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Mauvaise journée pour les pirates

Jean-François Codère . les affaires.com . 20-01-2012 (modifié le 20-01-2012 à 09:22)

Tags : Cinéma, Justice

BLOGUE. Il y a de ces journées où le hasard fait bien les choses, même si ce n'est peut-être pas tout à fait le hasard.


Quelques heures à peine après avoir écrit que j'étais d'accord avec les principes de base derrière les projets de loi SOPA et PROTECT IP (mais pas avec la méthode), voilà que la justice américaine attaque l'un des sites de téléchargements illégaux les plus populaires, MegaUpload.


Non seulement ce site facilitait-il le piratage de musique, de films et de logiciels, dont des jeux vidéo, il poussait l'audace jusqu'à offrir une certaine rémunération aux pirates les plus productifs.


J'écrivais mercredi:


« Il existe une forte communauté d'influenceurs en ligne qui s'oppose systématiquement à toute forme de contrôle du véritable problème qu'est le piratage. Leurs arguments sont connus: la liberté d'expression, la créativité et même l'entrepreneuriat. Ce sont des valeurs nobles auxquelles il est difficile de s'opposer. C'est malheureusement vrai même quand elles sont usurpées. »


J'oubliais de préciser à quel point je trouve leurs méthodes hypocrites. On en a eu une belle démonstration jeudi. Quelques heures à peine, voire quelques minutes, après que le département américain de la Justice ait révélé l'information concernant MegaUpload, son site Internet a été pris d'assaut par un acte de piratage de bas niveau, une attaque de déni de service. D'autres sites aussi, notamment ceux des organismes représentant l'industrie de la musique (RIAA) et du cinéma (MPAA).


Le groupe derrière ces attaques a pour nom Anonymous. S'il faut en croire Wikipedia, le groupe est actif depuis quelques années déjà. Il a commencé par des gestes d'éclat de nature plus politique.


Mais on en a surtout entendu parler à compter de 2008 pour ses attaques à l'endroit de l'Église de scientologie. Puis, peut-être motivé par cette nouvelle popularité, Anonymous a commencé à multiplier ses attaques, puis à épouser des causes pas toujours glorieuses.


L'attaque de jeudi est probablement le point culminant de l'hypocrisie pour Anonymous, qui a agi comme un enfant à qui on viendrait de retirer ses bonbons.


J'attends encore de lire un argument valable pour défendre MegaUpload. Celui qui revient le plus souvent ressemble à: « Et les fichiers légaux, eux? »


Vous voulez dire les deux ou trois d'entre eux cachés quelque part? Ceux-là?


Désolé de retirer subitement les bons principes dans lesquels vous vous drapez et de vous laisser ainsi exposés, mais MegaUpload n'est pas devenu l'un des sites les plus populaires de la planète — il a atteint le 13e rang à un certain moment selon ses accusateurs — et n'a pas commencé à occuper une portion importante du trafic sur les réseaux d'entreprise en offrant des chansons de « pauvres-artistes-qui-veulent-se-faire-connaître » et des documentaires publics hongrois.


L'essentiel des fichiers échangés via MegaUpload étaient illégaux. Si vous étiez l'un des rares à utiliser le site légalement, il y a d'autres services qui se feront plaisir de vous accueillir. Je vous en suggère un, Dropbox. Ce n’est rien de moins qu'un incontournable dans mon organisation personnelle de l'information et je vous le recommande sans hésiter.


Pour les autres, je vous prie d'assumer pour une fois que ce que vous faites est illégal. Que ça vous plaise de le faire, soit, mais par pitié, cessez de vous lamenter et d'invoquer de beaux principes quand la police débarque.

4 commentaires

YBertrand le 21-01-2012

Bonjour. @mosieur mrvkino. Merci pour votre petit cours 101 mais ce que vous écrivez ne m'apprend rien. Je m'apercois cependant que vous mêlez tout. "DropBox détient des droits de diffusion internet qui lui est propre (de 199.47.216.0 à 199.47.219.255) n'indique aucunement que les IP ou DNS ne sont pas en sol américain, je ne vois pas où vous avez été cherché cette histoire. J'indique cependant qu'il détient son propre droit de diffusion (direct assignment) comme un ISP Puisque la plage de DNS lui est attribuée comme "direct assignment" il est donc son propre ISP. En ce qui concerne les poursuites vous ne pourrez les obtenir qu'en écrivant au greffe fédéral américain car l'inscription d'une procédure au rôle n'est pas publique, seule la décision suite à la poursuite, le deviendra. En ce qui a trait au Phellan Building, c'est un immeuble qui a été construit au début des annés 1900, époque où le premier plancher s'appelait "Main floor" ou "rez-de-chaussée". L'étage supérieure est le premier étage. Les immeubles construit depuis 1970 (vers) ont renommé le "rez-de-chaussée" pour "premier étage" pour les nouveaux immeubles, de là, la confusion. L'immeuble a donc 11 étages dont un "rez-de-chaussée" et 10 étages numéroté de 1 à 10. Le site que vous proposez vous donne plusieurs photographies, il n'est pas difficile de les comptés. Le rez-de-chaussé servait d'étage "glamour" et prestige. Ces immenses "lobbies" dont plusieurs ont de 3 à 5 étages aujourd'hui en sont de très bon exemple, cependant l'étage au dessus des lobbies doivent porter le numéro correspondant aux nombre d'étages que constituent le "lobby". En ce qui concerne les serveurs sur les Iles, je ne parle pas des Iles qui servent de paradis fiscaux mais bien d'une ile déserte ou presque ou il n'y a pas d'électricité, pourriez vous me dire comment cette entité peut faire fonctionner les serveurs sans électricité, à moins qu'il s'agit de serveur au gaz naturel. Enfin il n'y a aucune contradiction entre le fait que je sois contre SOPA et pour une législation sur l'utilisation d'internet par les ISP car SOPA (vous le dites d'ailleurs avec beaucoup d'à propos) veut passer une législation qui ne demanderait aucune forme de surveillance de l'appareil judiciaire et faire ce qu'ils veulent quand ils le veulent sans aucune autorisation, en fait SOPA est une loi de chèque en blanc. Ce que je propose serait bien entendue sous législation et donc sous la protection du système judiciaire. A ce que je comprend Dropbox n'est pas un P2P mais bien un service d'informatique en nuage. Je ne vois donc pas pourquoi monsieur Codère l'a indiqué dans un blogue qui parlait de P2P seulement car c'est sur cette prémice que j'ai écrit partie de mon texte. Pour ce qui est de Mark Monitor, nous repasserons, cette entreprise est un "vendeur d'adresses" (domains names) et est la seule que je connaisse qui cache les coordonnées de ses clients. Mark Monitor est (selon ma mémoire) mise en cause une ou deux poursuites. Il y a bien GoDaddy mais ils fournissent leur propre service de "whois". Zendesk contrôle le site http://www.emailaddressprotection.com qui précise que "At our customer's request, this system is acting as a proxy for email sent to addresses published in the whois database. This system attempts to reduce the effectiveness of automated whois database harvesting systems. Please note that this system is only enabled upon customer request. Our whois server's default behavior is to supply full contact information to the requesting party". Voici donc la réalité de Mark Monitor et Zendesk. Hormis les voeux pieux de ces deux entreprises, lorsque l'on fouille un peu plus, on s'apperçoit qu'il y a une différence entre ce qu'ils disent et leurs réelles intentions. Zendesk a fait l'acquisition de de Rackspace pour obtenir sa plage de DNS, compagnie qui opère sous la plateforme d'informatique en nuage. www.rackspace.com. Une autre compagnie qui s'auto censure. Merci et bonne journée.

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