Êtes-vous un «orphelin économique»?

Publié le 21/04/2016 à 11:14

Êtes-vous un «orphelin économique»?

Publié le 21/04/2016 à 11:14

Paul St-Pierre Plamondon, fondateur du mouvement «Les orphelins politiques».

«Nous nous voulons l’opposition informelle au gouvernement du Québec. Nous allons corriger l’asymétrie d’information économique dont les Québécois sont victimes depuis des années. Notre pari est de ramener la confiance et de stimuler l’esprit entrepreneurial en rétablissant la vérité. Et ultimement de créer une prospérité durable et équilibrée.» - Paul St-Pierre Plamondon, fondateur, Les orphelins politiques.


Le 19 avril dernier on a assisté au lancement du mouvement «Les orphelins politiques». Celui-ci se décrit comme «progressiste». «Nous sommes la gauche constructive, ce qui nous distingue de la gauche contestatrice et nous éloigne de la droite», résume l’avocat trentenaire. On se rappellera que Paul St-Pierre Plamondon est un des cofondateurs du groupe «Génération d’idées».


Les orphelins politiques sont aussi des orphelins économiques. C’est pourquoi ce mouvement consacrera l’été 2016 à identifier les variables qui ont le plus d’impact sur la prospérité d’un État. Voici ce sur quoi s’appuiera sa réflexion.


Trois observations


Première observation: il faut se réapproprier le langage économique. «L’économie a été principalement l'affaire des groupes de discussion et des intervenants non progressistes. Les progressistes ont laissé le terrain vacant. Pour remettre le progrès à l’avant, il faut se réapproprier les concepts économiques. Ne pas les laisser aux tenants de l’austérité».


Deuxième observation: ce n’est pas parce qu’on parle d’économie que c’est bon pour l’économie. «Depuis 10 ans, on n’a jamais autant parlé d’économie. Mais les résultats sont décevants. Il n’en résulte pas de prospérité pour autant. La société dans son ensemble, et le bien commun, ne sont pas servis. On peut utiliser le langage de l’économie pour servir d’autres intérêts que ceux de la société.»


Troisième observation: il faut rétablir la règle de droit qui établit que la justice s'applique à tous. C'est essentiel pour ramener l'équité fiscale. «Il ne peut pas y avoir des citoyens et des entreprises qui contournent leurs obligations fiscales alors que le gouvernement impose l'austérité à la population.»


Une urgence: le retour de la confiance


«L’OCDE et la Banque mondiale le répètent: la prospérité et la corruption sont inversement corrélées. Nous voulons redonner confiance à la population, en lui donnant accès à toute la vérité économique. Le manque de confiance envers les leaders et les institutions rend le Québec stagnant. La seule façon d’amener de la prospérité c’est d’être au service de la vérité. De donner l’heure juste pour que les bonnes idées émergent. Je ne crois pas au mythe d’un Québec peu entrepreneurial. Je crois plutôt à un Québec qui n’a pas le moral et manque de confiance parce qu’on ne lui dit pas la vérité depuis des années.»


Sur quoi se pencheront Les orphelins politiques


Au cours des prochains mois, Les orphelins politiques comptent se pencher sur plusieurs thèmes. En voici quelques-uns:


-la relation entre l’État et l’entreprise, particulièrement l’injection de fonds publics dans l’entreprise. Les subventions comme moyen d’attirer des entreprises semblent dépassées. Elles rapportent à court terme, mais ne sont pas garantes de stabilité économique à long terme.


-l’économie sociale comme modèle alternatif


-les causes de la balance commerciale négative du Québec


-le développement économique intégré: «Il faut contrer les intervenants qui font de l’aveuglement volontaire en excluant les variables sociales et environnementales de l’évaluation de la prospérité». Si l’État sert le bien commun, il est impossible de ne pas aborder les questions sociales et environnementales en parlant d’économie.


-«Le modèle économique est désuet, il faut innover. Il faut en trouver un autre qui génère plus de sens et amène plus de stabilité. Mais pour innover, il faut un certain esprit d’aventure, du courage et une certaine dose de confiance. Nous voulons contribuer à redonner confiance aux Québécois.»

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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