Un premier achat réussi grâce à un ange financier

Publié le 29/10/2011 à 00:00, mis à jour le 28/10/2011 à 14:44

Un premier achat réussi grâce à un ange financier

Publié le 29/10/2011 à 00:00, mis à jour le 28/10/2011 à 14:44

Il y a un an, Frédéric Lebel achetait ABM Enviro. [Photo : Gilles Delisle]

Frédéric Lebel est fébrile. Dans quelques jours (le 1er novembre), le jeune homme de 36 ans célébrera le premier anniversaire de l'acquisition de son entreprise, ABM Enviro, une PME spécialisée dans la fabrication d'équipements de sécurité pour le marché de l'eau : planchers-caillebotis, trappes d'accès, garde-corps, échelles, etc.


Le défi était de taille, cependant. Le releveur s'avançait en territoire totalement inconnu. «Si cela n'avait pas été de la collaboration du fondateur et des employés, qui ont tous été patients avec moi, ça aurait été très difficile de réussir», dit-il.


De plus, trouver le financement nécessaire au rachat de l'entreprise représentait un autre obstacle. Pour le franchir, le jeune homme a trouvé un allié précieux en la personne de Gilles Lafond, un homme d'affaires qui a joué le rôle de mentor et d'ange financier. «Acheter de l'achalandage complique les choses en matière de financement. La présence d'un ange financier m'a permis de présenter un bon montage au banquier et de réaliser mon rêve.» M. Lafond, qui est actionnaire à 50 %, ne participe pas à la gestion quotidienne. Il supervise le volet financier et épaule M. Lebel dans les grandes décisions.


«Si j'avais attendu d'avoir l'argent nécessaire pour acheter l'entreprise, je n'aurais pas pu saisir cette belle occasion d'affaires. Il ne faut pas avoir peur de donner de l'actionnariat et un package intéressant à quelqu'un qui nous aidera à prendre la relève. Évidemment, ça prend un plan d'affaires solide et des objectifs de croissance précis», dit M. Lebel. «Mon mentor me défie sur tout. Il a du vécu en affaires et une vision claire», ajoute-t-il.


Lorsque Frédéric Lebel lui a présenté son projet, M. Lafond n'a pas hésité. «Ce qui m'allume, c'est de voir un jeune qui a le goût de se dépasser. Frédéric est un excellent leader. Son entreprise a le vent dans les voiles et ira très loin», souligne le président du conseil d'administration du Groupe Lalema.


Une chimie instantanée


ABM Enviro a été fondée en 1999 par Yvon Morin. Il y a deux ans, l'homme d'affaires de 68 ans, atteint d'une maladie, s'est vu contraint de vendre son entreprise. «J'aurais aimé la transmettre à mes employés. Malheureusement, côté financement, ce n'était pas possible», regrette-t-il.


L'entrepreneur a alors mandaté Transition Groupe Conseil, un courtier spécialisé dans la vente d'entreprises, de lui trouver un acquéreur. C'est lors d'un salon d'affaires que le chemin de Frédéric Lebel a croisé celui du courtier, qui l'a présenté à Yvon Morin. La chimie a immédiatement fonctionné entre les deux hommes.


«Il m'a posé beaucoup de questions. Il voulait être certain que je serais capable d'aller chercher tout le potentiel de son entreprise. C'était son bébé, il en était fier et voulait le voir grandir», relate le repreneur. «Mon objectif était de trouver quelqu'un de dynamique pour faire croître mon entreprise. Mais je voulais aussi y rester pour transmettre mes connaissances. C'est une condition de succès importante dans le transfert d'une entreprise», dit le cédant.


Yvon Morin dit avoir trouvé en Frédéric Lebel la relève idéale. «Il est dynamique, intelligent, motivé et très mature pour son âge. Il possède un bac en administration et il apprend très vite. Mon entreprise est en de bonnes mains et mes employés aussi.»


À l'origine, le fondateur avait prévu rester un an dans l'entreprise pour assurer le transfert. Malheureusement, il a dû partir plus vite que prévu en raison de sa santé. Il continue quand même d'aller faire son tour une fois par semaine pour voir ce qui se passe, saluer ses employés et donner quelques conseils.


Des résultats tangibles


La participation et l'engagement des employés a fait toute la différence quant à la réussite du transfert. «On a consolidé l'équipe et tout le monde travaille dans la même direction», souligne M. Lebel.


Un an s'est écoulé depuis le rachat et beaucoup de boulot a été accompli : hausse du chiffre d'affaires de 35 %, réorganisation de l'usine pour augmenter la productivité, mise en place de meilleures pratiques d'affaires, implantation d'un système comptable informatisé, embauche de vendeurs et lancement d'une campagne de visibilité auprès de la clientèle...


Le solde du prix de vente, qui devait être acquitté au bout de quatre ans, vient aussi d'être versé. L'achat d'un bâtiment pour combler les besoins en matière de locaux et pour accroître l'offre de produits fait partie des plans. «J'ai oeuvré pendant cinq ans dans le domaine de la consultation concernant la production à valeur ajoutée. Lorsque j'ai visité l'usine, j'ai vu qu'elle était loin de l'approche Kaizen et de la méthode des 5S. J'ai aimé ça. J'ai vu le potentiel de gains qu'on pouvait aller chercher.»


ABM Enviro s'est illustrée en remportant la finale régionale du Concours québécois en entrepreneuriat en 2011, dans le volet transfert d'entreprise, et s'est classée deuxième à l'échelle nationale. L'entreprise, qui compte sept employés, dessert le marché des entrepreneurs généraux du Québec. M. Lebel souhaite s'attaquer au marché de l'immobilier commercial et résidentiel.


«Notre grand défi est de nous faire connaître. Je suis en train de bâtir une équipe solide, apte à saisir les occasions. Je crois qu'il y a une manne à saisir dans le cadre du Plan Nord.» En plus de la croissance organique, M. Lebel songe à grandir par acquisitions. L'objectif est de quadrupler le chiffre d'affaires d'ici quatre ans. «Être propriétaire de mon entreprise, j'en rêvais. J'ai mis du temps à la trouver, mais je sais que c'est la bonne. Elle possède un potentiel de croissance énorme», lance le président.

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