Si contourner, voire court-circuiter, certaines procédures qui entravent la productivité est parfois nécessaire, rares sont les entreprises qui encouragent leurs employés à le faire. Pourtant, en permettant certains actes de piratage, elles gagneraient en créativité et en efficacité.
Après plusieurs décennies passées à observer le monde de l’entreprise, Bill Jensen et Josh Klein confirment ce constat : qu’elle le veuille ou non, chaque organisation possède une armée de pirates qui détournent les règles dans le but de mieux performer à leur façon. Raison de plus pour apprendre à gérer, avec flexibilité et fermeté, ces créateurs de valeur qui constituent une force positive de changement.
Une histoire vraie : Jean-François, vice-président des ventes sur le marché asiatique d’une filiale d’un conglomérat alimentaire, raconte comment, pour des raisons de sécurité, son service de technologies de l’information (TI) lui interdit d’utiliser des clés USB avec son ordinateur portable. « Je ne suis pas censé transférer des données professionnelles sans l’accord des TI, dit-il. Mais c’est une aberration, et je le fais quand même. » Autrement dit, ce cadre responsable des opérations d’un groupe important sur tout un continent est traité comme un gamin de deux ans. Absurde ? Oui, mais hélas très répandu ! Après avoir observé le monde de l’entreprise pendant des décennies, les auteurs concluent que « ce sont les paradoxes paralysants, liés à des outils et à des processus pourtant censés faciliter notre travail, qui nous compliquent les choses ». Résultat, les entreprises voient se développer une armée de nouveaux héros, ces hackers qui s’affranchissent des règles, utilisent des outils interdits et ignorent les diktats de la direction. Bien sûr, dans des organisations sclérosées, le piratage peut se révéler particulièrement indispensable pour dynamiser la culture d’entreprise ; mais, même dans des sociétés ouvertes au changement, le hacking peut se révéler profitable aux employés et aux entreprises. Bien évidemment, le bris des règles a… ses propres règles. D’où l’importance de savoir pirater intelligemment et de gérer habilement les hackers.







