Start-up: Montréal réintégrera-t-elle le peloton mondial?

Publié le 13/11/2018 à 06:30

Start-up: Montréal réintégrera-t-elle le peloton mondial?

Publié le 13/11/2018 à 06:30

Par François Normand

[Photo: Annie Spratt sur Unsplash]

L’écosystème des start-ups de Montréal met les bouchées doubles pour figurer à nouveau dans le prestigieux top 20 du Global Startup Ecosystem Report, publié par Startup Genom.


Chaque deux ans, cette société américaine située à Oakland, dans la Silicon Valley, publie un top 20 mondial des écosystèmes les plus dynamiques de la planète, qui mesure différents indicateurs tels que le savoir-faire, l’internationalisation ou les interactions.


Montréal a figuré une seule fois dans ce top 20, soit en 2015, alors que la métropole se classait au 20e rang – il n’a pas été possible de savoir à quel rang elle se situe actuellement.


«L’objectif est de réintégrer le top 20 d’ici 2021», explique à Les Affaires Liette Lamonde, directrice générale de la Fondation Montéal inc., en marge de la semaine mondiale de la semaine mondiale de l’entrepreneuriat, du 12 au 16 novembre.


Montréal inc. aide les jeunes entrepreneurs en remettant chaque année plus de 700 000$ en bourses.


Cette fondation et la Fondation OSMO, qui soutient le développement de l’écosystème des entreprises en démarrage de la métropole, ont été retenues par le gouvernement du Québec pour créer un pôle d’innovation à Montréal.


OSMO et Montréal inc. miseront sur trois axes pour améliorer l’écosystème montréalais.


En fait, la communauté start-up a commencé à réfléchir à cette stratégie lors de l’état de l’écosystème start-up de Montréal, en juillet, et ce, à partir des faiblesses identifiées dans le rapport de Startup Genom à propos de la métropole.


AXE #1 - Internationaliser davantage les start-up montréalaises


«C’est une faiblesse généralisée», laisse tomber Liette Lamonde. Trop d’entreprises en démarrage restent confinées au marché québécois et canadien, alors qu’elles auraient tout intérêt à viser aussi le marché international.


Pour tenter de corriger le tir, la Caisse de dépôt et placement du Québec a par exemple proposé de faire profiter de son réseau mondial aux entreprises montréalaises en démarrage.


Pour sa part, Montréal International a récemment créé un nouveau poste afin d’attirer des start-up étrangères dans la métropole. Une stratégie qui permet de créer des liens avec d’autres écosystèmes dans le monde.


Axe #2 – Accroître les «collisions» dans le milieu


Montréal inc. et OSMO veulent accentuer les «collisions» ou les rencontres entre les entrepreneurs, notamment lors d’événements. Et on ne laissera désormais plus les choses au hasard.


«On veut organiser ces collisions», affirme Liette Lamonde. Par exemple, en fonction de leur profil et des synergies potentielles, Montréal inc. et OSMO pourraient suggérer à des entrepreneurs de se rencontrer lors d’événements.


Pour favoriser ces collisions, l’écosystème pourrait aussi mettre sur pied des cellules d’innovation en partenariat avec de grandes entreprises.


Axe #3 – Stimuler l’esprit communautaire


L’objectif est de favoriser l’entraide et le partage de bonnes idées dans l’écosystème montréalais. «Comment peut-on stimuler cet esprit, pour donner ou passer l’autre?», s’interroge Liette Lamonde.


Par exemple, dans l’écosystème start-up de Toronto, le premier réflexe d’un entrepreneur qui en rencontre un autre est souvent de dire : «comment puis-je t’aider ?» Les Québécois francophones ne sont pas vraiment dans cet état d’esprit, selon Liette Lamonde.


Développer ce réflexe représente tout un défi, car cet esprit communautaire est plus répandu chez les anglophones pour des raisons socio-culturelles.


Bien que l’écosystème montréalais ne figure pas dans le top 20 du Global Startup Ecosystem Report, il présente quand même des forces, insiste Liette Lamonde.


Par exemple, en ce qui a trait à l’indicateur «état d’esprit des fondateurs d’entreprises», qui mesure l’ambition des entrepreneurs, Montréal affiche un score de 27%, alors que la moyenne mondiale est de 20%.


Au niveau du savoir-faire, la Métropole est pratiquement sur le moyenne, avec un score de 4,6% comparativement à 4,8% pour l’ensemble des écosystèmes start-up de la planète.


 


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