Bombardier hausse le ton contre son fournisseur Mitsubishi

Publié le 25/04/2009 à 00:00

Bombardier hausse le ton contre son fournisseur Mitsubishi

Publié le 25/04/2009 à 00:00

Par Martin Jolicoeur

Bombardier pourrait poursuivre le géant Mitsubishi, un de ses principaux fournisseurs de composants d'avion, qui s'apprête à fabriquer son propre jet régional.

La production du Mitsubishi Regional Jet doit débuter d'ici quelques semaines, deux ans après avoir été annoncée au Salon aéronautique du Bourget, en France.

En concurrence directe

Les versions du nouvel appareil compteront de 70 à 96 sièges, et feront une concurrence directe aux jets régionaux de Bombardier, les CRJ.

" Nous ne sommes pas encore rendus à cette étape [intenter une action]. Mais Bombardier va prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter les ententes de non-concurrence qui nous lient ", dit Pierre Beaudoin, président et chef de la direction de Bombardier.

Partenaire de longue date de Mitsubishi, Bombardier avait refusé jusqu'à maintenant d'envisager publiquement des mesures pour empêcher son fournisseur de le concurrencer.

Au cours des dernières années, Mitsubishi a fabriqué, entre autres, les ailes de deux jets d'affaires, le Global Express et le Challenger, le fuselage arrière des biréacteurs régionaux CRJ700 et CRJ900, et plusieurs composants du turbopropulseur Q400.

Négocier d'abord

Mais maintenant que la mise en production du Mitsubishi Regional Jet approche, Bombardier semble prête à agir.

" Nous avions des ententes de non-concurrence, rappelle M. Beaudoin. Si un fournisseur nous dit qu'il ne deviendra pas un concurrent dans le domaine des avions régionaux et qu'il décide de le devenir malgré l'existence d'ententes [le lui interdisant], je pense qu'on doit avoir un minimum de discussions. "

M. Beaudoin souhaite résoudre le problème en négociant avec Mitsubishi. " Il faut quand même laisser Mitsubishi arriver avec ses produits, comprendre leur design ", dit M. Beaudoin. Mais s'il le faut, il se dit prêt à agir avec plus de force.

Pour l'heure, Mitsubishi Aircraft, filiale aéronautique du géant japonais fondée au printemps dernier, a reçu une commande ferme de 15 appareils du transporteur All Nippon Airways, ainsi qu'une option sur 10 autres appareils. Il y a un mois, le fi nancement du programme de fabrication d'avions de Mitsubishi Aircraft a été accru de 43 %, ce qui le porte à 100 milliards de yens (1,22 milliard de dollars CA).

Mitsubishi fi nance le programme à hauteur de 64 %. Ses partenaires sont Toyota (10 %), les maisons de commerce Mitsubishi Corporation (10 %), Sumitomo Corporation (5 %) et Mitsui & Co. (5 %).

Pendant ce temps, Bombardier tâche de transférer la production de ses composants chez d'autres fournisseurs.

C'est le cas de la fabrication du fuselage arrière des appareils CRJ700 et CRJ900, qui doit être confi ée à la suisse RUAG Aerospace. Pour sa part, le fuselage central du Q400 doit être pris en charge par SAC (Shenyang Aircraft Corporation), en Chine, et les systèmes de contrôle de vols horizontal et vertical par Bombardier à Querétaro, au Mexique.

Les mandats pour tous ces composants seront retirés à Mitsubishi d'ici la fi n de 2009. Jusqu'à nouvel ordre, par contre, Mitsubishi continuera de produire les ailes du Challenger 300, de même que le fuselage central et les ailes des Global Express, précise Marc Duchesne, porte-parole de l'entreprise québécoise.

martin.jolicoeur@transcontinental.ca

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