Les grandes surprises que Warren Buffett pourrait nous réserver

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Avril 2018

Les grandes surprises que Warren Buffett pourrait nous réserver

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Édition du 21 Avril 2018

Par Yannick Clérouin et Pierre-Olivier Langevin

Selon nos calculs, le bénéfice net des entreprises à capital fermé détenues par ­Berkshire ­Hathaway augmentera de 18 % ou d’environ 3 G$ ­US dès cette année. [Photo: Berkshire ­Hathaway / Facebook]

Depuis quelques années, notre équipe de gestionnaires assiste à l'assemblée de Berkshire Hathaway (BRK.B, 199,69 $ US) au début de mai. Si de nombreux investisseurs savent bien que l'événement leur réserve habituellement peu de grandes surprises, cette année pourrait faire exception à la règle. C'est que le grand patron du conglomérat de 485 milliards de dollars américains devrait y dévoiler de précieux renseignements au sujet de la réforme fiscale américaine.


Les investisseurs ont eu en février un avant-goût des retombées favorables que la baisse d'impôt aura pour Berkshire. Warren Buffett a en effet expliqué dans sa lettre annuelle aux actionnaires que l'entreprise avait réalisé un gain de 29 G$ US pour l'exercice 2017, grâce à la réforme si chère à Donald Trump.


Ce que les investisseurs connaissent moins, cependant, c'est l'effet précis des baisses d'impôt sur la rentabilité de la soixantaine d'entreprises à capital fermé détenues par Berkshire, au cours des prochaines années. M. Buffett s'est montré avare de détails au sujet des retombées de la réforme fiscale sur ces entités.


Or, ces entreprises devraient grandement bénéficier de la diminution du taux d'imposition, la plupart menant leurs activités principalement aux États-Unis. Par exemple, nous estimons que le taux d'imposition du transporteur ferroviaire BNSF passera de 37 % à environ 23 %.


Faute de renseignements fournis par M. Buffett, nous avons réalisé nos propres estimations afin d'ajuster la valeur intrinsèque du titre avec la plus grande précision possible. Selon nos calculs, le bénéfice net des entreprises à capital fermé détenues par Berkshire augmentera de 18 % ou d'environ 3 G$ US dès cette année.


Toutes les sociétés de Berkshire ne bénéficieront pas de la baisse d'impôt également. Celles qui fournissent de l'électricité, par exemple, devront refiler les économies à leurs clients, leurs activités étant réglementées par l'État.


Reste qu'une majorité d'entre elles en bénéficieront. Nous estimons ainsi que la valeur intrinsèque du titre a augmenté de 12 %, et ce, alors qu'il nous semblait déjà légèrement sous-évalué avant la réforme fiscale.


L'action de Berkshire a grimpé dans la foulée de la réforme, mais a effacé une bonne partie de ces gains récemment. Au cours actuel, le titre ne reflète pas pleinement les gains résultant des baisses d'impôt.


Cela pourrait s'expliquer par le fait que les investisseurs n'ont pas fait le même exercice que nous pour ajuster la valeur du titre. Ils pourraient toutefois refaire leurs calculs après l'assemblée annuelle si M. Buffett distille davantage de renseignements à propos des effets de la réforme fiscale sur sa constellation d'entreprises. Les prochains résultats trimestriels pourraient également créer des surprises positives parmi les investisseurs.


Rachat d'actions en vue ?


Les actionnaires réunis à l'assemblée de mai pourraient également être surpris par le dévoilement d'un programme de rachat d'actions.


Berkshire Hathaway accumule les liquidités à vitesse grand V - elle dispose de plus de 116 G$ US - et, compte tenu de l'absence d'occasions pour déployer ce trésor de guerre dans des conditions gagnantes, M. Buffett pourrait se résoudre à redistribuer son encaisse excédentaire à ses actionnaires sous forme de rachats d'actions ou de dividendes.


Un rachat d'actions est selon nous plus probable, M. Buffett ayant récemment admis qu'il jugeait contraignant l'établissement d'une politique de dividende. Les rachats d'actions sont aussi à ses yeux une meilleure façon de retourner du capital aux actionnaires à long terme qu'un dividende spécial.


L'homme de 87 ans a indiqué dans le passé qu'il considérerait racheter des actions de son conglomérat si le cours descendait à 120 % de sa valeur comptable. Celle-ci se situe à 172 $ US par action de catégorie B. Plus récemment, il a laissé entendre qu'il serait prêt à envisager des rachats à un seuil supérieur à 127 % de la valeur comptable, soit 181 $US, si les liquidités continuaient de s'accumuler.


Peut-être verra-t-il de nouveau ce seuil à la hausse en raison des gains fiscaux. Nul doute, les actionnaires vont le cuisiner sur cette question à l'assemblée.


Évolution de la stratégie de placement


Le troisième élément qui pourrait surprendre les investisseurs porte sur l'évolution de la stratégie de placement.


On ne s'attend pas à ce que M. Buffett et son inséparable partenaire Charlie Munger fassent part de leur intention d'investir à fond dans les titres technologiques.


Le duo pourrait en revanche révéler aux actionnaires qu'ils devront s'attendre à voir la stratégie de placement évoluer, compte tenu de l'ascension de ses lieutenants en vue de la succession. Ajit Jain est désormais responsable de toutes les activités d'assurances, tandis que Greg Abel assure la direction de toutes les autres activités (transport ferroviaire, énergie, construction, etc.).


Charlie et Warren se réservent encore la majeure partie des décisions portant sur l'allocation du capital et les acquisitions, mais ils donnent de plus en plus de responsabilités de gestion de portefeuille à deux autres dauphins, Ted Weschler et Todd Combs.


Ces gestionnaires ont un bagage différent de celui de MM. Buffett et Munger, et ont probablement des opinions différentes à propos de certains placements de longue date. MM. Combs et Weschler pourraient par exemple inciter M. Buffett à réduire sa participation dans un des piliers du portefeuille, Coca-Cola (KO, 43,51 $ US), qui se trouve au même niveau qu'il y a 20 ans.


Quelles seront alors les conséquences fiscales liées à l'évolution du portefeuille ? Voilà une autre question qui pourrait être abordée.


Étant donné la difficulté des deux grands investisseurs à dénicher des entreprises qui se vendent à des prix raisonnables, les plus importantes transactions à venir pourraient avoir lieu dans le portefeuille d'actions de Berkshire. La baisse du taux d'impôt, qui a pour effet de réduire la charge fiscale liée à la vente d'un titre ou à la diminution d'une participation qui présente un gain non réalisé important, donne d'ailleurs davantage de latitude à M. Buffett pour réaménager le portefeuille de son conglomérat.


Divulgation : les clients et les associés de MEDICI possèdent des actions de Berkshire Hathaway.


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