«Chaque jour des gens nous contactent pour investir dans la crypto»

Publié le 10/12/2017 à 11:48

«Chaque jour des gens nous contactent pour investir dans la crypto»

Publié le 10/12/2017 à 11:48

Les investisseurs institutionnels rechignent encore à s'impliquer dans des actifs à la nature juridique imprécise et à la très forte volatilité. La demande reste pourtant «hallucinante».


Le début dimanche des premiers échanges de produits adossés au bitcoin, mais payés en dollar, sur un marché financier ayant pignon sur rue, le Chicago board options exchange (Cboe), apporte à cet égard une touche de légitimité. C'est un grand jour pour le bitcoin.


Alors que les monnaies virtuelles échappent aux codes habituels de la finance. Faut-il les considérer comme une réelle devise, comme une matière première ou comme des start-up? Sur quels critères les évaluer? À quelles réglementations vont-elles êtres soumises?


Malgré ces interrogations, et les nombreux avertissements des autorités de régulation, les crypto-devises attirent de nombreux investisseurs, des adeptes de la technologie aux courtiers à la recherche de rendements élevés.


À l'instar du Dow Jones, l'indice phare de Wall Street qui représente les trente plus grandes entreprises cotées des États-Unis, il existe même un indice reflétant la valeur des trente monnaies virtuelles les plus importantes, développé par la société Crypto Asset Management, le CamCrypto30 Index.


«Le niveau d'intérêt est hallucinant», indique son fondateur Timothy Enneking. «On ne fait pas de marketing et pourtant chaque jour des dizaines de gens nous contactent pour savoir comment investir dans l'espace crypto».


Lire «Aucune preuve de bulle sur le bitcoin»


Il est aussi possible de spéculer à la hausse ou à la baisse sur des places de marché privées, souvent basées en Asie. Aux États-Unis, la plateforme LedgerX a obtenu cet été le feu vert des autorités mais elle reste confidentielle. 


Quelques entreprises offrent aussi une exposition plus ou moins directe aux monnaies virtuelles. Qu'il s'agisse de sociétés uniquement dédiées à l'une d'entre elles, comme Bitcoin Investment Trust (OTC, GBTC), ou de groupes plus classiques comme Nvidia, un fabricant de semi-conducteurs utilisés dans les machines faisant fonctionner la blockchain.


Il est toujours théoriquement possible de «miner» du bitcoin sur le réseau, mais cela requiert des serveurs puissants que seules des entreprises spécialisées ou des personnes s'étant regroupées peuvent gérer.



« Autant apprendre en mettant les mains dans le cambouis »


Fidelity Investment, l'une des premières grandes sociétés américaines à s'être penchée sur le bitcoin il y a environ quatre ans, s'est lancée dans cette activité.


«Mais c'est surtout à titre expérimental», affirme Hadley Stern, responsable de son unité de recherche Fidelity Labs. «Autant apprendre en mettant les mains dans le cambouis qu'en lisant des documents», explique-t-il en soulignant que la société s'intéresse avant tout aux produits émergeant de la blockchain et des cryptodevises.


 Au Canada, l'entreprise HIVE Blockchain Technologies attire beaucoup l'attention. Elle a abandonné les mines d'or pour se concentrer sur le minage de devises numériques et autres services liés à la blockchain. Elle tiendrait d’ailleurs le bon filon puisque son action s’est envolée de 2000%. L’argent institutionnel y coule depuis à flots. Tout ce qui brille est or, non!? Cette histoire de succès s’adresse pourant aux spéculateurs pouvant «tout perdre».


Autre possibilité d'investissement: les levées de fonds en monnaies virtuelles ou ICO (Initial coin offerings). Selon le site spécialisé Coindesk, ce type d'opérations avait, fin novembre, permis de lever au total 3,76 milliards de dollars.


Mais il est difficile dans cette jungle de différencier les opérations frauduleuses des véritables pépites, relèvent plusieurs analystes.


«Malgré tout l'optimisme qui entoure les monnaies virtuelles, un doute tout aussi important plane au-dessus de la grande majorité des ICO», souligne Michael Graham, analyste de Canaccord. 


Lire Ottawa va réglementer les cryptomonnaies


À une récente conférence sur le sujet à New York, «de multiples intervenants ont utilisé des termes comme fraude ou pyramide de Ponzi pour décrire 90% ou plus des ICO», relève-t-il dans une note.


Face à cet univers bouillonnant mais risqué, les investisseurs doivent faire preuve du même discernement que pour leurs activités traditionnelles, estime M. Enneking.


La différence, selon lui, est que «les choses se passent beaucoup plus rapidement, qu'il y a peu de régulation et que c'est un secteur naissant, dont la jeunesse se reflète dans ses infrastructures et ses participants».


 

À suivre dans cette section


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Sécurité alimentaire

Mercredi 06 février


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

Le marché du Bitcoin s'essouffle

30/10/2018 | AFP

Les échanges de bitcoins ont représenté 27,2 milliards de dollars ce mois-ci contre 34 milliards pour octobre 2017.

Un géant de la finance avance ses pions dans les cryptomonnaies

15/10/2018 | AFP

Fidelity Investment est l’une des premières grandes sociétés américaines à s’être penchée sur le bitcoin, il y a 5 ans.

À la une

Uber Canada: une entreprise en croissance

11/12/2018 | Karl Moore

BLOGUE INVITÉ. Rob Khazzam est un bon exemple que l'emploi de rêve peut nous être offert quand on s'y attend le moins.

Décarbonisation de l'économie: des occasions réelles de 704 G$

11/12/2018 | François Normand

Le marché pour décarboniser l'économie mondiale s'élève à 34 000 G$CA, mais cela ne tient pas compte de la concurrence.

Immobilier: Ivanhoé Cambridge et Claridge reconduisent leur partenariat

11/12/2018 | Martin Jolicoeur

Nouvelle enveloppe de 100M$ pour des participations dans des projets immobiliers de Montréal et Québec.