Impact 8, la suite: 7 questions qu'un investisseur peut vous poser

Publié le 29/09/2015 à 13:58

Impact 8, la suite: 7 questions qu'un investisseur peut vous poser

Publié le 29/09/2015 à 13:58

Les entrepreneurs d'Impact 8 revoient leur projet d'entreprise suite à la présentation aux investisseurs. ( Photo: Christian Blais)

Pourriez-vous convaincre des investisseurs de financer votre entreprise?


Je vais vous donner un coup de pouce en partageant les commentaires des investisseurs qui ont assisté aux présentations des participants de la première cohorte québécoise de l’accélérateur d’entreprises sociales Impact 8. Ne vous méprenez pas: même s’il s’agit d’entreprises sociales, les commentaires de ces investisseurs s’appliquent à toutes les catégories d’entreprises.


Lisez mon billet précécent sur l'accélérateur Impact 8


Suivez-vous moi sur Twitter: diane_berard


7 questions qu’un investisseur peut vous poser


 1-Avez-vous vraiment besoin d’argent?


Que ferez-vous de l’argent de l’investisseur? En avez-vous besoin tout de suite ou simplement dans six mois? Allez-vous chercher trop d’argent trop tôt? Pouvez-vous justifier à quoi servira cette somme? Les investisseurs ont mis les entrepreneurs en garde contre le surfinancement. Accepter un investisseur a un coût.


 2-Les sommes que vous demandez sont-elles suffisantes?


Certains entrepreneurs sollicitent les investisseurs trop tôt. D’autres n’osent pas suffisamment. «Parfois, je préfère un entrepreneur qui sollicite 2M$ à un autre qui demande 500000$, explique Stéphanie Baron. On devine lorsque l’entrepreneur a sous-évalué son besoin ou qu’il n’ose pas l’afficher. Dans un cas comme dans l’autre, cela n’incite pas l’investisseur à s’associer.»


3-Est-il pertinent de viser d’autres marchés alors que le vôtre n’est pas saturé?


Potloc s’est donnée comme mission de «bâtir des quartiers plus intelligents». Cette plateforme met en relation les détaillants qui souhaitent ouvrir de nouvelles succursales et les citoyens qui veulent se prononcer sur les commerces qu’ils désirent dans leur quartier. Il s’agit d’arrimer l’offre et la demande.


Potloc veut s’implanter rapidement dans d’autres villes, pour faire obstacle à la concurrence. Alexander Bain questionne cette stratégie, «Pourquoi ne pas faire le plein sur le marché québécois au lieu de vous diluer en incluant des investisseurs?» Il est question de gestion de risque : le risque de dilution ou le risque de concurrence?


4-Avez-vous fait l’inventaire de toutes vos sources possibles de revenus?


Il y a deux ans, l’infirmière Marie Fortier a lancé le site mescoursprénataux.com. On y trouve des vidéos sur la naissance, l’accouchement et les premières semaines de vie. Elle sollicite du financement pour commercialiser son produit dans les pays de la francophonie. « Avez-vous pensé à monétiser la banque d’informations que vous possédez sur tous les parents qui consultent votre site, demande Alexander Bain. De nombreuses entreprises qui offrent des biens et des services aux jeunes parents voudraient certainement y avoir accès. Il y a là des occasions de partenariats.»


Ecofixe commercialise des systèmes de traitement des eaux usées pour les étangs aérés."Avez-vous pensé à approcher les assureurs municipaux? demande Brenda Plant. Votre produit réduit les risques environnementaux pour les municipalités, les assureurs y gagnent."


5-Avez-vous fait l’inventaire de toutes les sources possibles de financement?


Lancée il y a 10 ans, Exeko travaille à réduire l’exclusion sociale. Elle a développé une expertise en médiation intellectuelle reconnue par l’UNESCO. Pour l’instant, Exeko reçoit des dons individuels ainsi que de fondations philanthropiques. «Savez-vous qu’il existe des prêts sans intérêt associés de conditions de remboursement avantageuses, dit Brenda Plant. Certains individus fortunés les préfèrent à des dons pour multiplier l’impact de leur argent en le prêtant plusieurs fois.»


Les ateliers créatifs proposent des espaces pour artistes à coût réduit. L'entreprise cherche à augmenter son impact. Son défi: devenir autosuffisante sans compromettre sa mission sociale, c'est-à-dire sans augmenter ses loyers. "Avez-vous considéré un financement à travers des obligations à impact social?", demande Brenda Plant. Il s'agit d'un partenariat entre investisseurs, organismes de services, pouvoirs publics et, possiblement, un intermédiaire certifié, qui permet de régler un problème sociétal identifié, selon un objectif de rendement défini. Les instances publiques paient aux investisseurs le montant établi lorsque lesdits objectifs sont atteints.


Un investisseur aime constater que l’entrepreneur qui s’adresse à lui connait les différents instruments financiers à sa disposition et qu'il sait en tirer profit.


6-Pourriez-vous faciliter l’accès à votre produit/service?


La plateforme Ekodefi veut inciter les internautes à poser des gestes positifs pour améliorer leur santé et la santé de la planète. Elle propose une liste de gestes possibles. Chaque fois que vous en posez un, vous récoltez des points échangeables contre des biens ou services offerts. Ces biens sont offerts par des partenaires. Ekodefi c’est le Air Miles de la santé. «Pourquoi forcer tout le monde à aller sur votre plateforme? Pourquoi ne pas les rejoindre ailleurs aussi? Vous pourriez, par exemple, vous associer à une application destinée aux coureurs, dit Louis Fortier. Ainsi, il accumule des points pour chaque kilomètre qu’il parcourt. Il sera plus facile d’attirer de nouveaux clients s’ils n’ont pas à modifier leur comportement.»



7-Existe-t-il des barrières réglementaires à votre projet?


Solar Ear fabrique des prothèses auditives à faible coût. L’entreprise canadienne souhaite massifier son impact en utilisant le cellulaire pour mener des tests auditifs et transformer le cellulaire lui-même en prothèse auditive. Elle vise le marché africain. Solar Ear compte vendre son produit à travers des micro-entrepreneurs locaux. « Qu’est-il de la réglementation pour ton produit et la façon de le commercialiser? », ont demandé les juges en chœur. « Il n’y en pas », répond en souriant James Frank, le vp développement des affaires de Solard Ear. « Je suppose que Solar Ear a pris les devants et qu'elle travaille avec les autorités réglementaires pour s’assurer que lorsqu’il y aura réglementation, ce qui arrivera, celle-ci ne nuira pas à son modèle d’affaires », répond Julian Giacomelli. Un sage conseil qu’airbnb et uber mettent en pratique en ce moment :-)


 


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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