Élections Québec 2012: Avant d’aller voter…

Publié le 30/08/2012 à 17:30, mis à jour le 30/08/2012 à 17:46

Élections Québec 2012: Avant d’aller voter…

Publié le 30/08/2012 à 17:30, mis à jour le 30/08/2012 à 17:46

Pour ma dernière contribution au blogue électoral du site du journal Les Affaires, je voudrais, bien modestement, vous inviter à réfléchir à un certain nombre de questions avant de vous rendre voter, le 4 septembre ?


Dans le contexte actuel de crise économique mondiale, doublée d’une crise écologique qui prend de plus en plus d’ampleur, peut-on sérieusement penser poursuivre dans le modèle économique actuel ?


Qu’est-ce qui est préférable pour les générations à venir et qui est le plus susceptible de contribuer à la lutte internationale contre les gaz à effet de serre et les changements climatiques? Poursuivre notre dépendance actuelle au pétrole, en en important pour 18 milliards $ par année et en y contribuant nous-mêmes, en permettant son exploration et son exploitation en Gaspésie ou dans le Golfe Saint-Laurent ? Ne faut-il pas plutôt tourner résolument le dos au pétrole et aux autres énergies fossiles, pour opter pour une économie verte basée sur le développement à large échelle du transport collectif électrique et sur des programmes ambitieux d’économies d’énergies ?


Comment s’assurer que nos ressources naturelles soient exploitées dans le respect de l’environnement, des communautés locales et des droits des peuples autochtones, tout en profitant à l’ensemble de la population ? En ouvrant le Nord du Québec aux compagnies, étrangères pour une grande partie, qui videront le Québec de ses ressources, sans même assurer leur deuxième et troisième transformation ici et ne versant que de bien maigres redevances aux finances publiques ? Le meilleur moyen d’exercer un réel contrôle de nos ressources n’est-il pas d’en être nous-mêmes les propriétaires ?


Comment créer des emplois durables et protéger l’argent de nos retraites versé dans la Caisse de dépôt et de placement? En optant pour l’économie casino et des placements risqués qui, au nom du rendement maximal, ont mené à la perte de 40 milliards $ en 2008 ? Pourquoi ne pas faire une plus grande place à des placements à long terme dans des coopératives et autres formes d’entreprises collectives qui traversent mieux les secousses économiques et qui sont porteuses d’autres préoccupations comme le respect de l’environnement ou l’achat local ?


Comment financer les services publics ? Par des tarifications et des taxations régressives comme le taxe santé, la hausse des droits de scolarité et l’éventuelle augmentation des tarifs d’électricité ? N’est-il pas beaucoup plus juste d’aller vers une fiscalité plus équitable, par exemple en ajoutant des paliers d’imposition pour les contribuables dont le revenu individuel dépasse 100 000 $ et surtout 150 000 $ par année?


Qu’est-ce qui coûte le plus cher à l’État. Laisser s’aggraver les problèmes de pauvreté, de logement et d’itinérance, avec toutes les conséquences qu’ils ont sur la santé des personnes et sur bien d’autres phénomènes (délinquance, décrochage scolaire, criminalité, etc.) ? Ne serait-il pas plus adéquat de s’y attaquer résolument, par la mise sur pied d’un revenu minimum garanti et par l’augmentation majeure du nombre de logements sociaux, deux mesures qui auraient de surcroît des retombées économiques majeures, entre autres sur l’économie de proximité ?


Est-ce que notre appartenance à la Confédération canadienne permet au Québec de disposer de tous les instruments nécessaires non seulement à la protection de sa langue et de sa culture et à son plein épanouissement comme peuple différent en Amérique du Nord, mais aussi à tous les changements qui s’imposent aux plans économique, social ou politique ? Pourquoi ne pas convier toute la population québécoise à un vaste débat démocratique lui permettant de trancher à la fois sur l’avenir politique du Québec et sur les grands contours du pays à bâtir (grandes valeurs, institutions démocratiques, place des citoyennes et des citoyens, des communautés, des régions, etc.) ?


Pourquoi ne pas voter différemment, le 4 septembre ? Pourquoi ne pas le faire avec son esprit, mais aussi avec son cœur ?


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LesAffaires.com offre une tribune à chaque parti politique pour faire connaître leur vision économique. François Saillant représente Québec solidaire. Il est candidat dans Rosemont. Il agit depuis 33 ans comme coordonnateur et porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un regroupement de défense des droits des locataires et de promotion du logement social. Au cours des dernières années, il a aussi été un des porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.


 

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