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Vézina : L'élection Orange Crush, un désastre pour le Québec

René Vézina . 03-05-2011 (modifié le 03-05-2011 à 15:52)

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Pour reprendre un vieux slogan électoral, le Québec ne parlera pas fort à la suite des élections d’hier. En fait, c’est ni plus ni moins qu’un désastre.


Pas tant à cause de la débâcle qui vient de frapper le Bloc, anéanti, mais bien parce qu’il est virtuellement absent du premier gouvernement majoritaire en cinq ans. La poignée de députés conservateurs du Québec (6, au dernier décompte) ne pèsera pas lourd. Pour y trouver des ministres significatifs, il faudra faire des aménagements/acrobaties. Peut-être Maxime Bernier comme ministre des Anciens combattants…


C’est un sérieux revers. Pour une première fois, un gouvernement majoritaire est élu sans présence réelle au Québec.


Qui va maintenant défendre nos intérêts ? Qui va faire valoir nos dossiers clés ? Qui va parler pour nous ? Le règlement sur l’harmonisation des taxes de vente, qui vaut des milliards de dollars pour le Québec, devient plus incertain. Et il y a plein d’autres questions, l’appui financier à Terre-Neuve pour son lien électrique sous-marin, des infrastructures à financer (et je ne parle pas du Colisée)… tant de projets en jeu et personne pour monter aux barricades. Stephen Harper peut gouverner sans le Québec et il n’a même pas à nous courtiser. Nous venons de lui offrir béatement la preuve qu’il n’a pas besoin de nous pour s'imposer.


Et les néophytes représentants néo démocrates ? Ils ont beau être bien intentionnés, leur vague ne nous mènera pas bien loin. Oh, il y a aura des discours enflammés et des maladresses touchantes, mais ça va nous donner quoi ? Au moins, le programme du Bloc était clair. Quel est celui du NPD ? Pensez-vous vraiment que la députation québécoise orange va modifier les orientations du parti, traditionnellement centralisateur, avec un regard pan canadien (et le même appui déclaré à Terre-Neuve ) ? Et un fourre-tout d’idées dans tous les sens ? Il suffit d’un chef à l’air débonnaire pour que le Québec enferme son destin et se taise pour (au moins) les quatre prochaine années ?


C'est plate, mais ce matin, l’Orange Crush québécois a mauvais goût.

84 commentaires

LCamirand le 06-05-2011

@Sergi: Morderire a tout à fait raison concernant le terme existentiel. Existentiel est un terme qui origine des sciences philosophiques qui est entré dans la langue en 1907, bien avant l'élaboration de la thèse existentialiste. Existentiel: Relatif à l'existence en tant que réalité vécue. Ç'est le meilleur terme qui exprime ce que je veut dire: du fait même que l'on EXISTE en tant que peuple distinct, avec une culture distincte, nous nous devons de chercher à nous réaliser au meilleur de nos possibilités. Mais je suis 100% d'accord avec toi, avec ton exemple de VP, sur le fait que ça doit d'abord commencer par nous même, tous et chacun d'entre nous. Nous avons du chemin à faire, des obstacles à surmonter. L'élite, ceux qui possèdent les connaissances, et les moyens financiers etc. doivent montrer l'exemple et inspirer nos compatriotes à évoluer. On a deux cent cinquante ans de dépendance, et aussi avoue-le, d'exploitation parfois, à surmonter. La question est de savoir si tu es des nôtres, et est tu prêt à faire ce cheminement, idéaliste peut-être, mais essentiel. Nous le devons aussi à nos familles, à nos ancêtres qui ont bâti ce pays à la sueur de leur front, et à nos enfants. Toutefois, j'ai un gros, gros problème avec ceux qui disent que pour avoir un pays, il faudrait que toute leur liste de conditions soit remplie, sinon on en mérite pas. Premièrement, selon cette logique, seuls les gens, les peuples disons "parfaits", si ça existe, mériteraient d'avoir un pays..c'est absurde. Deuxièmement, je demande de réfléchir à ceci: "Et si le contexte actuel empêcherait ou nuirait justement à l'atteinte de plusieurs objectifs de vos listes?" En d'autres termes, on peut se demander si on perd notre temps dans cette fédération. Enfin, quels sont les risques de rester assis à attendre pendant que les forces centralisatrices quasi irrépressibles concentrent les pouvoirs à Ottawa, achevant lentement de miner le peu d'autonomie qui reste à notre province. Le NPD ne sera pas différent en cette matière. Continuons à travailler tous pour améliorer notre sort, celui de notre famille, celui de notre patrie. Oui, la patrie, si ça veut dire encore quelque chose dans ce monde cynique et individualiste à l'extrême. Merci.

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