L'avenir appartient-il aux travailleurs non-traditionnels?

Publié le 12/04/2017 à 06:06

L'avenir appartient-il aux travailleurs non-traditionnels?

Publié le 12/04/2017 à 06:06

Il va vite falloir apprendre à travailler autrement... Photo: DR

Le monde du travail est en pleine métamorphose au Canada, et le processus devrait s'accélérer durant la prochaine décennie, selon l'étude Effectifs 2025 du cabinet-conseil en ressources humaines Randstad. C'est que les travailleurs non-traditionnels – contractuels, consultants, autonomes, pigistes,... – semblent appelés à devenir de plus en plus prisés des employeurs.


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D'ores et déjà, les travailleurs non-traditionnels occupent une part conséquente des emplois de certains secteurs d'activités :


– 19,3% des emplois dans les technologies de l'information (TI);


– 11,1% des emplois en ingénierie;


– 10,5% des emplois en soutien administratif;


– 9,6% des emplois en vente et développement des affaires;


– 9,2% des emplois en finance et comptabilité;


– 8,1% des emplois en ressources humaines.


Par ailleurs, près de la moitié des entreprises canadiennes se disent engagées à se doter d'un «effectif variable» au cours des cinq prochaines années. Et la majorité d'entre elles (85%) estiment que d'ici 2025 leur intérêt pour un bassin d'employés non-traditionnels aura «considérablement augmenté».


Du coup, les experts de Randstad considèrent qu'en 2025 :


– 35% des employés non-traditionnels seront contractuel, autonome ou consultant;


– 32%, télétravailleur ou travailleur virtuel;


– 25%, consultant à temps partiel.


Pourquoi un tel engouement auprès des employeurs? Il se trouve que ces travailleurs-là présentent 5 principaux attributs qui les séduisent particulièrement :


1. Compétences et connaissances (26%)


2. Disponibilité (20%)


3. Horaires flexibles et mandats à durée déterminée (18%)


4. Capacité d'adaptation rapide (15%)


5. Expérience (11%)


À cela s'ajoute des avantages intangibles, comme «leur capacité à travailler avec différents styles de gestion», «leur facilité à s'intégrer dans des équipes existantes» et «leur capacité à travailler avec un minimum de supervision».


Ce n'est pas tout. Nombre d'employeurs y voient également un intérêt purement économique :


– 24% des employeurs considèrent que cela peut entraîner une réduction de leurs coûts en main-d'oeuvre;


– 21%, une amélioration de la performance globale de leur entreprise.


Cela étant, d'autres employeurs freinent des quatre fers à la simple idée de recourir à des travailleurs non-traditionnels. Et ce, surtout en raison du fait qu'ils présument que le coût d'embauche de ces travailleurs sera trop élevé et que leur loyauté envers eux ne sera pas au rendez-vous. À noter un autre type d'inquiétude récurrent : le risque que les travailleurs non-traditionnels ne comprennent pas bien la culture d'entreprise.


Autant d'inquiétudes vite envolées à l'usage, si l'on en croit ceux qui recourent aux services des travailleurs non-traditionnels :


– 36% trouvent qu'ils sont ainsi mieux outillés pour répondre aux fluctuations de la demande et aux nouveaux besoins des clients;


– 34%, qu'ils élargissent ainsi l'éventail de talents et de compétences spécialisées, ce qui leur permet d'innover ou encore de remplir de nouvelles missions;


– 32%, qu'ils sont ainsi en mesure d'engager des talents spécialisés auxquels ils n'auraient pas accès autrement.


«L'influence grandissante de la génération Y, avec les valeurs qui lui sont propres, modifie indubitablement la manière dont les employeurs voient le recrutement. La volonté des jeunes Canadiens de préférer les modèles de travail non classiques au traditionnel 9@5 est d'ores et déjà en train de changer la donne. À tel point qu'en 2025 les effectifs ne ressembleront plus à ceux qu'on connaît aujourd'hui», dit Marc-Étienne Julien, chef de la direction, de Randstad Canada.


C'est clair, nous n'avons pas fini d'entendre parler d'agilité en matière d'emploi. Et de ses synonymes : souplesse, adaptation, etc.


Chacun va, donc, devoir apprendre à oeuvrer au sein d'équipes multiformes, aux styles de management variables. Et surtout, trouver le moyen, ce faisant, de s'épanouir sur les plans professionnel et personnel. Sans quoi l'agilité forcée risquerait de vite tourner à la torture...


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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