Chaque foyer du Québec devrait avoir son juriste de famille

Mathieu Piché-Messier . Les Affaires . 22-10-2011 (modifié le 20-10-2011 à 09:44)

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Améliorer l'accessibilité à la justice est un débat bien engagé qui est devenu un enjeu primordial au Québec. Bien que plusieurs acteurs du milieu juridique s'y penchent quotidiennement, nous devons continuer d'améliorer l'accessibilité à la justice en visant principalement la prévention des problèmes judiciaires dans les cas ne se rapportant pas aux délits criminels.


On connaît tous le concept de médecins de famille. Pourquoi ne pas créer le juriste de famille ? Le juriste de famille pourrait être avocat ou notaire. Son rôle serait de conseiller le citoyen sur ses questions juridiques, «d'éteindre les feux», de l'orienter vers les bonnes ressources, de le préparer à une médiation et tenter d'éviter ainsi les procédures judiciaires.


Chaque foyer doit avoir la possibilité de recevoir une consultation annuelle de trois heures avec un juriste de famille, au taux horaire de l'aide juridique. Les frais juridiques seraient payables au juriste de famille par le citoyen. Ces frais seraient admissibles à l'aide juridique, détaxés et déductibles du revenu imposable ou couverts par l'assurance juridique. Les primes d'assurance juridique qui peuvent couvrir plusieurs situations, comme le vice caché ou la perte d'emploi, doivent être déductibles.


Pourquoi le particulier ne peut-il pas déduire ses frais juridiques en toute matière autre que criminelle ? Comme l'indiquait récemment un rapport d'un groupe de travail du Barreau du Québec, une telle mesure pourrait viser les particuliers à revenus moyens, avec un maximum annuel déductible par palier de gouvernement tel que 1 000 $.


Les frais admissibles, définis par règlement, pourraient comprendre les honoraires et les frais juridiques de juriste de famille, de médiation obligatoire, de procédures judiciaires ou d'arbitrage et d'assurance juridique. Ces frais devraient aussi être détaxés, comme le sont les services d'enseignement ou de santé.


La création du juriste de famille n'est qu'une des solutions. Il est impératif que l'État québécois procède à des états généraux sur la justice. La justice est un pilier de la démocratie. L'accessibilité à la justice est un droit fondamental qui se doit d'être respecté. Donnons à la Justice, gardienne de notre Liberté et de notre Contrat social, l'importance qui lui revient.


* Mathieu Piché-Messier est associé chez Borden Ladner Gervais

2 commentaires

le 23-10-2011

Super pour l'idée de juriste de famille! J'appui aussi vos autres idées (www.sortie13.com) qui visent à simplifier l'appareil juridique. Beaucoup de causes se rendant aux petites créances (ou à la Régie du Logement) embourbent le système et coûtent cher aux québécois. Avant de se rendre à un juge, les plaintes et demandes devraient être lues par un arbitre / médiateur. Ce dernier aurait les pouvoirs de trancher si la décision est évidente et indiscutable. Dans le cas contraire, la cause pourra être présentée à un juge qui pourra entendre les arguments des parties. Nous n'avons tout simplement pas les moyens, comme société, de nous payer un système judiciaire(surtout aux petites créances) qui prend le temps de traiter des causes qui n'en sont pas. A la Régie du Logement, un locataire ne devrait pas avoir le droit de contester la décision d'un juge, ce dernier ayant pris le temps de regarder toutes les preuves et factures de rénovation, puis a recommandé une augmentation de loyer non abusive et justifiée, et ce considérant qu'il n'y avait pas eu d'augmentation en 10 ans... On devrait punir ceux qui abusent du système en toute connaissance de cause ! Avec un système efficace, performant et abordable, les sommes économisées pourraient être investies dans des programmes de prévention et d'éducation.

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