Québec imposerait bientôt un seuil minimal pour les biocarburants

Publié le 20/11/2018 à 09:14

Québec imposerait bientôt un seuil minimal pour les biocarburants

Publié le 20/11/2018 à 09:14

Par François Normand

(Photo: 123rf.com)

Réclamé par l’industrie depuis longtemps, le nouveau gouvernement caquiste de François Legault pourrait imposer dans les prochains mois un seuil minimal pour les biocarburants vendus au Québec.


Les libéraux avaient jonglé à plusieurs reprises avec ce projet de règlement.


«Il était sur le bureau du ministre du ministre [de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau] avant le déclenchement des élections», confie une source de l’industrie.


Cela dit, la prudence est de mise dans ce dossier. En octobre 2017, l’ancien ministre Pierre Moreau avait déclaré lors d’un point de presse à Montréal que Québec imposerait ce seuil «probablement d’ici Noël» 2017, ce qui n’a pas été fait.


Cette mesure favoriserait notamment le projet d'un milliard de dollars de bio raffinerie à La Tuque, en Mauricie, proposé par Bio Énergie La Tuque (BELT) avec la finlandaise Neste, un leader mondial dans la production de biocarburants.


Pierre Mangin, directeur général de BELT et du Centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières, dit avoir bon espoir que Québec adopte un seuil dans les premiers mois de 2019.


«Je suis récemment allé à Québec, et j’ai discuté avec des fonctionnaires. On s’attend à ce que le gouvernement aille de l’avant au début de 2019», dit-il.


Au moment de mettre cet article en ligne, le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, n’avait pas répondu à notre appel afin d’avoir plus de précision.


Joint par Les Affaires, le bureau du critique libéral en matière d’Énergie, Saul Polo, n’avait pas d’information à ce sujet.


Neste réclame un seuil d’au moins 10% pour investir


Ce seuil est le nerf de la guerre pour le projet de bioraffinerie à La Tuque. Car, sans un seuil d’au moins 10%, Neste n’investira pas dans ce projet.


«S'il n'y a pas de grandes ambitions pour cette réglementation, nous n'investirons pas au Québec, c'est clair», avait déclaré en février Lars Peter Lindfors, vice-président principal et directeur technique chez Neste, en entretien avec Les Affaires.


Le projet de La Tuque prévoit la construction d'une bioraffinerie à compter de 2021. Elle serait mise en service en 2023 et produirait du diesel renouvelable à partir de résidus forestiers.


Ce carburant serait utilisé dans les véhicules routiers (camions, voitures, etc.) circulant au Québec.


Un éventuel seuil serait aussi une bonne nouvelle pour une Enerkem, un fabricant québécois de biocarburants (éthanol) et de produits chimiques renouvelables (méthanol), qui a un projet de bioraffinerie à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal.


«Cela renforcerait la rentabilité de notre projet», affirme le directeur des communications de l’entreprise, Pierre Boisseau. Enerkem devrait débuter les travaux en 2019 pour une mise en service en 2021-2022.


Jean-François Samray, PDG de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER), estime qu’il est plus temps que le gouvernement aille de l’avant avec ce seuil si le Québec veut vraiment atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030.


«Comme le parc automobile augmente au Québec, il faut davantage de biocarburants pour réduire les GES», dit-il.


Il donne l’exemple de la Finlande qui s’est doté d’une cible de 20% de biocarburants dans l’essence et le diesel vendus à la pompe dans le pays.


 


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