Football et vidéo, la stratégie que Facebook espère gagnante

Publié le 31/08/2018 à 07:13

Football et vidéo, la stratégie que Facebook espère gagnante

Publié le 31/08/2018 à 07:13

Par AFP

Voir jouer Messi, mais depuis l’Inde et non l’Espagne : afin d’attirer rapidement les utilisateurs sur sa nouvelle plateforme de vidéo Watch, en particulier dans les pays émergents, Facebook a décidé de tenter le pari du football sur des marchés secondaires, un nouveau pas des géants du web vers l’achat de droits sportifs majeurs.


Avec la Liga espagnole en Asie du Sud, et plus principalement en Inde, et la Ligue des Champions, ainsi que la Ligue Europa, en Amérique du Sud, Facebook peut lancer une phase de test à grande échelle, mais à moindre coût. Celle-ci doit lui permettre d’avoir une idée quant à sa capacité à mobiliser ses utilisateurs.


« Il s’agit de marchés toujours en croissance pour Facebook et suffisamment gros pour réaliser ce genre de test, avec beaucoup de clients potentiels et dans le même temps des droits moins chers qu’ils ne l’auraient été en Europe », détaille Dexter Thillien, analyste chez Fitch Solutions.


« Il n’y a pas trop de risques pour eux et ils peuvent générer de l’audience. En Inde, le football n’est pas dans la culture locale, mais il intéresse de plus en plus. Et dès lors que le contenu est gratuit, ça enlève un frein auprès des personnes qui n’auraient pas forcément regardé », confirme Vincent Chaudel, spécialiste de l’économie du sport pour le cabinet Wavestone.


Pour le réseau social, l’intérêt est avant tout de maintenir en ligne ses utilisateurs et de favoriser les interactions avec eux. Or le sport reste le meilleur vecteur en la matière.


« Nous avons pu constater un taux d’engagement particulièrement fort de nos utilisateurs durant la Coupe du Monde de football », reconnaît-on chez le géant américain, avec des niveaux record de messages échangés sur le sujet.


« Dans l’absolu, Facebook dispose de tous les moyens permettant de mettre en relation les utilisateurs avec les marques. Ce dont il a besoin, c’est d’avoir un contenu qui attire et maintient ces utilisateurs en ligne, et le sport permet cela », abonde M. Chaudel.


Amazon et Twitter s’y mettent aussi


Facebook est loin d’être le seul à voir dans le sport un axe de développement de son offre vidéo, il entre même en concurrence frontale avec d’autres géants d’Internet.


Amazon par exemple y voit la possibilité d’attirer des clients vers son abonnement Prime, combinant des contenus numériques et des conditions privilégiées de livraison des produits achetés dans sa boutique en ligne. Au Royaume-Uni en particulier, le groupe propose plusieurs tournois de tennis en exclusivité, dont l’US Open, mais également la retransmission d’une vingtaine de matches de Premier League par saison à partir de 2019.


« La stratégie est différente pour Amazon. Certes les revenus publicitaires sont également au cœur (de la stratégie), mais cela permet avant tout d’avoir de l’offre enrichie afin de proposer plus de services via Prime, qui amène ensuite les abonnés à acheter plus souvent en ligne sur Amazon », décrit Dexter Thillien.


De son côté, comme Facebook avec le football américain, Twitter propose aux États-Unis un match du championnat professionnel de base-ball par semaine, en attendant peut-être de s’intéresser à son tour à l’Europe.


« Pour les détenteurs de droits également, cela peut être un test, afin de voir ce que peuvent donner ces plateformes sur la vidéo à la demande à grande échelle dans le sport », estime Vincent Chaudel.


Avec à terme une modification du mode de distribution, qui pourrait voir les détenteurs de droits envisager de plus grandes régions au lieu d’une vente par pays, afin de mieux répondre à la vision plus globale des géants américains.


« Je ne serais pas étonné si en 2020 ou 2025, on commence à les voir acheter des droits parmi les lots majeurs, aux États-Unis ou en Europe, surtout si ces prix commencent à diminuer », anticipe M. Thillien.


« Dans une certaine mesure, on peut être face à un retour du modèle originel, avec ce type d’acteurs qui peuvent acheter cher, mais revendre auprès des annonceurs à grande échelle, en échange de la gratuité pour les amateurs de sports », envisage pour sa part M. Chaudel.


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

Facebook se défend après une virulente mise en cause du NYT

15/11/2018 | AFP

Facebook s'est défendu jeudi d'avoir orchestré une campagne de dénigrement visant entre autres le financier George Soros

Facebook Dating, le nouveau Tinder?

Ce nouvel outil de rencontres fait ses débuts nord-américains au Canada, jeudi.

À la une

Bourse: les gagnants et perdants de la semaine

Quelle entreprise a vu la valeur de son action dégringoler de 36,98% en cinq jours?

Que nous réservent les 10 prochaines années en Bourse?

BLOGUE INVITÉ. Nous sommes d’avis que les marchés boursiers offriront des rendements intéressants, mais plus modestes.

L'Action de grâce arrive tôt en Bourse

BLOGUE. Les investisseurs en mal de bonne nouvelles ont eu droit à une véritable superfecta pour terminer la semaine.