Réveiller le marché

Offert par Les Affaires


Édition du 09 Avril 2016

Réveiller le marché

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Édition du 09 Avril 2016

[Photo : Shutterstock]

Les bourgeons s'ouvrent à peine que, déjà, les pancartes fleurissent devant les maisons. Le paysage sort de sa torpeur hivernale. Mais le marché de l'immobilier, lui, semble encore gelé. Catatonique, vous dirait notre journaliste Matthieu Charest, qui signe cette semaine un état des lieux de l'immobilier résidentiel au Québec.


Si la relative apathie du marché représente un défi pour l'investisseur, elle stimule des entrepreneurs. Comment rendre le marché plus fluide ? C'est le problème auquel s'attaque la start-up américaine Opendoor. Fondée il y a 18 mois et déjà dotée de 30 millions de dollars américains de capital de risque, l'entreprise promet aux vendeurs d'acheter leur propriété au meilleur prix dans un délai de trois jours et de la revendre ensuite. Du calme ! L'offre est limitée à Phoenix et Dallas pour le moment... La clé du modèle d'Opendoor, c'est son algorithme : il tient compte des transactions comparables, mais aussi des commerces et des écoles du quartier, ainsi que du profil socioéconomique de ses habitants. Résultat : une offre d'achat «à la pleine valeur du marché», dixit l'entreprise.


Une autre start-up américaine va encore plus loin. SmartZip s'adresse aux courtiers, à qui elle promet de cibler les propriétaires sur le point de décider de vendre leur bien. L'entreprise dit croiser l'âge de la maison avec l'âge des enfants ou la date de la fin du remboursement du prêt hypothécaire afin de dénicher les vendeurs qui s'ignorent.


Avec l'éclosion de ces entreprises, l'immobilier basculera-t-il à son tour dans l'uberisation ? Pas sûr, car les courtiers n'entendent pas se laisser distancer. Aux États-Unis, la National Association of Realtors consacrera 12 M$ US sur trois ans au développement d'une base de données unifiée d'informations immobilières. Certains courtiers prennent aussi le taureau par les cornes avec des initiatives personnelles. Parlez-en au Montréalais Yury Shupilov. Affilié au Groupe Élite Canada et fondateur du site immobilier Shupilov.com, il a été un courtier comme les autres pendant trois ans. Puis, en 2015, il a accéléré la machine grâce au Web. Il investit pour suivre ses clients potentiels sur Facebook et utilise aussi (un peu) Instagram. Mais il se sert surtout d'une version automatisée du bon vieux Rolodex. «C'est le suivi mensuel avec nos clients privés qui fonctionne le mieux, m'a-t-il expliqué. On accroît notre base de données avec chaque contact client, chaque conversion. On leur envoie automatiquement par courriel nos nouveautés qui pourraient les intéresser.»


Personnaliser son offre grâce au big data pour réveiller le marché. Pas mal comme idée. Au Québec, en 2015, le délai de vente moyen d'une maison individuelle aura été de 117 jours.


Julie Cailliau 
Chef de publication 
Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc


Suivez Julie Cailliau sur Twitter @julie140c

À propos de ce blogue

Julie Cailliau est éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, dont l’équipe de journalistes chevronnés publie le journal Les Affaires, le site lesaffaires.com et le magazine Les Affaires Plus. Elle est également présidente du conseil d’administration de la Fondation des prix pour les médias canadiens. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, Julie a pratiqué le métier de journaliste au sein de plusieurs publications françaises et québécoises. Dans une vie précédente, elle a œuvré à titre d’ingénieure en biotechnologies. Son « why », c’est d’apprendre et d’informer afin de nous permettre de faire les bons choix. La prise de conscience de l’urgence environnementale et l’émergence de l’entrepreneuriat social comptent pour elle parmi les tendances les plus réjouissantes actuellement.

Julie Cailliau

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