Viridis: des résidus qui valent de l'or

Publié le 22/02/2018 à 16:02

Viridis: des résidus qui valent de l'or

Publié le 22/02/2018 à 16:02

De gauche à droite: Simon Naylor, v-p administration et développement; Renaud Lapierre, président et Michel St-Germain, v-p opérations chez Viridis. (Photo courtoisie)

PME DE LA SEMAINE. Transformer des matières résiduelles en fertilisants, c’est la mission que remplit Viridis Environnement depuis six ans. Captant déjà plus du tiers d’un marché appelé à doubler d’ici 2022, elle entend bien continuer à rester le numéro 1 et à innover pour apporter une grande valeur ajoutée à ces résidus.


Chaque année, Viridis Environnement récupère 350 000 tonnes de matières résiduelles auprès de stations d’épuration, d’usines agroalimentaires et de papeteries. Ces déchets faisant d’excellents engrais organiques, ils sont épandus sur des champs où poussent uniquement des cultures destinées à alimenter les animaux d’élevage. 


Les agriculteurs reçoivent gratuitement ces matières fertilisantes. Ce sont donc les générateurs de ces résidus qui constituent les clients de Viridis Environnement. Donner leurs résidus leur revient moins cher que de les enfouir. L’entreprise se charge de les recueillir, d’effectuer des mélanges selon les besoins de la terre et de les acheminer dans les fermes.


Un marché porteur


À partir de 2022, les municipalités québécoises ne pourront plus enfouir les déchets issus des poubelles des résidants. «Cela représente un million de tonnes supplémentaires de matières résiduelles organiques à valoriser», explique Renaud Lapierre, président de Viridis Environnement.


Pour se préparer à cet élargissement du marché, l’entreprise a signé, en novembre, un partenariat avec Solutions 3R, qui regroupe 16 coopératives agricoles. L’entente prévoit une prise de participation au capital de Viridis Environnement à un pourcentage gardé secret.


Grâce à cette alliance avec le monde agricole, la PME de Beloeil voit le nombre potentiel d’agriculteurs-receveurs de matières résiduelles fertilisantes augmenter. «L’objectif est de réduire au maximum les distances géographiques entre les générateurs de résidus et les receveurs, indique-t-il. Plus notre banque d’agriculteurs sera étoffée, plus le coût de transport baissera et plus le tarif deviendra intéressant pour le client.» Autre avenue qui s’ouvre pour Viridis Environnement: donner une seconde vie aux matières résiduelles générées par les coopératives agricoles elles-mêmes.


Recycler encore plus


Pour répondre aux besoins des municipalités et des MRC, Viridis Environnement a aussi développé un procédé, baptisé Shoc. Cette technologie permet de trier les ordures ménagères afin de ne garder que les déchets organiques et de les traiter. Une fois asséchés et partiellement désodorisés, ils viendront fertiliser les champs. «Ainsi, finis les bacs bruns pour les municipalités qui peuvent donc économiser sur le nombre de bacs à fournir aux habitants et sur la collecte des déchets», souligne Renaud Lapierre. L’entrée de Solutions 3R au capital de Viridis Environnement va aussi contribuer à la construction une usine de traitement utilisant le procédé Shoc.


Viridis Environnement voit également plus loin. Son équipe de recherche et développement travaille à développer des engrais encore plus efficaces. Les matières résiduelles traitées avec la technologie Shoc pourraient aussi servir de fertilisants pour l’horticulture et l’agriculture destinée à l’alimentation humaine. «Les agriculteurs ont parfois une mauvaise image, regrette-t-il. Pourtant, ils participent à la valorisation des matières résiduelles.» 


Viridis en quelques chiffres



Année de création: 2009



Nombre d’employés: 40 



Chiffre d’affaires: environ 10 millions de dollars 



Quantité annuelle de matières résiduelles transformées en fertilisants: 350 000 tonnes



Objectif pour les quatre prochaines années: valoriser la plus grande partie possible du million de tonnes de résidus issus de la collecte des ordures ménagères effectuée par les municipalités.


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