La montréalaise Lightspeed obtient un financement de 207M$

Publié le 17/10/2017 à 17:01

La montréalaise Lightspeed obtient un financement de 207M$

Publié le 17/10/2017 à 17:01

Par Denis Lalonde

Le président et chef de la direction de Lightspeed, Dax Dasilva. (Photo: courtoisie)

La Caisse de dépôt et Investissement Québec participent à un investissement de 207 millions de dollars(M$) dans l'entreprise montréalaise Lightspeed. La participation de la Caisse dans cet investissement est de 170M$. iNovia Capital et la Silicon Valley Bank sont les autres partenaires dans cette transaction.


À la Caisse de dépôt, on parle de la plus importante transaction pour une entreprise technologique canadienne depuis l'éclatement de la bulle techno au début des années 2000, comme l'explique Christian Dubé, premier-vice-président Québec.



« Avec cette transaction, Lightspeed n'est pas encore une licorne (une entreprise dont la valorisation dépasse le milliard de dollars), mais on y travaille fort. »


La taille de la participation acquise dans l'entreprise avec ce financement n'a pas été révélée.


Cet investissement additionnel doit permettre à Lightspeed de financer la poursuite du développement de ses logiciels de paiement pour les détaillants et les restauranteurs indépendants, de même que son expansion internationale.


L'entreprise est bien connue de la Caisse de dépôt et d'Investissement Québec. En 2015, les deux organisations avaient fait équipe avec iNovia Capital et Accel Partners dans un investissement de 80M$.


«Si on regarde notre recette habituelle, on aime réaliser des coinvestissements dans nos fonds spécialisés. Ce qu'on cherche à la Caisse, c'est du 'capital patient'. On n'a pas d'horizon de sortie. Si on aime l'entreprise, on peut conserver notre investissement pendant 10, 15 ou 20 ans», explique M. Dubé.


Ce dernier ajoute que la Caisse choisit aussi ses investissements selon les objectifs de croissance des membre de l'équipe de direction. Lightspeed, avec ses ambitions internationales, était donc une cible toute désignée.


«On ne cherche pas seulement à supporter les entreprises avec du capital, mais aussi avec notre réseau. Ce matin nous étions avec des investisseurs de Singapour qui venaient nous parler de ce qu'ils pouvaient faire pour nous là-bas. On offre à nos entreprises la chance d'être en 'territoire amical' lorsqu'ils rencontrent des gens à l'extérieur du pays, que ce soit en Asie ou ailleurs», dit-il.


Vers une entrée en Bourse?


Du côté de la direction de Lightspeed, le président et chef de la direction Dax Dasilva soutient que le financement obtenu permettra à l'entreprise de poursuivre sa croissance afin de se préparer pour un premier appel public à l'épargne «d'ici quelques années».


Active dans plus de 100 pays, Lightspeed traite un volume annuel de transactions de plus de 15 milliards de dollars américains et compte près de 50 000 clients.


«Nous avons doublé notre base de clientèle en deux ans et notre objectif est de maintenir cette croissance grâce à ce nouvel investissement», dit M. Dasilva.


L’entreprise souhaite continuer de miser sur les détaillants et les restaurateurs indépendants et croître avec ses clients.


«Avec le temps, certains clients sont devenus des chaînes. Nous en comptons aujourd’hui près de 70 et la plus grosse possède 150 magasins. Cela montre la souplesse de l’infonuagique. Quand un client veut ouvrir un magasin ou un restaurant, il y a très peu de travail à faire d’un point de vue technologique. Un restaurant peut par exemple créer un nouveau compte et importer automatiquement sa liste de clients et ses menus», dit le PDG.


Au Québec, Lightspeed compte par exemple Espace Ricardo parmi ses clients. La bannière, propriété du chef Ricardo Larivée, doit, entre autres, ouvrir sous peu une boutique au Centropolis, à Laval, un 2e établissement après celui de Saint-Lambert. À mesure que la chaîne ouvrira des cafés et des boutiques, Lightspeed grossira avec elle.


La boutique lavalloise offrira la vente d’accessoires de cuisine, de livres et de magazines liés à l’art de la table et à la décoration, ainsi qu’un espace café servant notamment des cafés réguliers et spécialisés, des breuvages avec ou sans alcool, des repas chauds et froids, des gâteaux et des pâtisseries.


Création d’emplois


Lightspeed compte environ 600 emplois, dont la moitié à son siège social de la gare Viger, à Montréal. Sans donner d’objectif de croissance, Dax Dasilva affirme que les locaux peuvent encore accueillir un grand nombre d’employés.


La société possède également des locaux à Amsterdam (Pays-Bas), à Gant (Belgique), à Brisbane (Australie), en banlieue de Seattle et à New York, de même qu’à Ottawa.


Les gros investissements, une tendance?


Questionné à savoir si les investissements plus importants allaient devenir plus fréquents au Québec, Christian Dubé soutient que les écosystèmes montréalais et québécois sont beaucoup plus forts aujourd’hui qu’il y a 5 ou 10 ans.


«Il y a beaucoup de gens comme nous, le Fonds de solidarité et Desjardins qui ont contribué à renforcer l'écosystème. Juste de notre côté, nous avons des investissements dans 500 à 600 entreprises dans nos divers fonds. Alors les opportunités sont plus grandes. C’est tout à fait normal que les entreprises font partie de la pépinière grandissent et constituent des occasions d’investissement», dit-il.


M. Dubé ajoute qu’il y a quelques années, les entreprises québécoises devaient songer à se faire acheter ou à recevoir des investissements de fonds de Boston ou de Californie pour les financements de Série C ou D. À son avis, il y a aujourd’hui assez de capital et d’expertise au Québec pour faire avancer les entreprises locales plus rapidement. «Je peux tout de suite vous dire qu’il va y en avoir d’autres», affirme-t-il.


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