Silicium, zinc et phosphate, trois filons prometteurs pour le Québec

Publié le 28/09/2017 à 15:12

Silicium, zinc et phosphate, trois filons prometteurs pour le Québec

Publié le 28/09/2017 à 15:12

Au moment où l’industrie minière retrouve l’intérêt des investisseurs, et que les prix des minerais remontent, le Québec fait l’objet de projets miniers dont les retombées économiques sont très attendues. Particulièrement par les villes de Baie-Comeau et de Saguenay.


« Notre projet d’usine d’alliage de silicium, à Baie-Comeau, prévoit l’embauche de plus de 150 personnes», a indiqué Hubert Vallée, président et chef de la direction de Métaux Canadiens. M. Vallée était l’un des invités de la 12e conférence Objectif Nord présentée par les Événements Les Affaires, le 26 septembre dernier, à Montréal.


Les Métaux Canadiens prévoient construire une toute nouvelle usine, dont l’investissement représente plus de 250 M$, dans la zone industrialo-portuaire de Baie-Comeau, en 2019. Ce complexe produira plus de 50 000 tonnes par année d’alliage de silicium. Une production issue du minerai de quartz  provenant du dépôt Langis, situé à Saint-Vianney, dans le Bas- Saint-Laurent.


Hubert Vallée a souligné que l’alliage de silicium est utilisé notamment pour les alliages des roues de voitures, les panneaux solaires ainsi que pour les batteries de véhicules électriques. « Le manufacturier Tesla compte remplacer éventuellement le lithium par du silicium. Un élément tout aussi efficace et surtout 40% plus léger que le lithium », a signalé le président de Métaux Canadiens.


 Pourquoi Baie-Comeau ?


Pourquoi privilégier Baie-Comeau plutôt que la ville de Matane située à moins de 30 km de Saint-Vianney ? a questionné le chroniqueur du journal Les Affaires René Vézina, l’animateur de la journée. « À Baie-Comeau, l’usine sera aménagée dans un secteur situé à plus de 4,5 km des quartiers résidentiels. L’usine, qui sera équipée de fours à arc, profitera également d’un branchement hydro-électrique plus avantageux sur la rive-nord du fleuve qu’au sud de ce dernier. Et on a fait nos calculs. Les coûts de production, incluant la traversée du fleuve, vont osciller entre 900$ et 1100$ la tonne. On prévoit que la vente de notre production rapportera entre 2000$ et 2500$ la tonne », a expliqué Hubert Vallée.


La Pro


Le port de Saguenay est prêt pour Arianne Phosphate 


Autre projet qui suscite beaucoup d’intérêt dans l’industrie minière québécoise est celui d’Arianne Phosphate au Lac à Paul, situé à plus de 200 km au nord de Saguenay. « Tout est prêt pour entamer les travaux de construction du nouveau terminal Rive-Nord du Port de Saguenay qui sera aménagé à Sainte-Rose-du-Nord », a annoncé Carl Laberge, directeur général de Port de Saguenay. 


Cette localisation facilitera le transport de la production issue de la mine d’apatite d’Arianne Phosphate. Les travaux estimés à 260M$ doivent commencer à l’automne 2018. La mise en service est quant à elle prévue à la fin de l’année 2020.


Le Port de Saguenay, qui s’étend sur plus de 10 km² dans le secteur Grande-Anse, doit également accueillir sous peu l’usine de transformation de Métaux BlackRock. Transporté à partir de la mine de Chibougamau, le concentré de vanadium-titane-magnétite (VTM) servira à produire de la fonte de fer brute de haute qualité et du ferrovanadium. « Ce projet estimé à 1G$, qui doit voir le jour d’ici 2020, se traduira par la création de plus de 1000 emplois », a fait savoir Carl Laberge.


L’infrastructure portuaire saguenéenne attend aussi impatiemment les développements quant à la possible construction d’un complexe de liquéfaction de gaz naturel dans sa cour. Ce projet mené par GNL Québec est évalué à plus de 7,2 G$ US.


Le zinc, le nouveau filon d’Osisko 


Après l’or, Osisko part à la conquête des filons de zinc dans l’est du pays. Sous le nom de Métaux Osisko, la minière compte profiter de la hausse du prix du zinc pour mettre de l’avant des projets d’exploitation au Québec ainsi qu’au Nouveau-Brunswick, a indiqué Jeff Hussey, président de Métaux Osisko.  


Pour le moment, Métaux Osisko détient 42 000 hectares de concessions minières au Québec, notamment dans le sud de la province et en Gaspésie. Elle détient également 40 000 hectares dans le camp minier de Bathurst, dans le nord du Nouveau-Brunswick. C’est d’ailleurs au Nouveau-Brunswick que devraient avoir lieu les premières extractions de zinc au cours de la prochaine année.


Pourquoi miser sur le zinc ? « On observe actuellement des changements d’approche dans l’exploitation de ce minerai. Il est de plus en plus difficile à trouver, très peu d’investissements ont été consacrés pour son exploitation et la demande augmente», a souligné Jeff Hussey. À ce propos, il a précisé que le zinc sera de plus en plus utilisé comme élément de galvanisation des métaux pour l’aménagement d’infrastructures majeures, notamment le nouveau pont Champlain.


Et pas question d’attendre la découverte d’un gisement éléphantesque de plus de 15 millions de tonnes pour lancer les travaux d’extraction. Le montage financier de Métaux Osisko, a indiqué Jeff Hussey, a été adapté pour l’exploitation de petits dépôts de 2 à 3 millions de tonnes.


 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.