«Les capital-risqueurs reviendront aux technologies propres en 2010»

Publié le 17/12/2009 à 10:00

«Les capital-risqueurs reviendront aux technologies propres en 2010»

Publié le 17/12/2009 à 10:00

Fondateur de Cleantech Group, Nicholas Parker est aux premières loges dans le secteur du financement des technologies vertes. Son entreprise analyse cette industrie et ses 2 000 membres, dont des firmes d'investissement qui gèrent plusieurs milliards de dollars. Nous avons rencontré M. Parker avant son départ pour la Conférence sur le climat de Copenhague.


Les Affaires - Pourquoi assistez-vous à cette conférence ?


Nicholas Parker - Dans ce genre de discussions, les gouvernements oublient souvent les entreprises innovantes. Il faut s'assurer que lorsqu'elles feront des choix pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, elles veilleront à maximiser la création d'emplois.


L.A. - Qu'est-ce que la prochaine année réserve à l'industrie des technologies propres?


N.P. - Les capital-risqueurs reviendront aux technologies propres en 2010. Ils s'apercevront que les investissements dans les technologies vertes sont très abordables.


L.A. - Y a-t-il de mauvaises surprises en vue ?


N.P. - Oui. On risque de voir des faillites dans des secteurs victimes d'un trop grand engouement de la part des investisseurs, comme le solaire et l'éolien. Dans de jeunes industries en expansion rapide, c'est facile de mal jauger la demande.


L.A. - Pourquoi le protectionnisme nuirait-il aux technologies vertes ?


N.P. - Aux États-Unis, il y a des taxes spéciales sur les biocarburants brésiliens et les panneaux solaires chinois. Washington veut protéger un secteur industriel qui prend de l'importance. Au Québec, le gouvernement a obligé les promoteurs de parcs éoliens à réaliser 60 % de leurs dépenses dans la province. Ces mesures sont nécessaires au début de la création d'une industrie, mais idéalement, il faudrait s'en passer, car le protectionnisme est le symptôme d'un échec dans le développement de technologies innovantes.


L.A. - Voyez-vous la voiture électrique comme le symbole d'un nouveau problème : celui du manque de ressources ?


N.P. - Nous risquons de remplacer le problème du pétrole par celui du lithium qui entre dans la composition des batteries. La demande pour ce métal dépassera rapidement la capacité de production, concentrée dans quelques pays d'Amérique du Sud. L'humanité n'a pas qu'un problème de carbone : elle en a aussi un de manque de ressources.


LA - Quelles sont les forces et les faiblesses du Québec ?


N.P. - La bonne nouvelle, c'est que vous pouvez facilement faire travailler ensemble le Québec inc. La mauvaise : vous montez tard à bord du train des technologies propres. D'autres États et provinces en Amérique du Nord sont bien plus avancés, comme la Californie et l'Ontario.


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