Il faut laisser vos employés regarder la Coupe du Monde

Publié le 22/06/2018 à 12:40

Il faut laisser vos employés regarder la Coupe du Monde

Publié le 22/06/2018 à 12:40

Par Romeo Mocafico

Bloomberg prévoit que de nombreuses heures de travail sont à risques dans les prochaines semaines, notamment dans les pays qualifiés. La productivité est mise à l’épreuve, mais les entreprises pourraient quand même tirer profit de la situation.


Si l’on part du principe que 50% des employés veulent regarder les matchs, toute l’économie américaine et européenne se met à trembler à l’idée de savoir que la quasi-totalité des rencontres a lieu pendant les heures de travail. Lors de la phase de poule, soit la période où toutes les nations sont encore impliquées dans le tournoi, l’agence Bloomberg prévoit 11,9 G $US de perte du PIB mondial. 


L’effet passion


On peut avancer que beaucoup seront certainement moins productifs durant la compétition, et il n’est pas surprenant qu’un pic d’absentéisme se fasse ressentir aux abords des phases finales. Certains, moi le premier, vont prétendre à une quelconque maladie pour être sûr de ne pas rater une seule minute de jeu de leur équipe favorite.

Mais d’un autre côté, il ne faut pas soupçonner les bienfaits qu’une victoire arrachée dans le temps additionnel peut avoir sur la productivité. De récentes études montrent qu’un match de football peut affecter le moral d’un supporter une heure avant le coup d’envoi, et jusqu’à 3 heures après le retour aux vestiaires des acteurs.


On estime qu’un employé heureux est 10 à 12% plus productif qu’à la normale. De quoi présager de bonnes retombées les jours de matchs, à condition toutefois d’encourager la bonne équipe.


Car c’est là que le mystérieux facteur émotion rentre en jeu. À contrario, un match décevant a un effet négatif deux fois plus marqué sur la productivité que de voir son équipe l’emporter. Avoir dans ses rangs des supporters d’équipes favorites serait donc économiquement moins risqué pour les chefs d’entreprise.

Encore faut-il savoir qui est favori : comment réagir lorsque son associé frappe à la porte, et vient demander son après-midi pour écouter un obscur Croatie-Nigéria, et qu’on n’y connait rien en soccer ?


Mettre les côtes de son côté


En utilisant ces chiffres comme référence, les chercheurs et économistes Maude Lavanchy et Willem Smit de Bloomberg ont créé un modèle pour savoir comment le résultat de chaque match allait affecter la productivité des travailleurs. Ils ont calculé le résultat attendu de chaque rencontre en se basant sur les côtes des bookmakers américains, et les résultats ne jouent pas en faveur des amoureux du ballon rond. 


Si l’on se fie à ces spéculations, la moitié des matchs en phase de groupe pourrait avoir des conséquences négatives sur les retombées économiques des pays participants, en particulier lorsque l’équipe du pays en question est sur le terrain. 


Prenons le match France-Pérou. Les Bleus ont affronté le 21 juin à 17 heures (heure française) une modeste sélection péruvienne contre qui, du moins sur le papier, elle devait l’emporter. Avec une victoire, les gains de productivité pourraient atteindre 354 M $US. Ça serait loin de compenser la perte de 2 G $US causée par l’arrêt des activités pendant le temps de jeu, sans parler du désastre qu’aurait engendré une défaite.


Donc puisque cette compétition va globalement agir comme un frein à la productivité, quelles mesures pourraient être prises pour contenter les fans de soccer sans pour autant froisser les carnets de comptes ?


Aligner l’équipe type


Le Brésil semble avoir creusé la question en amont. Une mesure a été votée pour permettre à tous les fonctionnaires d’arriver plus tard au travail, ou de partir plus tôt, lorsque la Seleção jouera en journée. Une décision gouvernementale qui rappelle le jour férié instauré par le Panama en octobre dernier, pour célébrer la première qualification de son histoire en Coupe de Monde

Ces alternatives restent toutefois des exceptions, et les autres pays participants ont préféré botter en touche. Ce sera surtout aux employeurs de décider comment gérer en interne le phénomène Coupe du Monde. 


La grande majorité risque simplement d’ignorer le tout, et de s’attendre à ce que tout le monde pointe aux heures habituelles. D’autres préféreront le compromis et mettront en place des horaires aménagés en négociant la récupération des heures perdues.

En revanche, pour les plus joueurs, ceux qui n’ont pas peur de miser contre le cours du jeu, une dernière option consiste à installer un écran sur le lieu de travail, et d’inviter tout le monde à suivre les matchs ensemble.

Comme l’explique Bloomberg, plus que de mettre à l’épreuve la concentration de chacun, l’objectif est d’encourager l’équipe à développer les mêmes valeurs que les sportifs qu’ils observent.

Qui sait, vous pourriez retrouver une équipe de travail grandie à la mi-juillet, qui aura su mettre l’esprit d’équipe et la culture du beau jeu au service de l’entreprise. Au Groupe Les Affaires, en tout cas, ça semble fonctionner.


 

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