, chez les clients et les fournisseurs, vieillissent et quittent eux aussi. «Ils sont remplacés par des plus jeunes, lesquels deviennent les contacts de mes deux repreneurs, raconte Yvon Lavigne. Ils sont dans la trentaine et ont des approches similaires du travail. C’est vraiment tout le réseau qui évolue. Cela montre que j’ai pris la bonne décision : il y a un temps pour arriver et un temps pour partir.»

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