L'Afrique, un terrain glissant pour l'investisseur

Marie-Claude Morin . Les Affaires . 15-06-2010

  • LinkedIn
chapeau

Photo : Bloomberg

La Coupe du monde de soccer qui a lieu en Afrique du Sud vous passionne au point que vous envisagez d'investir dans le continent qui l'accueille ? Prenez votre temps, car l'Afrique est une recrue en matière de placement.


DOSSIER: Pleins feux sur la Coupe du monde de football 2010


En effet, on trouve encore peu de placements diversifiés et concentrés sur le marché africain. La plupart des fonds négociés en Bourse couvrent soit un seul pays, comme l'Afrique du Sud, soit plusieurs autres marchés émergents que les pays africains.


Lancé cet hiver, le Market Vectors - Africa Index (AFK) fait figure d'exception, grâce à ses participations dans les 50 plus importantes sociétés du continent, réparties dans 11 pays.Ce fonds représente une façon intéressante de profiter de la forte croissance de l'Afrique à long terme, croit Marc Dalpé, portefeuilliste associé à Valeurs Mobilières Desjardins. " Investir en Afrique, c'est comme investir en Chine ou en Inde il y a 30 ans ", dit-il.


À court terme, toutefois, l'investisseur devrait plutôt saisir les aubaines ailleurs dans le marché. " Au cours des six prochains mois, l'Afrique performera probablement bien, mais le reste du marché va faire encore mieux ", dit M. Dalpé, dont 40 % du portefeuille d'actions est concentré dans les pays émergents.


Graduellement, un investisseur individuel peut allouer jusqu'à 5 % de son bloc d'actions dans un fonds comme le AFK, moins périlleux que les titres individuels, suggère M. Dalpé.


Il reste que les risques géopolitiques persistent dans plusieurs régions. Coups d'État, corruption, guerres tribales : l'instabilité des gouvernements africains rebute Pierre Fournier, analyste géopolitique à la Banque Nationale Financière, à tel point qu'il conseille d'éviter ce continent. " Je préfère nettement l'Amérique du Sud à l'Afrique ", dit-il.


D'ailleurs, M. Fournier rappelle que les entreprises canadiennes s'exposent à un risque sérieux : celui que le gouvernement local mette la main sur leurs installations. L'analyste cite le cas de First Quantum Minerals, de Vancouver, dont les droits sur deux mines au Congo viennent d'être déclarés illégaux par le tribunal du pays.

Aucun commentaire sur cet article

Abonnez-vous

image

Votre meilleur allié pour faire grandir votre entreprise, votre carrière et votre portefeuille. Économisez 75 % sur le prix en kiosque !

Abonnez-vous

Liens d'affaires