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En attendant la prochaine marée

François Barrière . les affaires.com . 19-10-2011

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BLOGUE. Après tous les commentaires sur la quasi-faillite de la Grèce dans les derniers mois ainsi que les soubresauts que cette possibilité a apportée aux marchés financiers, on pourrait s’étonner que ce soit le calme plat depuis une dizaine de jours, en particulier depuis que la Slovaquie a finalement paraphé l’entente du 21 juillet sur le EFSF (European Financial Stability Facility).


Pourtant, depuis maintenant bientôt deux ans que la problématique des dettes souveraines est sur le devant de l’actualité, il faut être lucide et bien voir que la situation ne s’améliore pas, au contraire.


La marée se promène d’un côté à l’autre de l’Atlantique, montrant au passage la nudité du paysage budgétaire américain ou celui de l’Europe et à chaque occasion c’est de plus en plus difficile à regarder.


Que l’Union européenne ait réussi à faire signer ses 17 membres – contents ou pas de le faire – n’est qu’une étape de plus vers le mal de mer financier qui attend ce groupe politique. Que le fonds (EFSF) soit augmenté à 2000 milliards d’euros au lieu des 440 milliards initiaux n’est qu’une grosse bouée de sauvetage lancée dans une mer rendue trop houleuse par l’incapacité d’accepter qu’il faille tracer un trait clair et net sur certaines frontières. Le privé qui avait accepté de perdre 21% sur leur investissement grec et qui va probablement devoir y aller pour le double dans le nouveau scénario y pensera deux fois avant de revenir sur cette plage.


La décision de Moody’s cette semaine de revoir la dette française, une des 17 dernières à obtenir la note ultime de AAA, est un bon exemple de ce qui attend les trois ou quatre pays encore disciplinés et qui veulent absolument jouer les sauveurs de l’union. À vouloir sauver la Grèce, le système bancaire (en commençant par Dexia) et tous les autres qui vont surgir dans les prochaines semaines, la machine à imprimer des Euros va surchauffer. Mais on ne fait pas faillite à perdre son AAA, les États-Unis et beaucoup d’autres pays avant l’ont prouvé. Le coq chante moins fort sa suprématie, mais n’en meurt pas.


Ce n’est pas de perdre le AAA qui soit le pire, mais bien ce qui suit. C’est cette tape sur les doigts qui oblige à redresser sa stature et ses finances. Dans un environnement économique instable, que les gouvernements n’aient plus le choix de réduire les dépenses ou d’augmenter les taxes ne sera pas une sinécure. Et avec des élections en France (2012) aux États-Unis (2012) et en Allemagne (2013) sur l’agenda économique, il faudra surveiller la montée d’un fauteur de trouble en mal de populisme.

6 commentaires

YBertrand le 29-10-2011

Bonjour. @monsieur pbrasseur. La dette de l'Union Européenne est à 9.8 trilliards d'Euro pour une population de près de 500 millions d'habitants alors que la dette des USA est de 14.2 trilliards USD pour une population de 320 millions d'habitants. Vous indiquez que le potentiel de croissance est supérieur aux USA et ne comprends pas sur quelles bases vous utilisez pour y parvenir. Les USA qui se sont mis à dos la planète presque toute entière ne peut plus vivre au dessus de ses moyens parce qu'elle peut de moins en moins extorquer des pays sans défense comme ce fut le cas durant une cinquantaine d'années. Pendant ce temps, l'Europe a un marché illimité à sa porte que comporte les pays de l'ancienne Europe de l'Est ainsi que les républiques qui faisaient partie de la défunte URSS. Hors contrairement à ce que vous prétendez les USA n'ont pas d'avantage démographique, bien au contraire. Si vous voulez faire des comparaisons, la balance commerciale (trade deficit) des USA de 1980 n'était que d'un milliard alors qu'elle était de 500 milliards en 2010. Vous croyez à tort que les USA conserveront les emplois exigeant de hautes technologies. Expliquez donc pourquoi les Boeing, Intel, TI (Texas Instrument) Grummand etc se sont toutes établies en Chine. Saviez vous que pour un seul emploi chez Intel aux USA, huit employés travaillent dans des divisions d'Intel en Asie et ce depuis plus de 30 ans. Enfin si pour vous répondre à une crise est de piger dans les poches des contribuables, vous devriez porter attention aux mouvements de protestations actuels. Dois-je vous rappeler que pour ce qui est des magouilles (géo-politique) nous avons au sud, le numéro un par excellence en cette matière et l'histoire contemporaine nous le prouve sans contredit. Merci et bonne journée.

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