Jean-Guy Desjardins vend de la main gauche, achète de la droite

Publié le 10/11/2016 à 12:28

Jean-Guy Desjardins vend de la main gauche, achète de la droite

Publié le 10/11/2016 à 12:28

Par Dominique Beauchamp

L’ambitieux gestionnaire de portefeuille Corporation Fiera Capital(Tor., FSZ, 11,90 $) acquiert le gestionnaire local de prêts privés Centria Commerce pour 33 millions de dollars.


La transaction étalée sur trois ans pourrait faire sourciller certains actionnaires puisque Centria appartient à la hauteur de 80% à Jean-Guy Desjardins, président du conseil et chef de la direction de Fiera. L’ex-président de Bell Canada, Jean Monty, administrateur de Fiera, détient l’autre 20%.


Autre lien apparenté, la quasi-totalité des fonds investis par Centria dans le cadre de ses activités de prêts privés et près de la totalité de son actif en gestion de 325 millions de dollars proviennent … des clients de Fiera.


Puisque Fiera émettra 1,9 millions d’actions de catégorie A à droits de vote subalterne pour financer la première tranche de 21M$ de la transaction, Jean-Guy Desjardins se retrouvera avec 1,55 million ou 2,6% des actions de catégorie A. Si le fondateur et PDG convertissait la totalité des 7,2 millions d’actions de catégorie B qu’il détient déjà dans Fiera Capital en actions de catégorie A, il deviendrait propriétaire de 10,9% de l’ensemble des actions, apprend-on aussi dans le communiqué.


Un comité indépendant du conseil d’administration, formé pour étudier la transaction, a conclu que l’acquisition était dans l’intérêt de Fiera Capital et qu’elle était équitable pour les actionnaires.


En conséquence, le comité a dispensé les parties des obligations d’évaluation officielle et du processus d’approbation des porteurs minoritaires de Fiera.


Sur le plan strict des affaires, Scott Chan, de Canaccord Genuity, voit cette dernière acquisition de bon œil parce que la gestion des prêts privés est un créneau à forte croissance des placements alternatifs, un segment de marché de plus en plus en demande de la part des investisseurs fortunés et institutionnels qui cherchent des rendements distincts de ceux que procurent les placements traditionnels que sont la Bourse et les obligations.


Fiera est dans une sorte de course contre la montre pour faire croître son actif en gestion et ses honoraires à un moment où les capitaux quittent de plus en plus les fonds traditionnels.


Les placements alternatifs, avec leur popularité et leurs honoraires plus élevés, revêtent donc une double valeur stratégique pour le gestionnaire qui veut doubler son actif à 200 milliards de dollars d’ici quatre ans.


Les résultats du troisième trimestre ont aussi plu à M. Chan puisque le bénéfice d’exploitation ajusté de 25,9 millions de dollars et le bénéfice ajusté par action de 0,23$ ont répondu aux attentes, malgré le retrait de 1,4 milliard de dollars de ses fonds communs de placements offerts aux particuliers.


«Avec une marge d’exploitation de 32%, l’entreprise se rapproche celle de 35% à moyen terme. L’atteinte de son objectif de 40% à long terme dépendra de l’adoption de ses produits alternatifs et du potentiel encore inexploité de sa plateforme américaine», explique M. Chan.


Si les achats en série nourrissent la croissance, l’analyste aimerait tout de même voir l’entreprise réaliser plus de ventes croisées entre ses différentes plateformes et surtout démontrer une progresson des ventes internes plus régulières.


Si Fiera montrait plus de constance, son titre obtiendrait une évaluation plus élevée en Bourse, croit-il.


Avant la téléconférence trimestrielle, M. Chan maintient son cours cible d’un an de 16$ et sa recommandation d’achat.


 


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