image

Vézina : ça brasse sur les retraites et ça va brasser

René Vézina . 21-06-2011 (modifié le 22-06-2011 à 09:57)

  • LinkedIn
chapeau

Blogue.


Le déficit de la caisse de retraite d’Air Canada atteint 2 milliards $. La question s’est retrouvée au cœur du conflit de travail avec les employés au sol qui s’est dénoué un extremis par ce qui sera probablement une clause grand-père (après arbitrage) : les salariés actuels vont garder leur régime à prestations déterminées, les nouveaux passeront à la formule des contributions déterminées.


Même empoignade chez Postes Canada, où le trou est encore plus profond, à 3,2 milliards $. Pas de règlement en vue aux Postes et l’accrochage se prolonge.


Via Rail a évité la grève mais pas le déficit de sa caisse, à 150 millions $ (et non pas 1,6 miliard comme je l'avais précédemment évoqué)


Partout, dans les grandes entreprises, avoir un passé signifie presqu’inévitablement avoir une déficit dans sa caisse de retraite.


Via Rail compte 3 000 salariés… et 3 000 retraités. Les chiffres sont encore plus gros chez Air Canada Mais WestJet n’en a pas, de déficit. L’entreprise est toute jeune. Pareil chez Porter.


C’est pourquoi les discussions portent et vont porter encore davantage sur  ces prestations garanties qui pèsent lourd sur l’avenir de ces entreprises qui vont devoir tôt ou tard renflouer la caisse, et qui ont jeté la serviette. Plus question de rêver à des rendements miraculeux qui viendraient rééquilibrer le régime. La seule façon de colmater la brèche, c’est de modifier la formule et de limiter les dommages à venir. De là ces volontés de changer le concept et migrer des prestations déterminées aux contributions déterminées. Évidemment...

18 commentaires

max_bouc le 22-06-2011

Je crois qu'il faire attention avec les chiffres des déficits des régimes de retraite. Les chiffres de 2 milliards pour air canada et 3,2 milliards pour postes canada concernent les déficits de solvabilité et non les déficits de continuité. Déficit de solvabilité = si le régime est liquidé à une date X et que chaque employé doit recevoir sa juste part, la caisse de retraite doit être pleinement capitalisée. Déficit de continuité = si le régime est maintenu il doit être en mesure d'assurer les prestations courantes tout en continuant son accumulation pour les futurs retraités. Les déficits de solvabilité sont moins graves si l'entreprise est assurée de continuer à exercer ses activités, comme dans la fonction publique. Ce chiffre n'est donc pas réellement important. Il l'est par contre pour les entreprises privées susceptibles de faire faillite, auquel cas les employés mis à pied ne veulent surtout pas se ramasser avec des peanuts. Le surplus ou déficit de continuité est la mesure la plus importante à considérer, et si on regarde ces chiffres, ils sont bcp moins inquiétants. Les compagnies et les médias aiment bien utiliser les pires chiffres (déficit de solvabilité) pour faire croire que les régimes de retraite à prestations déterminées sont sur le bord de la catastrophe. Ça les sert dans leur intention de les faire disparaître au profit des régimes à cotisations déterminées, où le risque est transféré de l'employeur à l'employé. Je ne nie pas par contre que dans les entreprises où la base des cotiants diminue et où la base des retraités augmente, la situation à long terme ne peut que se détériorer. La seule solution pour maintenir de tels régimes est d'avoir une base de cotisants en constante croissance. Or, ce n'est pas ce que l'on voit avec les coupures de postes de plus en plus nombreuses dans les différents secteurs au nom des gains de productivité. Il n'y a rien de facile dans cette vie !

Tous les commentaires >